‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 86 sur 568 · CII\PITRE IV · texte numérisé non relu

CII\PITRE IV

analyser la coinposition eliiniique; c'est lui qui crée des champs d’expérience pour faire l'épreuve des méthodes nouvelles et des produits nouveaux; c’est lui encore qui acquiert les machines agi'icoles pour les mettre à la disposition de ses adhérents, gratuitement ou à charge d’une minime rémunération; c’est lui enfin qui, par l’intermédiaire des caisses de crédit fondées grâce à son initiative, met à la portée de la petite culture les capitaux dont elle a besoin.

Par l’association, le paysan {uopriétaire participe donc aux avantages (pie le grand propriétaire, seul, d(“vait autrefois à son éducation ])lus complète et â sa fortune. Et ainsi s'atténue largement, si elle ne disparaît pas, la sujiériorité qiu' la gramh' culture pouvait posséder grâce à cette doubli*. cause.

220 En face des avantages de la grande culture, il convient d’ailleurs de placer ceux de la jxdite juoduction agricole. Ils tiennent, pour la plus grande imrt, à ce que le mode d’exiiloitation ordinaire de la jxdite culture est le faire-valoir. Or, rien ne^ saui'ait, au point de vue de la bonne exploitation du sol, remplacer l’amour du paysan {>our la terre (pii lui ai>partient. Le fairevaloir pré‘sente d’un autre côté cet avantage (pi’il supjiose le plus souvent le travail personnel du proiiriétaire et de sa famille, en dehors de toute main-d’anivre salariée. 11 en est ainsi du moins pour les petites exidoitations. Pour les grands domaines, on a le plus souvent recours au fermage. Le grand iiropriétaire, au cas même où il fait valoir, doit faire appel au travail salarié. Or, c’est là dans un grand nombre de régions une source de difficultés et de frais, à raison du mouvement d’exode des populations rurales vers les villes et des exigences croissantes de la main-d’œuvre. L’emploi des maclnnes peut, dans quelque mesure, apportcu- un correctif à cet inconvénient, mais toutes les natures de travaux agricoles ne comportent pas l’application de l’outillage mécanique. La surveillance est, d’autre part, beaucoup plus difficile à exercer sur le tiavail salarié dans un grand domaine, où les ouvriers sont disséminés, que dans une grande usine. Oe là des frais multiples qui grèvent la grande culture et auxipiels échappent les petites exploitations.

Il ne semble pas, d'autre part, que la petite culture soit inférieure à la grande au point de vue des résultats. Les petite.s exploitations ont, en effet, plus de facilités que les grandes pour pratiquer la culture à forts rendements, la culture dite « intensive », qui retire du sol le maximum de iiroduit brut en amélio-

1,\ CONCENTRATION DE LA l'RODUCriON

rant la terre par des amendements et en lui rendant, sous fornu» d’engrais appropriés, les éléments que lui enlève la production. Tne semblalile nature de culture coûte fort cher, et, pratiquée sur de vastes espaces, nécessiterait des avances annuelles^représentant une valeur considérable. Aussi la plus intensive des cultures, la culture maraîchère, dont les frais atteignent plusieurs milliers de francs à riiectare, suppose-t-elle, d’ordinaire, detièspidites exploitations. Les grands domaines x)ratiquent, au contraire, de jiréférencc la culture extensive, ainsi nommée parce qu’elle disperse le capital et le travail sur une superficie très étendue en ne demandant au sol que ce qu’il peut produire grâce à ses éléments naturels, et en le laissant rc'poser, à l’état de jachère, pour lui permettre de réparer par raction des agents atmosphériques les pertes que lui a causées la production. L’observation démontre que les pays agricoles à fort rendement sont, le plus fréqu(unment, des pays de ])etite culture, telles la Belgique, la Hollande, et nous avons vu qu’aux Etats-Unis les dimensions des exploitations agricoles tendent à se restreindre dans certaines régions, â mesure que se développe la culture intensive.

Ainsi s’explique tout naturellement l’absence de concentration dans l’agi-iculture. Si la petite production agricole a pu maintenir intactes ses positions, c’est que, participant par la xiratique de l’association aux avantages scientitiques et techniques de la grande culture, elle est supérieure à celle-ci quant au mode d’exjtloitation et ne lui cède en riim quant aux résultats. *

221. l'ersislaiice do la petite production dans rindii-trie et le commerce,; le métier et la t‘ahri«pie (‘(dlecti\e. — Nous avons \n *

1. On iio;irraitl()iil(*roisseiltMii:inil(‘r.si,(lansimavi‘iiir|iiochaiii, la iK“lil(>ciil turo n’esl pas appi-kW' à pcnliv une [)arlie do .st>.s posilinns, en I raiico notainmenl,. J. a rariM’acUnn eroissaiile de la rnain-d’uHivre, due aux perles subies au cours de la ('uerre, sendde rendre de plus en jdus inicessaire. pour la plupart des travaux aj'rieoles, le recours i» l’oulillaffe in6canii]iie, nolainnient aux inoleurs auloniolnles. Or le prix de ces engins reste Clevé et leur utilisation semble comporter de s astes esfjaces. Mais on peut observer, en sens inverse, que le mouvement des éclianges tend à morceler très rapidement les giaiids (iornaines. au i)rofit de la petite et de la moyenin' propriété. Il est donc à prévoir <pie rétendne moyenne des exploitations on domine le faire-valoir va s’élever, ce qui faciliiera d’anlanl l’emploi des engins mt'caniqne*;. I.e mouvement, général en l’rance, (pii fait jiasser la terri* des mains du propriétaire bailleur aux mains du paysan est. en définitive, loni le eonlraire d’nn mouvement de concentration.

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