LA LIMITATION OK LA RPODUCTION
meme. Il ne paraît plus de nature, en tout cas, à justifier ni les inquiétudes de Malthus pour l’avenir, ni ses conseils de prudence. Et lorsqu’on observe d’autre part que la diminution du taux de la natalité se manifeste actuellement, non seulement en France, mais dans la plupart des autres Etats, on est amené à se demander si la prétendue tendance de la population à croître au-delà des limites fixées par les moyens d’existence, au cas même où elle existerait réellement, ne trouve pas du moins un frein naturel et un correctif singulièrement efficace dans le développement même de la production et du bien-être, auquel cas, non seulement la surpopulation ne serait pas à craindre, mais ce serait le phénomène inverse qu'il y aurait lieu sans doute de prévoir et de redouter.
23'». Quelle que puisse être, au surplus, la part de vérité contenue dans les propositions formulées par Malthus. sa théorie n’échappe pas, à raison même de sa forme, à certaines critiques justifiées % not amment à celle d’avoir donné prise à des interprétations choquantes au point de vue de la morale et perni- (îieuses pour la société.
Sans doute on ne saurait sans injustice faire peser sur Malthus. qui, au dire de ses contemporains, fut un homme tout à fait estimable, la responsabilité des déformations ultérieures subies par sa doctrine et des pratiques immorales qui prétendent, à tort, s’autoriser de son nom. Mais il était au moins étrange, semble-til, de présenter comme des faits providentiels les multiples fléaux, guerres, épidémies, famines, qui déciment les sociétés humaines et de laisser entendre que la restriction volontaire de l’espèce par l’abstention prévoyante du mariage constitue le seul moyen pour l’homme d’échapper à ces fléaux. Un semblable enseignement, en ce qu’il peut avoir d’élevé, risquait fort d’être mal compris et plus mal traduit encore.
Quelle que fût la véritable pensée de Malthus, sa théorie conduisait à considérer les familles nombreuses comme une cause de surpopulation, partant comme un mal social. Si, en fait, cette théorie est impuissante à prévenir l’excès de iiopulation dans les classes les plus misérables, qui d’ailleurs l’ignorent, elle présente d’autre part le grave inconvénient de fournir une apparence de justification à l’égoïsme et aux calculs d'intérêt des autres classes. A ce titre, elle apparaît comme particulière-
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ment dangereu.'^e à notre époqiR' où la restriction v olontaire des naissances atteint les i)opnlations rurales, et où, dans certains pays, les classes ouvrières elles-mêmes ne sont pas à l’abri de la propagande malsaine du néo-malthusianisme. La question qui. à l’hem*e actuelle, préoccupe en Friince les pouvoirs publics, <>î (jui bientôt sans doute se posera également à l’étranger, n’est plus la détermination des mesures à prendre pour éviter un (‘xcès de population, mais celle des remèdes à apporter à la situation résultant de la diminution }>roiïressive du nombre d('s naissances.
2‘lî». Causes de la baisse de la iialalilé. — L'examen des statistiques nous a révélé une tendance générale à la baisse du taux de natalité. En France notamment, la pro]>ortion du nombre des naissances par 1.000 habitants tombe de 27,1 en 1851, à 10,7 en 1007 (et même 18,0 en 1011) et cela ne tient nullement comme on pourrait être tenté de le croire, à une diminution du nombre des mariages. Ce nombre a en effet augmenté di‘ 28.000 unités (315.000 en 1007, au lieu de 287.000 en 1851). T! en faut, il est vrai, défalquer aujourd’hui le nombre des divorces, (10 à 12.000 par an). Tout compensé, la proportion des mariages au chiffre de la population totale (le coefficient de nuptialité) est resté exactement la même aux deux époques (S par l.OOO hal)ilants). On se marie donc aujom-d’hui autant qu’on se mariait il y a un demi-siècle, mais les unions contractées sont devenues moins fécondes
A quoi faut-il attribuer ce résultat? Diverses natures de causes ont été signalées : en premier lieu, des causes physiologiques. Les mariages sont, aujourd’hui, plus tardifs qu’au milieu du siècle dernier. Les statistiques l’établissent non seulement pou)' la France, mais pour tous les Etats. La chert(* croissante de la vie, robligation du service militaire, les progrès du féminisme, d’autres facteurs encore contribuent à reculer l’age moyen du mariage et par là, même à restreindre la duré<‘ de la péT’iode de très grande fécondité -.