‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 149 sur 209 · I.\ RKI'AUTITION DKS lilE.NS · texte numérisé non relu

I.\ RKI'AUTITION DKS lilE.NS

imili's l■(^l]laIllps (lisent vnlonliers que dans l'es professions on est d'atilanl mieux ])ayé (|ue^ l’ài^e venant, on travaille moins; mais <‘ela est inanifestenient exagén'. I,’obj('t de e( tle imMhoüe de rémunération (>st d'idtaelier à l'entreprise un j ei'sonnel stable et expérimenté; il s’opère une sorte di‘ eompensalioii pour le salarié entre . b‘.s faibles traitements du début d(‘ la <'arrit''re et les traitements améliorés de l'àpm mùr; il accepte les premiers en considération des suivants, et l’esi)oir d’atteindre à ceux-ci est le gage de sa lid(îlité à rentre])rise. La méthode a évidemment des inconvéid'c.nts, mais le fait (qu’elle laandt une application très étendue témoigne qu’elle a aussi des avantages sérieux. La règle posée ei-(les.sus, que le salaire varie à raison de ta qualité du travail, flans les juèmes professions, n’est d’ailleurs vraie qu’autant que les rémunérations sont déterminées par des mobiles purement économi(jues. Il y a des emplois ofi le favoritisme trouble l’applieation de la lègbq cela est fré(|uent dans les fonctions publiques.

Voici ('iilin .une autre catégorie encore de différences dans le taux dt‘s salaires : les différences de lien à lieu. Le fait que les hommes, porteurs de la marchandise travail, ne se déplacent pas aussi aisément ([ue les choses, a jiour conséiiuence de grandes difféi'eiices de salaire selon les lieux. Pour des travaux de même H‘s]ièce, 1(' prix idiange avec la situation géographiique. On les différences sont le plus marquées, c’est de nation à nation. Il y a un taux iuoy(>n des salaires, pour chaque catégorie de travail, qni n’est ]»as le même aux Fdats-Lnis, en Angleterre, en France, en Allemagne, en Pelgique, en Itussie, etc... Mais, chez le même peuple, il y a aussi, de la'gion à région, de grandes différences. L’enrpiête fram;aise de 1891 sur les salaires (■-) fournit à cet égard une donm'-e liés intéressante, relative aux variations des salaires par groupes de départements. Les départements ont été rangés en sejit groupes, dont le déjiartement de la Seine forme à lui seul h‘ ]!rcmi(“r et le déjiaileimmt de Seine-et-( dse le second. Voici, jKUir ces sept grouiies, le salaiie ordinaire des manœuvres et le salaire ordinaire de l’ouvrier de métier commun ('en 1891)

(:^2) Saiahrs et difn'f du travail da))s rimhtstiie franraise •'l’ublicïilioru do l’Ofl'ioo du travail. 180*^-97).

On trouvera un eiassenient du moine j:eniv dans la publication faite par la Sla1isli<iue générale en 1911, Salaires et vaut de rcxistence.

IM IlKVEM [)V TRAVAIL

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Il est remar(|uahle (ju’il y a ^daiis chaque groupe une relation entre le niveau des salaires et les faits suivants : le nombre moyen d’habitants au kilomètre eacré, le p(»urcentage moyen de la population urbaine qiar rapport 'à la population totale, la valeur locative moyenne dos ^hahitations. Les groupes de départements sont classés à q)eu près dans 1-e même ordre d’après les salaires et «Faqirès les trois autres indices; d'où l’on peut tirer qu'il y a des relations entre d’une part le salaire et d’autre part la densité de la qropulation, le développement de l’industrie (pourcentage de la population urbaine) et la richesse générale (valeur locative), tous faits qui influent sur la productivité.

Les comparaisons instituées entre salaires, de nation à nation ou de région à ]'é*gion, sont ccmpli{iuées ]iar la distinction à faire entre le salaire nominal et le salaire réel. 11 peut arriver que dans les lieux où le salaire nomin'al est plus élevé, le coûf de la vie le soit aussi, de sorte (jue les différences entre salaires l'éels soient moindres (lue celles 'entre salaires nominaux; il est possible, dans <'ortains cas, (pi’à des salaires nominaux inégaux correspondent d(\s salaires réels identiques. Mais ce serait une erreur ipie de prétVndre expliquer par des inégalités du <oùt de la vie, en j)rinci[>e, les inégalités des salaires nominaux; môme ramenés à la notion du salaire réel, les salaires diffèrent beaucoup selon les lieux. Il y a im morcelleimmt géographique du marché du travail, à raison du peu de mobilité de la marchondise travail.

