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V. plus loin, n®® 421 etsuiv

Î22 première partie. — chapitre II

les fonds nécessaires pour les entreprises à longue échéance, ces fonds pouvant être, grâce à la possibilité pour chacun de vendre ses actions, laissés à la disposition de la société, bien que l’affaire ne soit pas parvenue à la période des résultats.

A ce triple point de vue, la société de capitaux occupe une place à part entre les diverses formes d’entreprise. On peut lui attribuer en grande partie les transformations profondes survenues dans les conditions de la production. En France, à la fin du XIX' siècle le capital des sociétés par actions est évalué à 13 milliards et demi de francs, auxquels il faut ajouter un capital-obligations de 22 milliards. Les chiffres sont à la même époque : pour l’Angleterre, 70 milliards et demi de francs; pour r Allemagne, JO milliards de francs et, en plus 8 milHards de capital-obligations. Aux Etats-Unis, où les grandes entreprises se sont concentrées sous la forme de trusts le capital de ces associations est considérable, mais l’évaluation dont il a été l’objet présente un caractère de très grande incertitude. Suivant les statistiques il varie, en effet, de 15 à plus de 40 milliards de francs. Des chiffres récents montrent que l’importance financière des sociétés par actions ne fait que s’accroître. Ainsi, en France ®, leur capital-actions s’élèverait, en 1908, à plus de 18 milliards et demi de francs et leur capital-obligations atteindrait 29 milliards. En Allemagne, le capital nominal des sociétés par actions s’élèverait, à la fin de 1909, à environ 17 milliards et demi de francs.

135. Malgré ses multiples avantages, la société de capitaux est cependant, sous certains rapports, inférieure aux autres formes d’entreprise. A raison de sa nature même, elle présente moins de garanties de bonne gestion. Ses rouages sont trop nombreux, les capitaux mis en œuvre trop importants, les responsabilités trop divisées pour qu’il n’en résulte pas, même dans les société les mieux organisées, un peu de « coulage »*. Une affaire montée par actions ne sera jamais, quelles que puissent être d’ailleurs la compétence et la valeur personneftes de ses directeurs, soustraite complètement à certains risques de déperdition tenant notamment au régime de publicité qui lui est imposé

1. Bourguin, Les systèmes socialistes et révolution économique^ 1904, p. 141*

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