‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 74 sur 568 · IS · texte numérisé non relu

IS

treint eett« indépendance qne dans les limites de la convention conclue, c’est-à-dire en ce qui concerne seulejnent le chifir® de la production et la fixation des conditions de vente.

Le cartel limite la concurrence, il ne la sui)priine j>as; non seulement, en elTet. la concurrence subsiste en dehors de luisons la forme des entreprises (lui n’ont pas adhéré à la coalition, mais elle se niaintient dans une certaine mestue entre les in(*mbres du cartel. Elle ne portera plus, il est vrai, sur les prix d« vente, mais elle pourra continuer de porter sur la qualité des produits, un supplément de commandes étant susceptible de provoquer, dans l’avenir, un relèvement dn contingent relatif de production attribué aux divers établissements. De plus, chacun des membres du cartel restant maître de diriger à son gré sa production pourra réaliser telles transformations, tels ])erfectionnements industriels, capables d’abaisser son prix de revient au-dessous de celui des autres adhérents et d’élever par suite sa marge de profit, le prix de vente restant le même pour tous. Le principe fécond d’émulation entre les producteurs, qui est le premier des avantages de la concurrence, n’est donc pas détruit par cette organisation. Il faut ajouter d’ailleurs que les cartels, poursuivant avant tout une œuvre de défense commune, ont intérêt à grouper le plus grand nombre possible des producteurs nationaux. Aussi leirr régime intérieur et leur fonctionnement sont- ils orientés de manière à provoquer et à faciliter les adhésions nouvelles. Ils visent à l’entente plutôt qu’au monopole.

190. Les cartels se sont surtout développés dans leur pays d’origine. On en comi)te aujo.urd’hui en Allemagne plusieurs centaines, dans les branches les plus diverses de la production industrielle, notamment dans la métallurgie, dans les mines, dans les industries chimiques. L’un des plus importants, le syndicat de» hotiillères, contrôle une production plus de deux fois supérieure à celle des charbonnages français. Il a sanctionné par des pénalités les conditions du contrat qui lie ses adhérents et organisé une juridiction qui connaît des contestations nées entre ses membres à l’occasion de son fonctionnement. Sa puissance s’est accrue encore de ce fait que ses principaux adhérents, après avoir racheté les petites entreprises concurrentes, ont conclu des traités avec l’industrie métallurgique. Un autre cartel, celui de l’acier, qui groupe une trentaine d’établissements métallurgiques, représente un capital supérieur à deux mil-

LE.'î CONDITIONS ÉCONOMIQUES DE LA PRODUCTION 183

liards de francs et occupe plus de 200.000 ouvriers. L’action \

de CCS cartels, au cours de la gueri’e de 1014, a été extrêmement importante et leur solide organisation a puissam- J

ment contribué à assurer à l’Etat allemand les appro visionnements qui lui étaient nécessaires. Aussi l’opinion paraît-elle ^

très favorable, en Allemagne, à l’établissement de coalitions de •(

producteurs, cartels ou trusts, dans toutes les branches de la \

prodiudion qui en paraissent susceptibles.

Certains cartels réunissent des producteiirs appartenant à de» !

industries plus ou moins connexes. Tels le cartel de l’alcool, !

constitué entre distillateurs et rectificateurs et le cartel du sucre, J

qui mettait en présence les fabricants et les raflineurs de cette denrée. On voit par là que l’agriculture allemande n’a pas échappé à cette forme de coalition h Les cartels agricoles semblent d’ailleurs avoir médiocrement réussi; on en cite cependant quelques-uus qui ont prospéré, ceux constitués pour la vente du lait dans les villes notamment.

On trouve encore des cartels en Angleterre, en Belgique, en Autriche. En France, le plus connu est le Comptoir de Longwy, qui contrôle l’industrie de la fonte de fer. Il a été fondé en 1876 et revêt la forme d’une société en nom collectif groupant un grand nombre d’établissements de la région lorraine, dont il règle les conditions de vente à l’intérieur. A côté de lui, le Comptoir d’exportation des fontes de Meurthe-et-Moselle s’occupe spécialement des ventes à l’étranger L Dans l’industrie métallurgique, on peut encore signaler le Comptoir des Poutrelles, qui groupe une vingtaine d’établissements adhérents. Il existe d’ailleurs en France un grand nombre d’autres ententes industrielles plus on moins connues, notamment dans la production du sucre, des phosphates, des ciments, du papier

Page 1