SFCTIOA IV

l.ES STATISTIQUES DE SAI.AIRES EX l'RANCE.

Les services statistiques des divers pays fournissent des données sur les salaires, les uns périodiquement, d’autres sans périodicité. Les données ne sont en général relatives (pi’aux salaires ouvriers; il v a cependant quelques statistiques des traitements

jtiiblics (*‘). Il y a eu somme une grande niasse de renseignemenls sur les salaires, mais ce qui fait souvent défaut, c’est une coordination méthodique de ces renseignements. Hans le meme pays, les enquêtes sur les salaires ne sont pas toujours conduites d’après les ■memes principes et ne portent pas sur les mêmes catégories d’entrejirises. A plus forte raison les divergences sont-elles grandes entre les enquêtes menées dans des pays différents, et les comparaisons peu aisées. On se lioriiera i(*i à donner des renseignements sur le mouvement; des salakes en France, d'abord au (‘Ours du XIX® siècle, jmis dans la période qui suit la uuerre de 1914 C'O.

La donnée le ])lus souvent fou^rnie par les statistiques, c’est le salaire quotidien que gagne en moyenne Touvrier de Udle ou telle catégorie, })ayé soit au temps, soit a la tâche; ce salaiie tantôt est calculé directement, tantôt est déduit du salaire horaire. Mais le salaire quotidien n’est pas une base suffisante pour rappréciation de la situation économique du salarié. La période comptable la l»lus usuelle, pour les budgets privés comme pour les budgets publics, c’est l’année. Or il y a d’assez grandes difficultés à passer, en statistique, du salaire quotidien au salaire annuel : lt‘ salaire

j ^ oir, îi titre d'exemple, le Bulletin de la statistique générale de la t rance, t. III ; Contribution ù la statistique des fonctîonnaii'es, par L. Mardi.

L Ofüee du Travail, jniis la Statistique générale de la France ont publie diverses eii(|uétes sur les salaires’. Les deux plus iuij)ortanies sont ; a) celle qui a été puliliée de 1893 à 1897 sous le titre Salaires et durée du travail dans rindustrie fran^^aise; b) relie qui a été publiée en 1911 sous le titre Salaii'cs et coût de Ce.ristei2ce à diverses époques jttsqu'en !9I0. Lelle-ci contient des données sur le mouvement des salaires et Ir coût de 1 existence au xix*’ siècle (jui sont d’un grand intérêt. Depuis 1896, la Statistique générale de la Fnniee fait périodiquement des enquêtes sur le^ salaires auprès des conseils de prud’hommes et auprès des maires des chefslieux des déjmrteinents où il n*exi:ÿte j)as de conseils de prud'hommes; quinquennales jasqu’en 1921, ers enquêtes sont devenues annuelles a jiartir de 1924. Pour les salaires agricoles, les grandes enquêtes tigrieoles de 1862, 1882 et 1892 donnent des renseignements précieux, mais qui u’ont jdus (juc la valeur de. do<‘uments historiques. En 1912, le ministère de l’Agriculture U puhlii* une einjuète sur les salaires agricoles, mais celle-ci n’est pas dans les memes cadres que 1rs précédentes, ce (pii rend les comparaisons' difficiles. Pour Faitplication de la loi du 15 déc. 1922. qui étend aux exploitations agricoles la législation sur les accidents du travail, les préfets doivent établir des tableaux de salaires par cat'*govies de tnivailleurs* et, le cas échéant, par régions agricoles. On a ain.’^i des données j>ériodiquement renouvelées sur h\s salaires agricoles. On trouvera une bonne critique de la statistique des salaires dans un article du professeur Umberto Ricci, Sur les méthodes de la statistique des salaires (Hevue internationale du tra* tail, 1926).

LE REVENU DU TRAVAIL

quoliilieii qui nous est indiqué est, il est vrai, une moyenne où s<; tiouvent fondues les variations subies d’un jour à l’autre; mais il reste à savoir combien il y a de salaires quotidiens dans l’année, et c’est une donnée qui varie non seulement avee les catégories d’industries, mais avec les salariés.

