L.\ QUESTION DE LA POPULATION (l
225. Les faits — Etat el moiiveineiit de la population dans les principaux pays à diverses épo(|ues (2). — Le premier dénombrement digne de foi qui ait été tenté de la population de la France remonte à Vauban, en 1700. Il donna un chiffre de 19.669.320 habitants. Des évaluations ultérieures portent, en 1762, 21.769.163 habitants et en 1784, 24.800.000. A partir de 1800, l’Etat fait procéder à des recensements réguliers. Ils donnent les résultats suivants : en 1801, 27.500.000 habitants; en 1841, 34.230.000: en 1870, 38.440.000. Par suite de la perte de l’ Alsace-Lorraine, le chiffre tombe, en 1871, à 36.190.000. Tl est, en
1891.38.350.000 en 1908,39.368.000 en 1913, 39.67 1.000.
Tj’examen de ces chiffres démontre un ralentissement très
accentué dans l’accroissement périodique de la poi)ulation française. Si l’on compare notamment les indications statistiques relatives aux deux dernières périodes de 25 ans antérieures à 1908, on constate que la progression numérique qui, de 1858 à 1883 était encore de 9% n’est plus que de 4% entre 1883 et 1908. Cette constatation prend une .signification particulièrement grave lorsqu’on examine quel a été, pendant les deux mêmes périodes de vûngt-einq années consécutives, l’ accroissement de la popiüation dans les autres grands Etats.
Le.s chiffres sont en effet les suivants : Allemagne, 36 millions
763.000 habitants en 1858; 16.201.000 en 1883; 63.279.000 en 1908; .soit un accroissement de.26°o entre 1858' et 1883, et de 37% entre 1883 et 1908.
1. \'. Uaiil Leroy-Boaulieu, Lri (/ue.siion t/e Ut pupuluiviti^ 191H; Le\ nssenr, La popiilalion française. 1892; Bortillon. La dépopulation de la Francej 1911 ; Tnr^eon, dominent expliquer les inou\ernents de la population humaine, dans la Herue d' Economie ptdilifjue, 1913; (ïonnard, L)<^po|inlalion et !»^gislateur^, dans la Hcvue d' Economie politiiptr, 1902 et 1903.
2. Anmtaire slatisiiquej 1919. — Kdniond Théry, L'Europe économiipte, 1911, pp. 23 et siiiv.
Les données .statisUtjues ul ilisées dans ce chapitre sont, pour la plu[»art. antérieures à la guerre de 1911. Nous n’avons pas voulu fair**élalde chiffres plus
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rUHMIÈRK l'ARTIK. CHAIMTRK V
Ansloterre, 15.057.000 hal>itants en 1008; prof^ression de 25% ont re 1 858 et 1888, et do 20 % entre 1 883 et 1008.
Antriche-IIonoTie, 50.583.000 en 1908; prn3:res«ion de 17% dans la première période et de 30% dans la vseeonde.
Italie. 33.010.000 en 1008; pro.nn'ssion de 13% dan.s l:i première }>éiiode et de 1 7*’''o dans la seconde.
Russie, 00.837.000 en 18.58; 80.121.000 en 1883; 120.708.000 en 1008; soit un accroissement de 203,', entre 1858 et 1883, et de 51 % entre 1883 et 1008.
Ain.si, raecroiss(mieut de. la popula'^ion française depuis un demi-siècle a été incomparaOiemeut ])lus lent (pie celui des populations d(‘S autres irrands Etats de TEurope. Bien ])lus, tandis (pie poiu- ceux-ci la progression se manifestait plus ra]>ide dans la dernière période (de 1883 à 1008) que dans les vingt-cinq année.s précs'dentes, cette progression, jiour la France, tom liait de 0 1 pour cent.
L'examen des statistiques relatives à la population des grands Etats extraeuropéens n’atténue en lien la portée de cette constatation.
Aux Etats-ltnis, le chiffre de la population ]iasse : de 5 millions 308.000 lialiitants, dans la période comprisi; entre 1707 et 1805, à 12.806.000, entre 1820 et 1835; à 31.143.000, entre 1856 eh 1865; à 62.622.000 entre 1886 et 1805. Dans la période de 1800 à 1005, elle atteint le chiffre de 76.140.000 habitants. Ainsi, la population a doublé dans la dernière période de 20 à 30 années antérieiu-e à 1895. Elle avait augmenté plus rapidement encore dans les périodes préc.édentes.
Au Japon, les chiffres sont : 37.452.000 habitants, vers 1885; 41.388.000, vers 1805; 46.732.000, vers 1005, soit une progression de 10% pendant la première p(‘riode décennale, et de 13% au cours de la seconde.
récents, taul à cause de Iciiriiicertitmie ((u’à raison cUi caractère exceidiomud des circonstances qui lesexpli(|uent. Mais ii convient d’observer, en attendant qu’on puisse sur divers [loints fournir des [irècisions, que les évènements conternporains auront, par raj)porl à la question de la population, une répercussion extrêmement importante, au point de vue (iynamit|ue comme au point de vue statique. D’une part, les [lertes de vies humaines elles lemaniements territoriaux que la guerre aentraînésvont moiiificr sensiblement Iccliiffrede la population dansun grand nombre Vl’Klats. Kt, d’aulre pari, les mouvements de la population (natalité, nuptialité, morlalilé. concentration dans les villes ou exode ruraiiômigration), vont se trouver influencés fortement par les changements survenus dans les condil ions économiques, dans les idées et dans les mœurs.
