‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 527 sur 568 · V. plus hautj n · texte numérisé non relu

V. plus hautj n

une certaine quantité de richesse im vue de la consacrer à la production. L’épargne suppose le placement. C’est en effet par le placement que le capital réalise la pensée de prévoyance à laquelle il doit sa formation h Le placement peut revêtir des formes très diverses. Tantôt la richesse a été épargnée en nature ; c’est par exemple du blé destiné aux semailles. Le placement consiste alors simplement dans une consommation reproductive*, dans un emploi correspondant à la nature du capital épargné. D’autres fois, le plus souvent, l’épargne a pour objet non la richesse elle-même, en nature, mais sa valeur réalisée par l’échange. C’est une partie du revenu en argent qui, au lieu d’être consacrée à la dépense, sera affectée à la production. Elle pourra d’ailleurs comporter de multiples modes d’emploi. Si par exemple le propriétaire du ri'venu épargné est un industriel, il s’en servira pour acheter des matières premières, ou pour payer des salaires. Ou bien ce capital va faire l’objet d’un dépôt en banque: il va être mis à la disposition d’une entreprise soit à titre d’association, soit à titre de prêt : le capitaliste deviendra actionnaire ou obligataire. Quelle que puisse être au surplus la nature du placement réalisé, il apparaît nettement que la fonction économique de l’épargne sera toujours d’assurer la formation du capital, et, grâce au capital, le développement de la produetion.

L’épargne est donc la condition indispensable de l’enrichissement, non seulement des individus, mais' de la société tout entière. Il n’en faudrait pas conclure cependant que, dans un but d’épargne, les individus ont toujours intérêt à économiser sur leurs besoins. Xous savons en effet que le bien-être, et même le luxe, n’ont en soi rien d’illégitime, ni de nuisible. Même au point de vue social, l’épargne cesserait d’être bienfaisante si elle était cherchée au détriment de la consommation normale. Il ne faut pas perdre de vue que la consommation est la fin et la raison d’être de la production. Sans doute, pour que celle-ci puisse se maintenir, il est nécessaire que l’épargne assure le renouvellement du capital circulant et ramortissement du cajiital fixe. Pour que la production jiuisse se développer, il faut encore que 1 ’épargne permette raccroissement continu du capital sous toutes ses formes. Et cependant, l’épargne ne saurait, sans

Page 1