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LA CONSOMMATION

}175. Xotioiis (|éiiêralos sur les piiénoinènes écoiioiniqiies (le eoiisommalioii — Consommer, c'est, au sens (“conomique

du mot, emxiloyer à la satisfaction directe ou indirecte, immédiate ou différée* (h* nos besoins les utilités antérieurement ])roduites. Ainsi définie, la consommation apparaît tout à la fois comme la fin et la condition essentielle de la production, l’roduire. en effet, n’est autre chose que conférer aux objets de rutilité 2; or, il n’existe d’utilité que dans la mesure où il y a d(“S besoins à satisfaire ®. On ne produit pas pour produire, mais pour consommer, pour satisfaire les besoins humains. Et pour produire, d’autre part, il faut consommer. jAucune production n’est possible sans que certaines richesses, auxquelles est dévolu le rôle de matières premières, ne soient transformées, ne disparaissent dans l’acte de production. Il n'en faudrait pas conclure cependant, comme on pourrait être tenté de le faire, que consommation est synonyme de destruction. La matière ne saurait, de la i>art de l'homme, faire l’objet d’aucune destruction. Consommer n’est pas plus détruire que produire n’est créer; rien ne se perd, rien ne se crée. Sous l’action des forces de la Xature, la matière est l’objet d’un incessant travail de décomposition et de re(îonstitution. Le rôle de l’homme, par rapport à elle, se borne à des déplacements*. Que la consommation ait pour objet la satisfaction directe et immédiate d’un besoin, comme par exemple le fait de manger du pain, ou (pi’elle tende à assurer à ce besoin une satisfaction indirecte et plus éloignée, comme le fait de semer une certaine (piantité de blé, dans l’un et l’autre* cas la mati(ère n’est pas détruite: (*lle s’est incoiqiorée au

1. \\ Cauwès, Cours d' économir polilitiur, I. T. ii"" 207 ot siiiv. ot. n"" ."Î93 suiv. ; .Jourdan, ('ours d'écouomir ]toliliqur, 1S90, [iji. 497 i*l. suiv.

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q\jatiuème partie

sol pour former l’épi, ou au corps humain pour entretenir et renouveler ses forces; elle s’est transformée, mais jias un atome n’en est perdu.

La consommation semble impliiiuei'i il <^st vrai, la destruction de la richesse en tant qu’utilité, sinon en tant que matière. Le pain consommé dans l’acte d’alimentation a cessé d’être utile, comme le blé qui a fait l’objet des semailles. Mais il convient d’observer que la destruction de l’utilité elle-même peut n’être pas immédiate et ne pas résulter d’un seul actede consommation. Xombreuses sont les richesses qui, pendant un temps idus ou moins proloiifîé, peuvent faire l’objet d’actes répétés de consommation, meubles, vêtements, objets d’art, et dont l’utilité,si elle doit enfin disparaitre, aura été détruite autant, sinon plus, par l’œuvre du temps que i>ar l’effet de la consommation elle-même. Sans compter que l’utilité d’une richesse peut survivre partiellement à sa consommation 1 : le meuble, dont la vétusté rend impossible la réparation, servira encore au chauffage; les résidus des matières industriellement transformées constitueront parfois des engrais recherchés.

Toute consommation parait impliquer, en dernière analyse, la destruction plus ou moins rapide, plus ou moins complète d’une utilité. 11 peut se faire que cette destruction ne soit pas définitive, en ce sens du moins (jii’elle ait ])our but et pour résultat de donner naissance à une utilité nouvelle. C’est le cas par exemple du blé qui a été semé, du charbon qui a servi à chauffer une machine. L’utilité détruite par la consommation de ces richesses se trouvera reconstituée, augmentée même la plupart du temps, sous la forme de richesses nouvelles, récolte ou produit fabriqué. Bien loin d’être destructives, ces comsommations industrielles sont productives, reproductives; c’est le nom sous lequel on les désigne fréquemment.

Il peut se faire à l’inverse que la consommation, au lieu d’avoir pour olijet la production d’mu^ utilité nouvelle, tende à la satisfaction directe et immédiate d’un besoin, et qu’elle entraîne une destruction définitive d’utilité. Il en sera ainsi pour l’étoffe employée comme vêtement, pour le bois destiné à la cheminée d’un appartement. Ces consommations personnelles n’ont aucunement pour but, ni pour résultat, de donner naissance à de nouvelles formes de richesses. Car leur effet, l’utilité détruite ne sera matériellement ni augmentée, ni même reconsti-

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