V'. )jlus loin, n» S
3. V. les enquêtes publiées par V Office du travail en 1893 et 1901 ; \ . également. dans les publications de la Conférence internationale du chômage, le rapport de .M. Cruppi sur la (|uestion du placement en France, 1910.
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rte la petite, celles rte rameublemeiit et rtii vêtement notamment. Quant aux places rte jsjrève, elles sont encore, rtans les granrtes villles, fréquentées par les entrepreneurs et les ouvriers rtu bâtiment. Jusqu’à une époque récente, ce mode d’embauchage avait même, dans certaines régions, conservé quelque ini])ortanco pour les travaux de l’agriculture, sous la forme des « foires rte louée », où, à différentes dates rte l’année, les propriétaires ruraux venaient chercher la main-d’œuvre dont ils avaient besoin.
1M2. Le placement par intermédiaires a, suivant les époques, revêtu des formes très diverses. Sous l’ancien régime, il fut d’abord réalisé grâcq aux associations ouvrières, ou «compagnonnages ». De très bonne heure l’usage s’était établi parmi les ouvriers de voyager de ville en ville, afin de se perfectionner dans le métier: c’était la pratique du « tour de France », qui s’est conservée, pour certaines professions, jusqu’à lu seconde moitié du XIX® siècle. Lorsqu’un compagnon arrivait dans une ville, il trouvait aide et assistance auprès des compagnons qui appartenaient à la même association que lui, au même « devoir ». On lui trouvait du travail; au besoin, le plus ancien compagnon (juittait la ville pour faire place au nouveau venu afin que celuici pût, à son tour, s’instruire des méthodes professionnelles pratiquées dans ce beu. A raison même des services qu’ils rendaient à leurs membres, les compagnonnages avaient très vite acquis une réelle puissance. Parfois, ils tenaient en échec les corporations elles-mêmes, ne se gênant pas pour mettre à l’index les maîtres dont certains compagnons avaient eu à se plaindre, ou interdisant à leurs membres le séjour de telle ou telle ville, dont les usages professionnels n’étaient pas jugés satisfaisants. Pour mettre un terme à leurs agissements, les maîtres songèrent à organiser eux-mêmes le placement du travail, sous la forme d’un monopole exercé par un de leurs agents, le « clerc » de la corporation. Ils obtinrent, en faveur de ce monopole, l’appui des autorités locales et le firent prévaloir jusqu’à la fin de l’ancien régime. Ils n’avaient pu empêcher cependant, au commencement du xvii® siècle, la fondation par Théoi)hraste Kenaudot, médecin du roi, de « bureaux d’adresses »« pour la commodité des compagnons et ouvriers de totes sortes qui désirent entrer en boutiques, et des maîtres et bourgeois qui en ont affaire ». En fait, ces bureaux d’adiesses ne pratiquèrent le placement que pour les services domestiques et pour les professions qui échappaient à l’organisation corporative.
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111 ,‘l. Au cours du xix® siècle, les institutions de plac('inent se multiplièrent. A la place d<>s anciens clercs des corporation.s avaient été institués, dès le début du premier Empire, des bureaux de placement payants. A côté d’eux, les compagnonnages, qui avaient survécu aux cori)ora1ions, et certaines associations ouvrières spécialement constituées dans ce but ])ratiquaient le placement gratuit. A l’exemple d’une institution fonctionnant à Strasbourg, les pouvoirs publics avaient, en 1848, essayé de créer des bureaux de placement munidi)aux.Seids,en réalité, les I)ureaux de iilacement payants étaient prospères, bien qu’ils eussent provoqué l’hostilité très prononcée de l’opinion. Les ouvriers alléguaient contre eux de multiples griefs, notamment la cherté de leurs tarifs et certaines j>ratiques peu loyales, telles (}ue l’habitude de traiter leurs clients de manière inégale, en plaçant de préférence ceux (|ui payaient le i)lus, et même de provoquer parfois le renvoi des ouvriers occu])és, en offrant i>ar avance leurs successeurs possibles. A la suite d’une enquête officielle, un décret du 25 mars 1852 vint restreindre la liberté des bureaux de placement ])ayants. Ils étaient astreints désormais, pour leur existence, à la nécessité d’une autorisation administrative qui pouvait, ultérieurement, être retirée; une surveillance* était organisée, d’autre part, sur leur fonctionnement et sur leurs tarifs.
