LA DÉPENSE ET L'ÉPARGNE
HBI. Limitos nornialos de la eonsoiiimation : avariée et prodiçjalité. — Nous avons opposé la «lépense à l’épargne ^ L’une a pour résultat de développer les eonsommations personnelles et d’entraîner par suite une destruction définitive de. l’utilité eonsoinniée; l’autre, par la constitution du capital, tend à multiplier les consommations industrielles. Pas plus d'ailleurs que l’épargne, sans laquelle la production ne saurait se maintenir, la dépense n’est blâmable en elle-même. Toute richesse n’existant qu’en fonction des besoins de riiomme, la consommation personnelle constitue eu effet la fin directe ou indirecte, immédiate ou différée, de toute production Ce qui peut être critiqué, c’est seulement l'excès de la dépense ou l’excès de l’épargne, la prodigalité ou l’avarice.
882. Le prodigue est celui qui, par rapport au revenu dont il dispose, multiplie outre mesure ses dépenses, ses consommations personnelles. La prodigalité est chose toute relative. On ne saurait considérer comme telle la dépense qui absorberait le revenu tout entier, si cette dépense est indispensable pour assurer à des besoins primordiaux, alimentation, logement, vêtement, une satisfaction suffisante. Ne sera pas davantage un prodigue l’homme riche qui consacrerait à des dépenses de luxe* une partie de son revenu, le surplus étant, dans une mesure suffisante, affecté à l’épargne. Serait au contraire un prodigue celui qui, pouvant épargner, préférerait, en vue d’augmenter son bien-être, déj)enser la totalité de son revenu, alors
1. V. indépendamment des ouvrages cités sous le n° 875, Lescure, l’Epargne en France, 1914.