I.A ITXnTATfON DE l,\ CRom CTION 2.i
D'autr(‘ part, la puissance prolifique d'une race serait, d aiu‘cs certains auteims, eu raison inverse de son degré de coilture intellectuelle et de ramélioration de ses conditions de vie matérielle. Et on en donne pour preuve ce fait qu’à toute époque et eu tout pays le taux de natalité est sensiblement plus faible l>our les classes dirigeantes, plus riches et plus instruites, fine jiour les autres classes.
truelle que jtuisse être au surplus la portée de ces observations, une autre cause paraît avoir sur le mouvement de la tiatalité ime influence prédominante: eette cause, c’est la volonré humaine. 8i, dans la plupart des Eta<s et particulièrement en France, les naissances diminuent, c’est que la volonté même des époux s’oppose à la fécondité de ruiiion eoujugale. Nombieux sont b'S moyens restrictifs de la natalité que suggère à ses adeptes le m*o-maltbusianisme contemporain, moyens en marge de la loi morale, parfois même de la loi pénale. L'efficacité de ce.-; i»ratiques n’apparjiîl (pic trop à la lecture des statistiques détnographiiiiies.
.Mais (picllc est la raison profonde d’un Ici état il’esprit? <iucls mobiles faut-il attribuer la tetidaiicc à la restriction vohmtaiic de la natalitéfC'c .sont parfois des mobiles d'ordre phy- .sique ou jdiysiologiquc, par exemple pour la femme la crainte de compromettre .sa santé ou sa beauté par les risquc.s et les fatigues de la maternité. Te sont le plus souv'ent des mobiles d'ordre économique qui agissent sur la volonté des époux. Ils consistent; dans l’attrait puissant (ju’exerce le bien-être et dans le désir de le conserver et de raceroitre. Tantôt c’est le sentiment de l’intérêt xtcrsonucl x>oussé jusqu'à régo'ismc (jui détermine les éq)ou.x à réduire leurs charges de famille. D’autres fois, le plus .souvent, la limitation volontaire du nombre des enfants procède du désir d’assurer à chacun de ceux-ci imc éducation plus complète c-t de leur laisser une situation matérielle meilleure en év'itant le morcellement excessif du patrimoine familial. L’organisation ])olitique et sociale peut d'ailleurs contribuer dans une mesure assez larg(* à généraliser l'action de ces mobtles. Dans une société démocratique’, les div'crscs classes et surtout les
iiolaiiiineiit. l'tumèp ItUU mai<iup, par rappurl à la pôiioilp <ravant-KHtTr(;. un rclèvcint'iit très sriisildt' du taux de nu|»tialitè. 1m) indiquant ce taux par te nornl)re 100 pour Tamiéo 1913, il se'r'îtil en lOîtl, île isi). Il s'ensuivra, tout naUirellemenl, un relèveiiu nt seiisiljlc du taux' de nalalilê.
I. Leniv-r.eaulieu. Traité (F Krnwimir jioliliijur, .3" édition, t. IV: p. OlTi.
moins bien partagées ont une tendance naturelle à s’élever.Cette tendance, à laquelle on a donné le nom singulièrement caractéristique de « capillarité sociale » encourage les parents i\ consentir le maximum de sacrifices en faveur de leurs enfants et lient les amener par suite à réduire le nombre de ceux-ci. Elle constitue la forme la plus sympathique et la iilus désintéressée de r « égoïsme familial »: on ne saurait cependant contester Tinl'iuence très sensible qu’elle exerce sur le mouvement de la population.
Dans le même ordre d’idées rentre encore le féiiiinisme qui, assurant aux femmes plus d’indépendance matérielle par la multiplicité des occupations professionnelles auxquelles il leur donne, vocation, les détoimie dans une certaine mesure du mariage, ou du moins ne fait plus de celui-ci, d.ins bien des cas, une nécessite pour elles.
^Mentionnons enfin, parmi les facteurs qui, agissant sur la volonté humaine contribuent à rétluire le taux de la natalité, certaines causes d’ordre moral ; raffaiblissement de l’esprit de famille, parfois aussi du sentiment national et rabandon di< croyances religieuses. Tl est impossible de mesurer avi'c. quelque précision rinfluence de ces causes, mais elle est à coup sûr considérable.
23(5. (!onséquenees de rahaisseiiieiif de la iiatalifé; les remède*, l»ro|H)sés. — L’abaissement de la natalité est pour un pays un phénomène extrêmement fâcheux. Au point de vue politique, i’ peut devenir une cause d’infériorité. Pour répandre au dehor.-i son influence, ses idées, sa langue, ses produits, un pays a besoin d’une population nombreuse. La restriction de sa natalité ne lient (pie nuire à son expansion, diminuer ses aptitudes colonisatrices et amener plus ou moins rapidement son envahissement par des éléments d’origine étrangère. Le chiffre de la population est en outr<‘ un facteur militaire de premier ordr**. Une nation (|ui verrait s’abaisser sa natalité alors (jue celle des Etats voisins tendrait à s’accroître ne tarderait sans doute guère à voir décüiu'r sa situation dans le monde, et pourrait même se trouver un jour menacée dans son indéiiendance. .Ainsi que l’observait déjà Rousseau, nulle di.sette n'est pire pom* un Etat que celle des hommes.