‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 83 sur 568 · Weiss, Les industries extractives et métallurgiques · texte numérisé non relu

Weiss, Les industries extractives et métallurgiques

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En Allemagne, le phénomène de concentration apparaît encore plus nettement. Dans le bassin houiller de Westphalie. de 1850 à 1909, la production moyenne par mine passe de 8.000 à 340.000 tonnes, tandis que le nombre des mines exploitées descend de 198 à 154.

Aux Etats-Unis, la concentration a, pour la plupart des produits d’extraction, notamment pour le fer et pour le pétrole, amené la constitution des gigantesques trusts dont nous avons, précédemment, expliqué rorganisation.

20(î. L'iiitéqratioii dans riiidiistrie, le coinmerce et les transports b — Dans ces diverses branches de la production, le mouvement de concentration s'accompagne d’une tendance à l’intégration. Les grandes entreprises >se préoccupent de placer sous lem- domination les industries qui leur fournissent des matières premières et celles qui font subir à leurs produits certaines transformations avant de les livrer à la consommation comme produits achevés. Elles cherchent également à s’affranchir des intermédiaires, qui, faisant payer très cher leurs services, élèvent sensiblement le prix des marchandises et en restreignent par suite la demande.

C’est ainsi que les grands établissements métallurgiques se rendent acquéreurs de mines, de hauts fourneaux : de même des fabriques’de sucre s’annexent des cultures de betteraves et des raffineries. Dans la fabrication de la chaussure, de la ganterie, du caoutchouc, dans la viticulture, les grands producteurs s’adressent parfois directement au public, en créant des dépôts et des magasins de vente au détail.

La concentration commerciale s’accompagne également d’intégration. Les grands magasins ne se bornent pas à vendre le marchandises les plus diverses; ils ont des ateliers de réparation et de confection, ils se chargent en outre d’installer à domicile les objets mobiliers qu’ils ont vendus. Certaines maisons anglaises d’alimentation possèdent des plantations de thé et de café. En France, une grande entreprise de même nature a sous sa dépendance un certain nombre d’exploitations industrielles qui lui.

1. Passaina, Formes nouvelles de concenlration industrielle, 1910; Dolléan.s, La loi d’intégration du travail, dans la Ftevue (TEconomie politique, 1902; Lescure, L’intégration dans la métallurgie, dans la Revue économique internationale, 1909; Vignes, Le bassin de Briey et la politique de ses entreprises sidérurgiques ou minières, dans la Revue d" Economie politique, 1912 et 1913*

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fournissent une grande partie de ses marchandises, confiserie, pâtisserie, charcuterie, conserves. Elle possède des domaines •d’où elle tire le vin et l’huile d’oüve qu'elle vend dans ses magasins.

L’intégration se manifeste également dans le commerce de banque. En France, les grands établissements de crédit, au lieu de se spécialiser dans telle ou telle opération, escompte, change, avances directes au commerce et à l’industrie, font rentrer dans le champ de leur activité toutes ces opérations et d’autres encore telle l’émission des valeurs mobilières. En Allemagne, les grandes banques ont mis largement leur crédit à la disposition des entreprises industrielles et pris dans celle-ci des participations imimrtantes qui leur assurent un droit d’intervention dans la direction des affaires.

Dans l’industrie des transports, la tendance à l’intégration se manifeste notamment en xVngleterre et aux Etats-Unis, où certaines compagnies de chemin de fer fabriquent elles-mêmes leur matériel. Parfois aussi elles interviennent dans l’exploitation des ports maritimes, se rendent propriétaires de navires ou concluent avec les compagnies de navigation des accords destinés à assurer la bonne harmonie des deux modes de transport. En Allemagne, quelques compagnies maritimes produisent elles-mêmes la houille qu’elles utilisent et construisent leurs navires sur leurs propres chantiers.

207. Uappurls de rintêyration et de la division du travaiU. —

La tendance à l’intégration, que nous constatons dans un grand nombre de branches de la production industrielle ou commer- i

ciale n’est-elle pas de nature à contrarier le développement de la ’

division du travail, dont nous avons précédemment^ indiqué ^

les multiples avantages? L’intégration consiste en effet dans la ‘

réunion, sous une direction commune, d’entreprises dont chaeune est spécialisée dans une nature de production différente, bien que toutes aient entre elles un lien de connexité. Il semble pai' suite qu’il y ait atteinte à la division du travail sous une de ses formes, celle que l’on désigne sous le nom de « séparation des professions ».

On peut faire observer, il est vrai, que les entreprises intégrées

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