‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 58 sur 568 · I.KS CONDITIONS KCONOM I OI KS DK I. V PUODI CTION · texte numérisé non relu

I.KS CONDITIONS KCONOM I OI KS DK I. V PUODI CTION

en train » nécessaire à chaque opération nouvelle. Suivant l’expression pittoresque de certains auteurs socialistes, la division du travail « resserre les pores de la journée de travail » et contribue ainsi à la lendre plus productive *. A ce point de vue, elle paraît supérieure à tout autre aiTangeraent que l’on jiourrait songer à lui substituer, par exemple au système de la « lotation des tâches », préconisé par Oweu et par Fourier -. On sait que dans ce système, et afin d’enlever au travail industriel tout caractère rebutant, on permettrait à l’ouvrier de changer de tâche plusieurs fois par jour et de varier ses occupations: mais à supposer même que cette organisation n eût ]>as d autres vices, on n éviterait jias du moins la perte de temps considérable résultant, pour chaque occupation nouvelle, de la mise en train.

4 “ La division du travail jiroduit une économie de capital. Dans l'atelier de l'artisan, qui travaille seul et ne peut accomplir à la fois toutes les tâches dont l’ensemble constitue la production, une partie du capital chôme sans cesse. Dans la manufacture, oii est pratiquée la division du travail, la spécialisation des ouvriers ])ermet d’utiliser simultanément les diverses parties de l’outillage et d’assurer, par suite, dans les conditions les plus avantageuses, ramortisscinent et le renouvellement du capital.

“ Non seulement grâce ù la division du travail on évite le chômage d'une partie du cajiital, mais on augmente considérablement son effet utile. Dans un atelier dont la production est variée, routillage ne peut, pour cliacpie nature de produits, être aussi complet et aussi perfectionné que dans un autre établissement de même importance ilont la ])roduction serait spécialisée.

t> ® La division du travail, distinguant et permettant d’isoler des tâches (fui exigent les aptitudes les plus diverses, les unes de la forci*, d'autres de l'attention et de l’adresse, certaines des connaissances scientifiques particulières, fournit le moyeu d’uti-

1. On ptîuL, à ce point tle vue, rapproclier de la division du travail certains t

• anangeineiits industriels, celui, particulièrement, connu sous le nom do V

• système Taylor », qui consiste à opérer dans râtelier une sélection plus ri- ^

ijoureuse parmi les diverses catéj^ories d'ouvriers et h simplilier le plus pos- |

isible les mouvements techniques qu’exige la production, en vue d’augmenter T

sensiblement le rendement du travail. Dans son application, le système ^

Taylor comporte, en outre, un contrôle rigoureux de la productivité du Ira- ^

vail, <jui, pour cliaque ouvrier, ne doit pas descendre au-dessousd’un mini muni fixé, et l’attribution deprimess’a.'ontant au salaire et s’élevant à mesure ^ '

que s’élève le rendement. ■ :

*2. V. plu< haut, n<>S4. ç

i>m;Mii;ni-: PurriK. — ( haimthk ni

User dans les conditions les plus couformes à l’intérêt général toutes les capacités.

En un mot, la division du travail a pour résultat de développer considérablement la production parce tju’elle agit à la lois sur le travail et sur le capital, de manière à augmenter l’effet utile de ces deux facteiu’s.

lâl. IncoiivéïiieiUs de la division du travail. — En regard de ces avantages de la division du travail, il convient de placer les inconvénients qui, d’après certains auteurs peuvent lui être attribués. Ils se résument en cette idée que la (U vision du travail nuit à l’intelligence, à la moralité et à la santé de la classe ouvrière. Elle est, pour les travailleurs manuels, une cause d’abrutissement, parce qu’elle les condamne à exécuter sans ces.se la même timbe parcellaire et rebutante, les mêmes mouvements indéfiniment répétés. Elle désorganise la famille en enlevant au foyer domestique la femme et l’enfant ])our les livrer au travail industriel. En épuisant leurs forces par des fatigues irrématurées ou excessives, elle entraîne la dégénérescence de la race.

1Ô2. Que faut-il penser de ces griefs adressés à la division du travail ! Ils ont été, croyons-nous, singulièrement exagérés. Est-il vrai, tout d’abord, qiu' le développement de la division du travail nuise à l’intelligence des travailleurs f T’est un triste témoignage à se rendre, a écrit un économi.ste, (pie d’avoir passé toute sa vie à fabriquer la dix-huitième paidie d'une épingle. Mais, pourrait-on être tenté de répondre -, en serait -il différemment si, au lieu de fabriquer seulemeul une parti(> de l’é]*ingle, l’ouvrier avait produit l’épingle tout entière ? En (pioi U* travail d’un terrassier, qui creuse les fondations d’un étlifice, estil de nature à relever le niveau intellectuel du travailleur plus que le travail de l’ouvrier (pii fabriqui^ un ressort de montre ou la tête d’une épingle ? C'est qu’en effet l’objection, si elle était fondée, irait non seulement contre la division iiarcellaire du travail, mais contre la séparation des professions elle-même. Il existe un nombre assez con.sidérable de métiers manuels dont l’exercice ne saurait, semble-t-il, avoir d’autre attrait

1. \'. nolammcnf \d. SiniMi. Hirhes,sr lirs ntilitins^ I. rh. Traité d' Keanumie judilbine.

2. Jounlan. (l*nirs d liatnamif poIUif/nr. *J‘‘ ctli(ioii. |t. (î2

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