Ce régime se maintint sans grandes difficultés jusque vers 1884, mais à cette époque deux lois successives, en conférant, l’une aux municipalités, l’autre aux syndicats i>rofessionnels ‘ le droit de fonder des institutions de x)lacement, vinrent ressusciter la lutte contre les bureaux autorisés. On leur imputait à nouveau tous les abus qui, en 1852, avaient motivé leur réglementation. A ces griefs s’ajoutait l’hostilité jalouse des institutions syndicales de placement et des Bourses du travail. Ces derniers établissements, dont un économiste libéral, M. de Molinari, avait le premier conçu l’idée, n avaient i)as tardé à dévier com- ])lètement du but que paraissait devoir leur assigner leur nom, et étaient devenus beaucoup moins des intermédiaires de placement que les forteresses où les syndicats ouvriers réparaient les grèves. Aussi les emi)loyeurs se gardaient bien de recourir à leurs services, pas plus d’ailleurs qu’à ceux des bureaux syndicaux ouvriers, auxquels ils reprochaient d’être mal installés et de
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ne pas leur laisser une liberté de choix suffisante, à raison de la règle, ordinairement suivie, du placement par rang d’inscription. La prospérité des bureaux payants apparaissait ainsi comme un échec au développement de la puissance syndicaliste, et ce n’était pas la moindre cause de l’iiostilité des salariés à leur égard. Il en résulta un mouvement d’opinion qui aboutit à la loi du 14 mars 1904.
Cette loi maintient l’existence des bureaux autorisés et les laisse soumis, comme par le passé, à la surveillance administrative. De nouvelles autorisations d’ouverture pourront même être accordées dans l’avenir. Mais les frais du placement ne pourront plus, désormais, retomber sur les employés ; la rétribution due au tenancier du bureau du placement devra toujours être payée exclusivement par l’employeur. De plus, les bureaux de placement autorisés pourront, dans chaque commune, être supprimés à la suite d’un vote du Conseil municipal, à charge d’une juste indemnité de rachat à payer au tenancier, du moins pour les bureaux dont l’existence sera antérieure à 1904. Enfin, la loi se propose de faciliter le développement des diverses institutions de placement gratuit. Elle dispense de l’autorisation les bureaux fondés par les syndicats, les sociétés de secours mutuels et toutes autres associations légalement constituées. Elle interdit, sous des sanctions pénales, aux hôteliers, logeurs ou débitants de boisson de joindre à leur commerce un bureau de placement, les enquêtes officielles ayant révélé, à l’encontre de cet état de choses, de fréquents abus. (,^uant aux municipalités, dans les communes comptant plus de 10.000 habitants, elles devront créer un bureau de placement gratuit: dans les autres communes, un registre contenant, les offres et demaijdes de travail devra être tenu à la disposition du yniblic.
814. Quels ont été les résultats (h^ cette législation nouvelle! Fort peu importants, si on s’en rapporte aux statistiques du Ministère du travail. Sur plus de 1.100 bureaux de placement payants, une soixantaine seulement, en 1910, avaient été rachetés et supprimés par les conseils municipaux. Sur 260 villes comptant plus de 10.000 habitants, 127 seulement avaient organisé des bureaux municipaux gratuits. Quant aux institutions de placement gratuit émanant de l’initiative privée, bureaux syndicaux, bourses du travail, compagnonnages, sociétés de secours mutuels, associations diverses, leurs opérations restiüent stationnaires, sauf pour les bureaux créés par les syndicats pa-
tronaux, qui étaient en progrès sensibles. Il semble que ce soit à cette dernièr(> catégorie d’institutions, contrairement aux prévisions des inspirateurs de la loi, qu’ait profité surtout la suppression d'un certain nombre de bureaux payants. Les seules professions pour lesquelles le placement gratuit ait quelque importance s.int les métiers de ralimentatiou et de la coiffure, et les services domestiques. Bien loin de diminuer, le nombre des bureaux payants va d’ailleurs en augmentant chaque année leur activité restant principalement canti5nnée dans le placement des domestiques, notamment des domestiques femmes.
81. A. Contrairement aux indications que nous venons de relever pour la France, on constate à i C’anger une tendance marquée à la prédominance du placement giatuit. En Angleterre, jusqu’à ces dernières années, il s’opérait surtout par l’intermédiaire des Trade-Unions. Une loi récente vient de faire du placement du travail l’objet d’un véritable service public. Le territoire anglais est divisé en régions, pour chacune desquelles fonctionne, dans une grande ville, un « Clearing-house central » ayant pour mission de coordonner les renseignements relatifs au travail dans la région. Chacun de ces grands établissements dirige l’action de Bourses du travail appelées à recevoir les offres et demandes d’emploi.
Bn Allemagne et dans un certain nombre d’autres pays, notamment en Autriche, Belgique, Suisse et dans les Etats Scandinaves, fonctionne un autre sjLSième de placement gratuit, celui des « bureaux paritaires », dirigés par une ( ommission mixte, composée d’un égal nombre d’employeurs et de travailleurs, sous la présidence d’une personne désintéressée. Les bureaux paritaires allemands, fondés sous l’auspice des municipalités et subventionnés par elles, ont obtenu de très remarquables résultats. Non seulement le nombre des placements effectués par leurs soins est considérable (i million environ), mais leur clientèle se recrute, en dehors des services domestiques, parmi les travailleurs des industries les plus di\ erses, et même de l’agriculture.
On a songé, en France, à s’inspirer de cetexemple pour développer le placement municipal, et. la loi de finances de 1911 a posé le principe d’une subvention île l’E! it à répartir entre les municipalités qui créeraient des bureaux paritaires. Des offices dé-