‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 528 sur 568 · L.\ DÉPENSE ET L’ÉPARGNE · texte numérisé non relu

L.\ DÉPENSE ET L’ÉPARGNE

de très graves inconvénients pour la société elle-même, empiéter sur la satisfaction des besoins légitimes, et faire subir à ceux-ci un retranchement excessif. La restriction volontaire et générale de la consommation en vue d’accroître l’épargne aurait pour premier résultat de réduire considérablement les débouchés; elle risquerait par suite de nuire à la produetion èlle-mêmeL

889. Les institutions (rêparyne dues à l’initiative privée ; 1“ les caisses d’éparyne. — On pourrait être tenté de classer parmi les institutions d’épargne les établissements de crédit, les banques, puisque, grâce à la iiratique des dépôts à vue notamment*, ees établissements offrent un emploi rémunérateur à une masse de capitaux dispersés qui, sans eux, resteraient sans doute improductifs. Mais il convient d’observer que les banques n’ont pas i>our objet primoridal, essentiel, d’encourager et de faciliter l’épargne; c’est seulement d’une manière indirecte qu’elles obtiennent ce résultat. Elles font appel, en réalité, à des capitaux déjà formés, qui risqueraient de rester pendant quelque temps inactifs, plutôt qu’elles ne servent à la fornlation du capital. Sans doute elles laissent aux déposants la faculté de retirer librement les sommes à elles confiées, ce qui est un très sûr encouragement à l’épargne. Mais, d'une part, le montant des dépôts qu’elles acceptent ne saurait être, pratiquement, réduit à un minimum assez faible pour leur permettre de capter l’épargne journalière, à sa source, celle qui se chiffre par quelques pièces d’argent, peut-être par quelques sous. Et, d’autre part, les emplois auxquels sont destinées les sommes recueilües par elles ne sont pas exemptes de tous risques sérieux; l’épargne populaire, celle qui sacrifie les vues de spéculation au souci de la sécurité, ne trouverait pas, x>ar suite, dans leur intermédiaire toutes les garanties qu’elle désire. Enfin, à raison même de ces risques et de la nécessité de conserver une encaisse improductive, le taux d’intérêt qu’elles servent aux déposants est ordinairement des plus réduits. Ce taux suffirait sans doute pour faire sortir des coffre-forts des particuliers une quantité importante de capitaux qui, pendant quelques jours ou quelques semaines, ne rapporteraient rien ; il ne pourrait suffire pour exercer sur l’épargne naissante une attraction appréciable.

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