‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 551 sur 568 · V. plus haut, n · texte numérisé non relu

V. plus haut, n

té ^.Comment l’épargne populaire, ou même l’assurance soeiale, — qui d’ailleurs a plus d’un point de contact avec l’assistance — pourrait-elle suffire à prévenir le paupérisme et à sauver d’une misère, dont la cause est persistante, une grande partie de la population ouvrière ou rurale d’un pays ? En pareil cas, l’assistance s’imposera, de la part des pouvoirs ])ublics comme de la part des individus eux- mêmes.

Lorsqu’on objecte d’autre part que l’assistance est une cause d’appauvrissement social, parce qu’elle est un obstacle au fonctionnement de la loi de sélection naturelle et qu’elle enlève à la production une certaine quantité de capitaux pour les affecter à la consommation personnelle, on oublie que celle-ci est la fin et la raison d’être de la production, et que la richesse est créée pour l’homme, non pas l’homme pour la richesse. L’idéal social ne saurait être l’accumulation indéfinie des ri chesses aux ])rix des souffrances d’un nombre croissant d'individus. Mieux vaut, comme le pensait Stuart Mill®, que dans la mêlée des intérêts naissant du régime de concurrence il intervienne quelque trêve, sous l’inspiration des sentiments de justice et de pitié.

On reproche encore à l’assistance de décourager l’effort et de détourner de la prévoyance. Cette critique, il faut bien le reconnaître, n’est pas sans quelque portée. Le pauvre s’habitue à être secouru et perd assez facilement de vue le caractère exceptionnel des ressources qu'il obtient en dehors dn travail. A la longue, l’assistance peut porter atteinte, chez celui qui en est l’objet, au sentiment de dignité personnelle et déterminer une sorte d’atonie morale. La conséquence ne saurait être d’ailleurs qu’il faille renoncer à l assistance, mais seulement qu’il est nécessaire de dispenser celle-ci avec discernement, en l’accompagnant d’une action morale persistante, de manière à développer chez l’assisté le sentinumt de responsabilité personnelle, au lieu de se contenter de lui fournir des secours en argent ou en nature. Et c’est là précisément ce qui, dans bien des cas, fait la supériorité de la charité privée sur l’assistance émanant des pouvoirs publics.

1)25. L’assistance privée; ses caractères; ses principales applications. — Alors même que l'assistance serait considérée

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