‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 65 sur 568 · Edmond Tliéry, La réforme aijraire île FItissie · texte numérisé non relu

Edmond Tliéry, La réforme aijraire île FItissie

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sulter dans les conditions cconomi<|UO.s n’a pas été de bien longue durée.

Mais lorsqiie le passage de la sei'vitude à la liberté s’est opéré triq) brusquement, il s’en est suivi parfois des conséquences fâcheuses pour les affranchis eux-mêmes, incapables d’user couvenablemeiit du statut nouveau qui leur était reconnu, et trop fréquemment exposés à retomber par leur yiropre volonté sous le régime avilissant auquel on avait voulu les soustraire. Parfois aussi, les anciens esclaves devenus libres ont entendu se soustraii-e à tout travail, ou du moins n’ont accepté celui-ci que dans la plus faible mesure et en l’estreignant leurs besoins; il en est alors résulté des crises industrielles redoutables, la production n’ayant pas été mise à même de se proemcr en temps utile, soms forme de main-d’œuvre salariée ou de tiavail mécanique, les forces qui allaient lui faire défaut par suite de l’alfranchissement. Telle a été notamment, pendant une longue période, la situation aux Antilles françaises, situation aggravée encore par la pratique d’un régime de monocultm'e et par la concurrence métropolitaine du sucre de betterave. Ces colonies, autrefois si prospères,, ne s’en sont jamais complètement relevées.

Kiîl. Le réqime do.*; castes*. — L'esclavage et le S(>r\ âge. régimes de contrainte, portaient atteinte Pun et l’autre, bien qu'à des degrés différents, à la liberté personnelle des individu.s. Le régime des castes leur enlève le libre choix do leur profession.

Dans ce régime, qui fut celui de rancienne Egypte et (pii. aujourd’hui encore, est celui d'une grande partie des populations indigènes de ITTindoustan, l’activité de rhomme est déterminée, quant à son mode d’emploi, par 1 hérédité. Les diveises i>rofes- .sions sont le privilège de familles, de castes hériHiitaires, plus ou moins nombreuses et dont chacune est ainsi rigoiireusement spécialisée, sans qu’il soit possible à un quelconque de ses membres d’enfreindre cette spécialisation due à la naissance. Entre les castes il existe une hiérarchie fortement organisée, fjui donne à la société un caractère aristocratique très marqué. Dans une semblable organisation oîi l’accomplissement de toutes les fonctions jugées nécessaires à la vie sociale est assuré d’une façon immuable, en vertu d'un principe al>solu, sanction-

I. liou^lC^ casU's cl la \ ic cconomiijnc, dans la Itrvup (V pnli

LES CONDITIONS ÉCONOMIQI ES DE L.\ PHODrCTION lô&

né par la loi religieuse et par la loi civile, de nouvelles fonctions ne saui aient que très difficilement trouver place. Aussi, le régime des castes, plus encore peut-être que ceux de l'esclavage et du servage, paraît-il contraire au progrès social. Le.s individus pouvaient espérer, par raffranchissement ou 1 émancipation, sortir des régimes de contrainte; les membres d une caste sont invinciblement rivés à la profession qui constitue leur privilège héréditaiie. Ils ne peuvent sans déchéance en sortir jamais, soit pour exercer la profession corri'spondant à une aiitre caste, soit pour exercer une profession nouvelle non prévue. Sous un semblable régime, la société est en quelque sorte immobilisée, condamnée à rester perpétuellement dans le cadre de sa civilisation primilive.

170. Le réjjiine des eorporalious; ses orhjiiies *. — On peut faire remonter jusqu'axix collèges d’artisans de la Home antique les origines premières des corporations de métiers. A cesépoques éloignées oii le travail industriel, méprisé jiar les citoyens, était œuvre servile, ceux des hommes libres que leurs origines ou leur état de misèi*e contraignaient à travailler a vaient été uaturellemenl amenés à se grouper entre eux. à fonder des associations. C('s associations ou collèges se proposaient un but d’assistance mutuelle; en fait, elles prirent de lionne heure l'allure d'organisations politiques et les pouvoirs publics durent, à maintes re])rises, se préoccuper de leurs agissements. Ils les prosenvii’ent quelquefois; la plupart du temps, ils se contentèient de réglementer leur organisation. A partir de Marc- Aurèle et d’Alexandre Sévère, les collèges d’artisans allaient d’ailleurs se développer et se constituer en véritables (*orps de métiers, ayant lems règles distinctives et leui’s juridictions professionnelles spéciales.

Dette transformation se m.-ttache à une préoccupation nouvelle de l’autorité publiiiue, le souci d’assurer le recrutement suffisant des professions les plus essentielles, de celles par exemple qui sont relativas à ralimentation ou à la fabrication des armes. Le nombre des esclaves diminue rapidement, soit par suite des atîTanchissemeuts qui se multiplient, soit parce que la guerre n’alimente plus suffisamment les marchés du monde

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