CHAPITRE III
outs S soit en négociant, avec les groupements ouvriers, des conventions collectives de travail. 1 )ans certains pays, elles ont organisé l’assurance patronale contre la grève. En Allemagne, plus de 200 fédérations patronales, dont les adhérents groupent environ 2 millions 1/2 d’ouvriers, se sont ainsi assurées pécuniairement contre les conséquences de la suspension du travail.
856. Les syndicats mixtes, groupant à la fois patrons et salariés, poursuivent conjointement nn double but : assurer le maintien de la paix sociale et améliorer la situation matérielle et morale des travailleurs, l^our réaliser cet idéal, ils ont étéamenés naturellement à organiser des institutions de patronage et d’assistance. Ils se proposent d’éviter, par la conciliation, les conflits du travail et du capital, et le cas échéant, de les résoudre pacifiquement grâce à l’arbitrage. Leur fonctionnement implique, d’un côté la sympathie et le désintéressement, de l’autre la confiance.
859. Quant aux syndicats agricoles, leur rôle économique a été, en France, à la fois très spécial et très important. Réunissant dans leurs cadres propriétaires fonciers et exploitants du sol, ils ont été le trait d’union entre la petite et la grande culture, faisant bénéficier la première, tout au moins en partie, des avan' tages de la seconde'^. Grâce à eux, les petits iiropriétaires ont pu s’initier aux méthodes scientifiques, dont les champs d’expérience révélaient les résultats. Ils ont acheté des machines agricoles, pour les prêter ou les louer à leurs adhérents; ils se sont chargés de procurer à ceux-ci, au prix de gros, des semences et des engrais, dont ils contrôlaient la teneur dans leurs propres laboratoires d’analyse. Ils ont créé des associations coopératives de crédit, afin de procurer aux cultivateurs des fonds de roulement, et ont obtenu pour ces institutions le concours pécuniaire de l’Etat. Ils se sont même entremis dans les opérations commerciales de leurs membres, en constituant des associations cooiiératives pour la vente des produits agricoles, ou même en se chargeant directement de vendre ces produits. Grâce à la complexité de leur rôle, ils ont été, au cours des trente dernières années, le facteur le plus important du progrès agricole.