D’autre part, le salaire individuel fait assez souvent partie d'un ensemble qui est le salaire faimibal. Dans certaines branches d’industrie à domicile, l’état habituel des choses est le travail en commun des membres de la famille; en dehors même de ce cas, il y en a bien d’autres où le salaire de la femme et des enfants vient se joindre à celui du chef de famille. La méthode des monographies rend, au point de vue de la connaissance du salaire familial, de grands services; décrivant des situations concrètes, elle comjilète l’œuvi'e des cnquèlcs générales.

Les documents statistiques relatifs aux salaires joignent souvent aux données du salaire nominal celles du salaire réel, au moveii d’indications siii- le coût de la vie. Il ne suffit pas de savoir ce que gagnent en moyenne les salariés, il faut aussi chercher à dégager le jKiuvoir d'acquisitioii du salaire, ce qu’il re})résente de bienêtre, et ou eu donne une idée approchée en comparant aux variations (les salaires ('elles des prix, ju'ix (h* la nourrilun' et du Ingemi'id notaniim'iit .

11 y a eu en France d'inqjortaides enquêtes sur les salaires avaid lt)14. Xous eommencerons par eu résumer les résultats; tious étii(li(‘rons ensuite le moiivemeid des salaires depuis la fin de la guerre. La dépréciation de la monnaie et les cliangcments survenus dans les conditions éconornicjues font apiiuraîlre des taux nominaux de salaires tivs différents de ceux d’avant la guerre.

L — Sai.aihks I) AVAXT Gi ERiiK. — Yoici (l’abord (juelqm's indieatioiis liré('s de ren(iuèle faite par l’Office du Travail dans la l>éi'io(le lStU-18iKL Cetle enquête a porté sur 2. Do" établissements (le l’industrie ju'ivée et a englobé le quart du personnel ouvrier emjdoyé dans la grande et la moyenne industries; ce jiersonnel se décnuq((isait l'ii contremaîtres fit ji. 100), ouvrit'rs t^Tl ]». 100), oiiviifTes 18 ]). 100), enfants et aj)prenlis (8 ]). 100). La moyenne des salaii(‘s constatés ressortait à 4 fr. 20 par jour pour l’ouvrier adulte ((1.15 dans le déjiarlemeut de la Seine, It.lH) en province;, a 2 fr. 20 pour 1 o\ivrière adulte (It fr. dans le département de la Seine, 2.10 en province).

D une manière générale, la comparaison des groupes in(iu,''triels dans cette enquête fait ressortir que les moyennes élevées s’obser-

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vent dans les groupes où les opérations de faeonnage et de finissage des produits tiennent la place la plus considérable, sans doute parce que c’est là qu’il y a le plus d’habileté professionnelle requise. (Cependant dans les e.xploitations minières le salaire est élevé, l)ien que le produit soit livré à l’état l)rut. Le ti-avail aux pièces donne des salaires un peu plus élevés que le travail au lenij)s (toutefois le calcul n’a été fait que pour le département .de la Seine). Les conditions de travail (salaire, durée et régularité tlu travail! sont meilleures dans les grandes entreprises; la concentration industrielle, en augmentant la productivité des exploitations, améliore la situation des salariés.

Une autre enquête, publiée en 1911, fournil de nombreuses données sur les salaires, surtout dans les métiers courants exercés en petite industrie et dans les travaux publics. Dans un ensemble de -4d métiers, dont 96 métiers masculins et 7 féminins, on trouve à Paris en 1911 un salaire moyen de 7 fr. 24 contre 6 fr. 37 en 1896. Un classement des départements, la Seine exceptée, en sept catégories, d’a})rès le salaire moyen des ouvriers de la petite industrie occupés au cb(‘f-lieu, de 1Î106 à 1911, donne les résultats suivants ;

."roujiLi Oc ^TOUJM* 3'' grt)U]ie groupe groupe Ce groupe 7e groupe

0 2lj li ■> 68

3 79 il 4 20

Il ressort des enquêtes faites avant la guerre que, dans l’industrie à domicile, les salaires sont en moyenne plus bas que dans l’industrie en usine ou en atelier y“). C’est que la supériorité

(26) On trouvera des données complètes' sur les salaires des ouvriers à domicile dans les ouvrages et documents suivants : Aftalion, Le développement de la fabrique et le ti'avail à domicile dans les industries de Vhahillement (Paris, 1906). Diverses cntiuètes officielles ont été faites en France sair le travail h domicile; elles contiennent des données intéressantes. Voir les publications du ministère du Travail et de la Prévoyance sociale : Enquête sur le travail à. domicile dans la lingerie (o volumes, 11K)7-1911); Enquête sur le travail à domicile dans rindustrie de ta fleur arùificielîe (1913); Enquête sur le travail à domicile dans l'industrie de la chaussure (1914). Les [Salaires ont été là aussi considérablement élevés, depuis la guerre, en valeur nominale : cf. Bulletin du ministère du Travail, 1925, p. 237.

