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Annttairf* statistique,
230 PREMIÈKE PARTIE. CHAPITRE V
sommes ainsi amenés à étudier les rapports de la population avec la production. Ces rapports s’établissent-ils dans des conditions telles que le développement de la production soit aussi rapide, sinon davantage, que le développement de la population, de telle sorte que l’humanité ait toujours la certitude de subvenir à ses besoins, sinon d’améliorer sa situation matérielle? Ou bien, au contraire, comme l’a soutenu Maltlius ‘ dans une théorie demeurée célèbre, existe-t-il une sorte d’antagonisme entre le développement de la population et celui de la production, de telle sorte que par l’effet d’une loi naturelle, universelle dans sa portée, celle-ci soit toujours condamnée à rester audessous des besoins de celle-là? En d’autres ternies, si la production trouve une limitation à son développement dans l’étendue actuelle et virtuelle des besoins de la population, l’&ssor de la jiopuJation elle-même n’est-il pas, à l’inverse, contenu dans des limites plus ou moins étroites par les conditions dans lesquelles se dév’^eloppe la production? Tel est le problème dont nous devons, après Malthus, rechercher la solution.
La théorie de Malthus a trouvé son expression la plus complète dans V Essai snr le principe de population^ pubüée on 1803. Envisageant non pas tel ou tel pays, mais les sociétés humaines dans leur ensemble, Malthus croit pouvoir établir que les hommes, comme d’ailleurs tous les êtres vivants, ont une tendance instinctive à accroître leur espèce plus rapidement que ne le comporte la quantité de subsistances dont ils disposent. Là où cette tendance rencontre le minimum d’obstacles, raccroi.ssement de la population peut être mesmé par les termes d’une progression géométrique, 2, 1, 8, 10... Et Malthus, après Ad. Smith, cite les Etats-Unis, dont la population double tous les 25 ans.
Or, par l’effet même de la loi du rendement non pro{)ortionnel (entraînant une diminution progressive du degré de productivité du sol) -, l’accroissement des subsistances ne peut pas être aussi rapide. Tout au plus, dans les conditions les plas favorables, i)eut-on le mesurer par les termes d’une progression arithmétique, 2, 4, G, 8...
D’où cette conséquence que, sous peine de voir une partie de riiumanité sans cesse condamnée à momir de faim, il faut que la tendance à la reproduction trop rapide de l’espèce rencontre