VIE GÉNÉRALE DES PROBLÈMES DE LA RÉPARTITION
laire, l’intérêt, le revenu foncier sont des prix d’achat et de vente, de^ hoinuies vendent les services de leur travail, de leur capital mohilier ou de leur capital foncier, que d’autres hommes achètent. En dehors de l’entreprise individuelle, dans ces entreprises sociétaires où la fonction de capitaliste et la fonction d’organisateur sont séparées l’une de l’autre, l’habileté organisatrice se comiiorle aussi comme une marchandise offerte et demandée sur
le marché. ^ .
Que la théorie de la répartition soit comprise dans la theone
des' prix, cela est de nature à faire croire que la part de cha<:un des ayants droit est déterminée rigoureusement par le jeu d’un mécanisme autoinati(|ue. Cela pourtant ne peut pas être considère comme exact. 11 y a déjà, pour ce qui est du prix des marchandises en général, une certaine marge d indétermination ( ). La marge est ici bien plus ample, si ample que les déductions tirées de la théorie générale des prix ne peuvent pas être correctement appliquées. Le travail, le capital, la terre, l habileté organisatrice se comportent à certains égards comme des marchandises, mais à certains égards aussi elles en diffèrent; si ce sont des marchandises, ce ne sont pas des marchandises comme les autres. Les marchandises sont produites pour la vente, et dans un régime de concurrence la production en est poussée jusqu au point où
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le prix de vente est égal au coût de production, de sorte que, sur I
une période de temps assez longue pour que les fluctuations acci- )
dentelles se compensent les unes les autres, le coût de production j
limite le prix de vente. C’est la pièce principale du mécanisme ‘
par le jeu diujuel les prix sont déterminés. Mais les facteurs de i
la production ne peuvent pas être considérés comme des marchandises produites pour la vente, et le mécanisme ordinaire ne I
joue pas, ou ne joue qu’imparfaitement. Il y a pour chacun d’eux un minimum de rémunération nécessaire, une sorte de minimum de subsistance; mais, dans les conditions actuelles de la production, le prélèvement par chacun de ce minimum n’absorbe pas tout le produit disponible; il y a un surplus à partager. Le partage de ce surplus se fait selon l’état des forces économiques en ,
présence. 11 est donc indispensable, toutes les fois que 1 on veut j
raisonner sur des questions de répartition, de prendre une vue générale de l’état des forces économiques qui sont dans chaque camp, dans le camp des travailleurs salariés, dans celui des capitalistes, dans celui des propriétaires du sol et dans celui des entrepreneurs.
(8) Cf. t. I. liv. III, chap. v.