LE KEVENU DI TRAVAIL

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tccbni(pic de l’atcdicr, la mcillcuic orgaiiisatiuii du travail, le macbiiiismo plus dévdoiqié, y rcadcMit le travail plus jirod actif qu’en cbandne; le salarié, copartageaul du produit obleiiu dans rcnti'cjirisc, profile de cet iiccroisscnmnt de productivité. Dans l’industrie à domicile il x a, au-dessous de la zone di’s salaires bas, mais (lui assurent cependant l’existence de l'ouvrier, iine zone de salaires ciiii n’atleiguent jias le minimum d’vxistcnce. De tels salaires se renconi raient, avant la guerre, chez diverses catégories d’ouvrières à domicile.

Les sulaii'es agricole.- forment une zone à part. La d.rnière enquête générale agricole faite en France (1892) duiinail, en ce qui concei’iie les salaires, des chiffres très bas. Dejuiis 1H92, on a l'cnoncé aux grandes empiètes périodiipics. Le ministère de rAgricnltnre, en juillet 1912, a publié une empiète sur les salaires, mais elle a été conduite sans le souci do fournir des données correspondantes à celles des enquêtes antéiieures. Il en ressort toutefois, d’une façon évidente, une hausse générale et souvent considérable des salaires agricoles depuis 1892, surtout dans les régions qui étaient à cette date des régions à bas salaires; il V aurait ainsi tendance à une sorte de nivellement *').

11 est assez difficile de coordonner les résultats d’enquêles sur les salaires faites selon des méthodes qui n’ont pas toujours été les mêmes et se référant à des catégories différentes d’industries. Cependant un travail do ce genre est possible quand on ne se pro]»ose que de tracer l’alhire générale d’un mouvement. L’enquête de 1911 {Sahtiies et ccùt de l'exisUnice à diverses époques) l’a fait pour les salaires en France de 1866 à 1910; il ne s’agit toutefois <}iie dos salaires indiistriids. Fn rejn'éscnlant par 100 la moyenne du salaire en 1900, selon la métliode des nombres indiees, on obtient le lableau suivant ;

Années

Indice des salaires

(27) Sur le salaire agricole, ou lii'a a^■ec prolit le chapitre iii du livre déjà cité de Souchon, La crise de la main~d’<vuv7'e agricole e)t France, et un article de M. J. llilier, L'évolution du régime des salaires et Vagrictdture moderne {flevue d'économie politique, 1003).

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LA REF»ARTrnON DES BIENS

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Indice des salaires

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Il y ;i en, do à J91ü, une haiisso ininterrompue des salaires, mais l’allure de ce mouvement de hausse n'est pas régulière. Ça a clé un mouvement ieni jusqu’au milieu du xix® siècle, bien plus rapide dans la seconde moitié du siècle, où le salaire a doublé. Ite IS(H) à 1910, la hanse est de 17ü ji. 100.

lie mouvement de hausse ne serait-il pas simplement le reflet du mouv(“meut des piâx.* Si 1 ensemhle des j>rix avait hausst dans la imune mesui’e a ]h‘u près que les salaires, <‘eux-ci ne l'eraieiil (pie refléter le changement sur\ enu dans l’expression monétaire des valeurs, et la somme de biens que re])résenterait un salaire nominal accru serait restée la même. L’énquète de 1911 apporte sur ce point une grande masse de renseignements et de calculs rtdatifs aux deux déjienses principales, celles de la iiourritui’c et du log(‘incid. 11 en l'ésulte que le pouvoir d’achat des salaii'es à l’égard des objets ou îles services jiris comme types de la cousommation familiale, ramené à 100 jiour l’année 1900^ est liaduit par la série suivante de nombres indices :

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