LA LlM^rATlO^ DK LA PRODUCTION
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226. \atalitc cl inorlalilc coiiiparccs des di\ors Klnls. C est principalement dans l’écart, variable .suivant les pays et suivant h's épo(ines, entre les imissances et les décès, qu’il faut chercher i explication immédiate des inégalités que nous venons de constater dans raccroi.ssemeni de lu population des divers Etats.
En France, le nombre des naissances est, (m 1801, de 901.000: ('P 1851 , de 971 .000. Tl ivest plus, en 1901, que de 858.000 et tombe en 1907, à 773.000, puis, en 1911, à 743.000, le chiffre le plus l>as qui ait été constaté jns(pi‘ici. Par suite, le coefficient de natalité, c’est-à-dire le rapport entre le nombre des naissances et le eliiffre de la population, qui, en 1851, était, par 1.000 habitants, de 27,1, tombe à 22 en 1901, à 20,1 en 1908 et 18,6 en 1911.
Très différente est, au point de vue de la natalité, la situation dans la plupart des autres Etats. En Allemagne, le coefficient de natalité qui, en 1851, était de 34,5 et, en 1901, de 34,3 est encore de 28,6 en 1911. En Autriche, ce coefficient est, en 1911, de 31,3; en Hongr ie, de 35: en Italie, de 31.5; en Angleterre, de 24,3. Il est en Eussie de 48 en 1901, et au Japon, de 34,1 en
On constate, scmble-t-il, une tendance actuelle et générale à la baisse du taux de natalité par rapport à la période décennale ■‘mmédiateinent autérieiu'e, mais dans aucun grand Etat ce taux n est encore tombé aussi bas que dans notre pays.
La situation comparative de la France ne semble pas sensiblement plus favorable au point de vue de la mortalilé. La proportion des décès qui, au comuieiicement du xix'’ siècle, étail <‘n France, de 26,8 par 1.000 habitants s’est, il est vrai, abai88((t‘ 5 22,3 en 1851, 20, 1 en 1901, 19 en 1908 et 19,6 en 1911. Pet abaissement progressif du taux de mortalité, conséquence sans doute des progrès de l’hygiène et de Fart médical, ainsi que. des efforts tentés par le.s pouvoirs publics en faveur des enfants du premier âge, s’est manifesté également, et pour les mêmes Taisons, dans la plupart des autres Etats. En Allemagne, le coefficient de mortalité pas.se de 27,1 par 1.000 habitants en 1851, a 17.3 en 1911. Pour les autres grands Etats, il est, en 1911, de 21,8 en Autriche, de 25 on Hongrie, de 21,4 en Italie, d(* 1 4,6 en Angleterre. H s’élèv(‘ à 31.9 en Russie (1901): au Japon, il est de 20.1 en 1911.
î8i on rapproche les chiffres relatifs à la natalité et à la mortalité aux différentes époques et pour h^s divers Etats, on aboutit aux constatai ions suivantc's ;
PkIUîEAU, T.
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En France, l’écart se manifeste sans doute en faveur des naissances, mais il tend à se réduire de plus en plus. 1 )e 4,8 par lOOu habitants en 1851, il tombe à 1,9 en 1901 et à 1,1 en 1908. A diverses reprises, le taux de mortalité l’emporle même, notamment en 1900, en 1907 et en 1911, années où les décès sont assfz sensiblement en excédent sxir les naissances b
Bien plus favorable est, à ce point de vue, la situation d^^s autres Etats. En Allemagne, l’écart en faveur des naissances <jui en 1851 était de 7,4 et en 1901 de 15 est encore de 11,3 en 1911. Il est en Autriche de 9, .5 en 1911; en Hongrie, de 10; en Angleterre de 9,7; en Russie, de KU (1901); an Japon, de 13,7 en 1911.
Dans tous les grands Etats, sauf pcait-être en Russie, récart en faveur de la natalité tend à se réduire; il reste encore cependant très sensible partout, sauf en France où il est ramené au îuinimum par la diminution croi.ssante du nombre des naissances lorsque même il ne disparaît pas complètement pour faire placxà un excédent de mortalité.
227 li’êiniçfralion et riinmiqiafioii. — En dehors de la nat^tlité et de la mortalité, deux autres causes agissent, bien ([Xi’à un moindre degré ordinairement, sur le mouvement <le la ])opulation : ce sont l’émigration et rimmigration. Par l’émigration, un pays perd une partie de sa population indigène; j>ar l’immigration, il a joute à celle-ci des éléments d’oiagine étrangère.
En ce (|ui concerne spécialement l’émigration, la statistique MC peut fournir <}ue des données assez incomplètes. Laissant eu dehors de. ses investigations les émigrants <|ui, grâce à des ressxHU-ces perst)nn<41es suffisantes, \oyagent dans des conditionoi'dinaires sans avoir recours aux sub.sides officiels ni au concours des agences spéciales, elle ne s’applique le plus souvent qu’à r« émigration contrôlée « à destination des ]»ays hors d’Europe, et des pays d'outre-mer -. Ainsi limitée, die révèle entre Etats des inégalités considérable.s, et. pour le même Etat, de< variations sensibles suivant les périodes. L’émigration, en effet, n est pas toujours, ni .seulement, l'exodi' d’un tro])-plein de po-
I I) Hj'pr.s le-. ((tK*uinom.s oiïiripis li*> |»lus i*éL‘L*iiL', ii y iitmiil du, mi • Id I Diiiitv HUKmrntalioH du noinbr-; dos naissances (.S34.0(Xi;
el diininnliou s(Misildo. du uoinlire des détrès (R71.000^. I/excédcut, des nai^sniu’os serait doue de ICU.CHK) unités, aio!*> t|u'»‘n l’amiét* avant hi
Luu'rre, il u’élaiL i|ne de. ûlEOGu.
Anniifiirr aripeiïtiiee.