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20,75 (décembre).
l/aiinée la moins mauvaise, depuis 1920, a été 1 année 1922; la j)ire a été 1923; l’année 1926 sera pire encore. La moyenne mensuelle a passé de 26,32, en janvier, à 34,12 en juin; au début d’octobre, les cours dépassaient 33; actuellement (mi-novembre).
ils sont aux environs de 30.
I.es causes générales de la crise monétaire que la France subit sont multiples. Il y a eu, dans les premières années après la guerre, la balance très défavorable des comptes; il y a la masse accrue des billets en circulation; il y a surtout l’ensemble des circonstances qui pèsent sur la situation nationale, c’est-à-dire le facteur psychologique.
La balance des comptes était favoralde avant la guerre. La guerre a eu pour conséqence un énorme excédent d importation de marchandises : pour les six années 1914-1919, cet excédent a dépassé 81 milliards de francs. Il n’a pu être payé que par des crédits ouverts, des achats de francs qu’ont faits les capitalistes étrangers, des transferts provisoires de capitaux chez nous; il en est résulté un débit flottant, qui a lourdement grevé notre situation, et dont on ne peut pas dire s’il est complètement résorbé. Outre cela, notre portefeuille de valeurs étrangères s’est fort appauvri. 11 semble cependant que, depuis deux ou trois ans, la balance des comptes soit à peu près en équilibre; elle le serait si l’ébranlement profond de la confiance publique n’avait
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pas provoqué l’exportation des capitaux et la formation d’avoirs à l’étranger
Quant à l’accroissement de la circulation fiduciaire, quelques chiffres suffiront. Alors que le montent des billets émis n’atteignait pas fi milliards avant la guerre, il a oscillé entre 3fi et 39 milliards, du début de 1920 à la fin de 1923; à la fin de 1924, il était de 40 milliards 600 millions; à la fin de 1923, il était tout proche de 30 milliards et, depuis le début de 1926, il se tient au-dessus de ce chiffre.
Notre pays a eu à faire face, depuis la fin de la guerre, à des difficultés extraordinaires, et par leur grandeur et par leur accumulation. La guerre avait laissé une des parties les plus riches de notre territoire couverte de ruines qu’il a fallu relever. Le traité de paix avait imposé à l’Allemagne l’obligation de réparer les dommages causés aux personnes et aux biens, mais la question des réparations a franchi de longues étapes, au terme desquelles il y a eu un arrangement qui réduisait énormément notre créance; la plus grande partie des dépenses que la France a faites pour restaurer ses régions dévastées reste définitivement à sa charge. En outre, notre ancien allié anglais et notre ancien associé américain, après avoir obtenu de nous cet arrangement, ont exigé le règlement de ce que nous leur devions. C’étaient des sommes que les nécessités de la lutte commune nous avaient contraints de leur emprunter et qui, d’ailleurs, pour une grande partie, avaient été dépensées chez eux, au profit de leurs hommes d’affaires, de leurs fermiers, et même, par le jeu de l’impôt sur les bénéfices de guerre, au profit de leur Trésor public. En gnise de consolation et pour notre bien, ils nous ont prodigué les leçons de morale, ainsi que faisait le maître d’école à l’enfant en danger (le se noyer. Ainsi, depuis la fin de la guerre, les déceptions se sont accumulées, laissant dans l’âme des Erançais l’amertume des injustices subies. Nous avons nous-mêmes commis de lourdes fautes, incertains sur la politique à suivre, lents à nous adapter aux réalités. Ce sont des conditions de choix pour la détérioration de la monnaie nationale.
(^4 bis) ^ oir sur ce point l’étude de M. P. Mi ynial, La balance des comptes de la France Œevue d'économie politique^ 192.'»).