‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 68 sur 568 · hi.s lïrtui · texte numérisé non relu

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l’HKMIÈnE PARTIE CHAPITRE 111

tout natiu’ellement à s’iutéresser au compagnon devenu son collaborateur pour une longue dur<^i‘ en vertu d’un contrat fréqiieimnent renouvelé. Le cotn])agnon de son côté, (pii, assez ordinairement, mangeait et logeait chez le maître, finissait par se <^onsidérei comme un peu de la famille. Les grèves étaient rares sous l'ancien régime. I/organisation corporative offrait d'autre part des garanties sérunises aux consommateuis. Les jurés de la, •corporation exeri^aient un contrôle atteutif sur les conditions de fabrication. Les statuts et règlements contenaient des prescriptions de nature à assurer la capacité des artisans et la bonne qualité des produits, en même temps qui* riiarmouie mitre les producteurs, .f raison de ces avantages, certains auteurs sont amenés à souhaiter la reconstitution de la coriioration sous une forme rajeunie et modernisée, celle du syndicat mixte L groupant, en vue de la défense des intérêts professionnels, ouvriers et patrons.

17». Dans ces mérites attribués au régime corporatif il y a, semble-t-il, beaucoup d’exagération. Les statuts de la corjioration et les règlements même de l’autorité publique ne suffisaient pas toujours à assurer la bonne fabrication; la preuve en est dans les ])laintes que soulevait fréquemment, sous l’ancien régime, la qualité des produits, plaintes qui ammiaient la création d'emplois ayant précisément pour objet de siïi-veiller l'observation p;ir les maitres des prescriptions réglementai rès relatives aux divers métiers.

Si, d'autre part, les grèves étaient peu fréquentes autrefois, il faut en chercher la cause moins dans le régime des corporations que dans l’état de la production industrielle. Les grèves se sont développées lors<]ue, par l’ettet de la concentration, les ouvriers autrefois dispersés dans les ateliers des maîtres se sont trouvés groupés en grand nombre dans les usines. Mais la corporation, bien loin de contribuer à maintenir la paix sociale née d’un régime de petite production, était souvent la cause directe de conflits entre le capital et le travail. Les compagnons, avaient à s(^ plaindi'e, nous l’avons vu, de l'esprit d’exclusivisme (pii animait les maîtres: ils constituaient des associations cpti entraient en lutte avec les autorités corporatives. Les pouvoirs publics étaient eux-mêmes amenés à intervenir dans ces

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conflits qui, s'ils étaient moins fréquents que les grèves modernes. entraînaient souvent des violences et duraient parfois assez longtemps.

179. Le régime corporatif présentait d’ailleurs des inconvénients qui l'emportaient de beaucoup sur ses avantages réels ou prétendus :

fo II entraînait entre les corporations, pour la défense de leurs privilèges, des contestations interminables et coûteuses, qui étaient l'origine et l’occasion de graves désordres. Le procès qui s'éleva entre la corporation des tailleurs parisiens et celle des fripiers prit naissance en 1530. Il n’était pas terminé lorsqu’en 1776 Turgot abolit poiu’ la première fois le régime corporatif. Une autre difficulté, qui s’éleva entre la corporation des rôtisseiu's et celle des marchands de volailles, aboutit à un véritable combat auquel prirent part les écoliers que les rôtisseurs nourrissaient, et il y eut des morts et des blessés L L’esprit de monopole, qui troublait la paix intérieui-e de la corporation, avait donc à l’extérieur des conséquences plus fâcheuses encore.

2“ Le régime corporatif imposait aux consommateurs des charges très lourdes. Fréquemment, en effet, l'intervention du pouvoir royal en faveur des corporations était inspin'e par des motifs d’ordre fiscal. En constituant de nouveaux corps de métiers ou en sanctionnant les privilèges corporatifs, l’autorité publiijue trouvait une occasion nouvelle de percevoir des taxes. Parfois aussi le roi créait des lettres de maîtrise, c’està-dire conférait la qualité de maître dans les diverses corporations à un certain nombre de personnes en dehors des règles fixées par les statuts, au iioint de vue de l’obligation du chefd’œuvre notamment. Les corporations, jalouses de leur privilège, étaient amenées à racheter elles-mêmes ces charges de maîtres afin de les supprimer. L"n grand nombre d’offices avaient eu outre été créés par l’autoiâté publique, toujours à iirix d’argent, en vue de surveiller l’application des règlements ndatifs à la fabrication. Les titulaires de ces charges percevaient euxmêmes des taxes à l’occasion de leurs services. Tous ces frais qui pesaient sur les maîtres des corporations retombaient en fin de compte sur les consommateurs sous forme d’une augmentation du prix des produits.

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