‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 150 sur 209 · IS · texte numérisé non relu

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LE REVENU DU TR.VVAIL

Le pouvoir d’achat du salaire s’est donc accru moins que le salaire nominal, mais cependant d’une façon très sensible, presque dans la proportion du simple au double, entre 1810 et 1910 <91 p. 100) (^«).

La hausse du salaire nominal au xix® siècle, et à un moindre degré du salaire réel, est un fait général que constatent les statistiques de tous les pays. En ne s’attachant qu’au salaire réel, on peut distinguer, de 1850 aux dix premières années du xx® siècle, trois périodes. La première va de 1850 à 1875-75; c’est une période où l’ensemhle des prix était en hausse; le salaire nominal s’y est accru beaucoup, le salaire réel sensiblement moins. En Angleterre, ])ar exemple, tandis que le salaire nominal s’est accru de 55 ]>. 100, la hausse du salaire réel n’a été que de 28 p. 100. La seconde jiériode conqirend le dernier quart du xix® siècle; l’ensemble des ])iix y est en baisse. La hausse du salaire réel a dépassé celle du salaire nominal. En Angleterre, avec un salaire nominal qui lest resté jiresque stationnaire, le salaire réel s’est élevé, entre 1875 et 1896, de 57 p. 100. La troisième période s’ouvre aux dernières années du xix® siècle; les prix depuis ce moment sont en hausse. Le salaire nominal s’élève avec les jirix, mais la hausse du salaire réel s’est ralentie ou même arrêtée. En France, de 1900 a 1910, il n’y a eu que 0 j>. 100 de hausse du salaire réel, et encore certains dégrèvements d’impôt (le sucre et le vin) ont-ils introduit ici un élément factice; si on en faisait abstraction, la hausse du salaire réel se réduirait à peu de chose. En Angleterre, il y a, entre 1896 et 1909, un léger lléchissement du salaire réel; de même aux Etats-Unis entre 1896 et

Il sendile donc que les périodes de baisse générale des prix

(28) Ct's calculs' .sont faits en siijipo.sani une consomnirition demcnréc idenliqiio, dans son objet et son volume, d’un bout à J'antre de la période, ce (jui est indispensable pour obtenir une base de comparaison. .Mais le IK)uvoir d'achat, ainsi entendu, du salaire est une chose tout à fait différente de ce q.i'on pourrait appeler la valeur sociale du salaire. En fait, la consommation des salariés, comme celle des autres catégories économiques, a varié depuis le début du .xix® siècle; les hommes ont changé bien des cbo.scs à leur façon de se nourrir et de se vêtir; le logement même, bien qu'il ait relativement peu changé, n’est pas resté immuable; des be.soins nouveaux sont nés. Eu égard au niveau actuel des’ besoins, le salaire représente-t-il plus ou moins qu'il y a un siècle.^ Ea éganl à raccroissement de la richesse, la condition économique du salarié de la classe ouvrière s'est-elle améliorée ou a-t-elle empiré? C’est une question toute différente de celle que traite ’a statistique française citée au texte.

T. — Econ. pol. — II, 12

soient jiliis favornliles à la classe ouvrière (jiie les jiériodes do haussé'. La hausse du Salaire nominal > est moindre, mais celle du salaire réel est plus foi'le. Quant le coût, de la vie diminue par la baisse des prix, le salai ié défend le salaire noiuinal anlérieurement. atteint, de sorte que le jiouvoir d’achat du salaire s’élèvi'. Il lui est moins facile d’obtenir rapidement, quand le coût de la vie s’élève, une hausse correspondante du salaire iifuninal; cela ne se fait qu’ati bout d’un certain temps

(lutre 1e mouvement général de hausse qui emporte les salaires ilepuis le début du xix® siècle, il y a des mouvements périodiques (jiii se [iroduisent i)our les salaires comme })Our les autres catégories de revenus, et qui sont liés au rythme économique prospérité-dépression. Un se reportera sur ce iioint à ce qui a été dit du rythme de la vie économique moderne (t. I, liv. III, chai»..vn.

