‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 139 sur 209 · R.VL.CNCK DES CO.MDTES ET CU.\NGE I>TEK>.\TIO-N.\L · texte numérisé non relu

R.VL.CNCK DES CO.MDTES ET CU.\NGE I>TEK>.\TIO-N.\L

John. Ce sont les opérations de change direct; les deux places intéressées ‘font leur règlement entre elles. Mais souvent il arrive que le règlement entre deux places se fait par l’intermédiaire d’une troisième. C’est le tirage indirect ou la remise indirecte. Un négociant de l’Inde, qui a vendu des marchandises ;i New-York, se couvrira en tirant sur Londres, le banquier qui accepte ce tirage devant en recevoir le montant de son correspondant <le Xew-York selon le mode convenu entre eux. Ou bien Madrid, ayant une remise à faire à Amsterdam et ne trouvant pas sur place dans de bonnes conditions du papier payable dans cette ville, en achètera sur la place de Paris. Ces opérations de change indirect sont d’un très fréquent emploi (0- H en résulte que les soldes débiteurs d’un pays vis-à-vis de certains autres se compensent avec les soldes créditeurs qu’il peut avoir ailleurs, et que c’est seulement le solde résiduaire de tous ces comptes ensemble qui donne lieu à une ini])ortation ou une exportation de métal; les transiiorts de métal sont ainsi réduits au minimum.

§ 2. Marché du change et cote du change.

11 y a sur les principales [ilaces, souvent sur la principale place

seulement de cluujue pays, un marché du change étranger. L’organisation de ce marché rapiielle jiar certains points celle des bourses de commerce ou de valeurs mobilières. Il v a des cours cotés pour les effets qui forment la matière du change. Pour arriver à cette cotation, il a fallu employer, comme on fait dans les bourses de commerce pour les marchandises, le système des ty]ies. En effet, les lettres de change et les chèques qui s’offrent sur le marché sont d’échéance et de montant très divers. 11 y en a qui sont des créances de quelques dizaines de francs, et d’autres de plusieurs centaines de mille francs; il y en a qui sont payables à vue, d’autres dans les huit jours, d’autres encore dans trois mois ou dans six mois. Ces effets si variés, on en calcule le prix par référence à des types déterminés inscrits à la cote. Les règles et usages ne sont pas les mêmes sur toutes les places; mais il y a quelques idées générales qui dominent les divers systèmes employés. Si le papier tyi>e est

(7) A Lonilres, notamment, se règlent par le change indirect beaucoup d’opérations passées entre d’autres pays. La place de Londres accepte, des tirages faits pour des opérations où elle n'a pas été partie (Cf. sur ce point Goschen, op. cit., chap. in). La situation de Londres, comme place de change, a été ébranlée par la guerre, au moins pour un temps; elle peut être considérée maintenant comme rétablie.

supposé payal)le à vue, il y a lieu, dans tous les cas où le papier négocié n’est pas à vue, de déduire du cours coté l’intérêt à courir depuis le jour de la négociation jusqu’au jour de l’échéance, intérêt calculé au taux de l’escompte qui est pratiqué sur la place où le papier est payable, l’n effet de 10 £ sur Londres vaut, s’il est à deux mois, un effet de 10 £ à vue, moins l’escompte au laux do Londres pendant deux mois. Si, au contraire, le papier type était supposé payable à trois mois d’écliéance, le ])apier à terim* moins éloigné vaudrait jilus que le prix coté.

La i)lace de Paris cote les changes étrangers en monnaie française. Cela est naturel : un effet sur l’étranger, c’est une marchandise, et le prix en est, sur notre place, indiqué en monnaie nationale, comme celui de n’importe quelle autre marchandise. En langage technique, cela s’appelle donner rinocrtnin. La plupart des places étrangères font de même ; pas toutes cependant. Londres, qui est la jiremière j)lace de change du monde, cote le papier sur certaines places dans la monnaie de ces jtlaces; notamment elle cote en francs le papier sur Paris; en langage technique, on dit que Londres donne le certain à Paris. Taudis que Paris indique le prix en francs qu’il faut j)ayer jiour acheter un effet de 1 £ sur Londres, la cote de Londres indique le nombre de francs sur Paris qu’on obtient pour 1 £ ; en d’autres termes, la quantité variable inscrite à la cote, c’est la marchandise vendue, et non pas le prix, celui-ci étant considéré comme constant.

* LE COt RS m CHANGE ET SES VARIATIONS DANS LES RAPPORTS

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