IL — Su..\iHKs n’Ai'iiÈs-GLEimK. — La euerre a changé tous les jirix; elle ne })ouvait pas ne jias changer aussi le piâx du travail. .Lu fait, non seuhunent en hhance c‘t che/ les autres helligérant^, mais dans tous les pays du monde, l’expression monétaire des salaires a changé et les salaires nominaux sont en forte hausse. La hausse s’est faite soit ])ar l’augmentation du salaire de hase, soit ]iar l’addition au salaire de hase d’indemnités de vie chère, souvent de ces deux façons à la fois. L’augmentation générale des traitements, faite à diverses reprises depuis 1919 pour les fonctionnaires et agents de l’Etat français, a été une espèce de consécration officielle, dans notre pays, de cette hausse. Les nomhreusos conventions colleotives passées, depuis 1918 surtout, entre syndicats patronaux et syndicats ouvriers, fixent toutes des hausses de salaires. Le mouvement a commencé, en France, dans les usines de guerre, et on en a parfois conclu cfiie si l’Etat et les industriels travaillant pour lui et sous son contrôle avaient eu la main moins large, la hausse des salaires ne se serait pas produite, ou tout au moins qu’elle n’aurait pas pris une si grande anqdeur. Mais c’est méconnaître le caractère de nécessité des faits économiques. Tout est réuni, depuis 1914, pour élever le taux des salaires ; pénurie do travailleurs, cherté de la vie, dépréciation de la monnaie. Les ahus, d’ailleurs indiscutahles, qui se sont produits dans les usines de guerre, en matière de salaire, ne sont assurément que d’un efffd hien médiocre, au regard de ces causes générales et puissantes de hausse.

Cia) -Vftiiliüii, Le salaire réel et sa nouvelle orientation {Revue d’économie politique, 101:i).

LE EEVEXU nu Xn.W.ML

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Les empiètes faites par la Statistique générale de la France (annuelles dejuiis 1924) {lermetteni d’avoir une vue d’ensemble de la hausse des salaires nominaux dans l’industrie.

Lu (ictohi'e 192.4, pour 1 ensemble des villes autres que Paris, on trouvait, {lour remsernhle des iirofessions masctdines eiupiè. tees, un salaire horaire, de 2 fi‘. 79, contre 0 fr. 4(i en 1911, et un salaire journalier de 24 fr. 2o contre 4 fr. fil en 1911.’ pour l’ensemble des professions féminines enquêtées, le salaire horaire était de 1 fr. 51, contre 0 fr. 2.4 en 1911, et le salaire quotidien (.e 12 Ir. 24, contre 2 fr. 29 en 1911, En jirenant la hase KM ])our 1911 on trouve ; jiour le salaire horaire des professions masculines l’indice (iOT et pour le salaire quotidien l’indice 5(»4; l)Our le salaire horaire des professions féminines l’indice fioti et pour le salaire quotidien l’indice o.’15. Le salaire quotidien s’esi eleve moins que le salaire horaire à cause de la diminution de la durée du travail (journée de huit heures).

A Paris et dans la région parisienne, en octobre 1925 les salaires horaires sont compris entre 5 fr. 85 et 5 francs et’ les salaires quotidiens entre 50 francs et 40 francs. En prenant la hase KM» pour 1911, on trouve ])our les salaires horaires des indices compris entre 417 et fiOO, et pour les salaires (luotidiens des indices compris entre 370 et 513.

D’une façon générale, on observe que les salaires féminins ont augmente plus que les salaires masculins et que l’indice du salaire

mi 192o est le i»lus élevé là où la valeur absolue du salaire était l<i plus füihlc uvunt lu guorre.

Ldndice des prix de détail établi pour 1925 par la Statistioue

generale de la France (4fi5) se tient sensiblement au-dessous de

celui oes salaires pour l’ensemble des villes autres que Paris.

II y a donc heu de croire que les salaires, jusqu’en 1925 inclus

ont augmenté plus que le coût de la vie, de sorte qu’il v a eu

accroissement non seulement du salaire nominal, mais du ^salaire reel (^®).

Pour ce qui est des salaires agricoles, les renseignements recueillis par les préfets pour l’application de la loi sur les accidents du travail dans les exploitations agricoles permettent de constater une hausse considérable par rapport à l’avant-guerre.

(30) Bulletin de la statistique générale de la France, t XV u 170 On trouvera dan.s la colleclion de ce Bulletin ûhcTaes études sur le’ mouvement des dans plusieurs pays étrangers : voir notamment tomes X Xlf

et XIV Le Bureau internatioàal du Travail, dans sa vaste Enquêté 'sur la ptoducUon, a fourni beaucoup de données sur les salaires.

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CIIAPITHE III

LE REVENU DU CAPITAL

COMMENT TE CAPITAT TROm II I N REVENT'

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