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L.\ CL.\SSIFIC.\TIOX DES BIE.XS

iÊt.

l’ensemble du mouvement économique, il n’y a de matière première qu’à l’origine du mouvement et de produit achevé qu’à son terme.

La distance (iiii sépare la matière première du produit achevé varie selon les biens, et elle varie aussi pour un même bien selon l’état des besoins et de la technique. Une peau de mouton sert de vêtement dans les sociétés peu raffinées; elle n’est pour nous qu’une matière première. Quand nous employons le bois dans nos constructions, c’est sous forme de i)lanches et de poutres bien taillées, tandis que pour des sauvages ce sont des branches ou des troncs à i)eine équarris. D’une façon générale, la distance de la matière première au produit achève grandit avec le raffinement des besoins et les progrès de la technique.

II. Parmi les biens achevés, il faut faire une nouvelle distinction entre les biens de consommation et les biens de production.

A. Les biens de consommation sont ceux qui servent à la satisfaction directe de nos besoins, à ce que j’ai appelé la consommation improductive. Ils sont multiples et de natures diverses, comme nos be.soins. .Maisons d’habitation, vivres, vêtements, matériaux et ustensiles servant au chauffage et à l’éclairage, bijoux, meubles meublants, livres, tout cela est de la catégorie des biens de consommation. Ces biens sont la richesse sociale actuelle; à un moment donné quelconque, le degré de satisfaction que les hommes peuvent obtenir se mesure à la quantité e.xistante des biens de consommation. De ces biens, les uns ne peuvent fournir que la matière d’un seul acte de coinsommation; c’est le cas, par exemple, des denrées alimentaires; les autres se prêtent à un usage lépété qui lui-même peut offrir tous les degrés de la durée : une paire de souliers ou un velement dure quehjues mois, une maison dure des années ou même des siècles, un diamant ne périt pas.

D. Les biens de production sont ceux qui servent à la production d autres biens; ils sont affectés à la consommation reproductive; les biens qu’ils servent à produire sont eux-mêmes ou des

l)iens inachevés, ou des biens de consommation, ou des biens de production.

Les biens de production comprennent diverses catégories de biens.

1“ La terre, considérée soit à l’état de terre cultivée ou produisant spontanément des aliments et des matières premières, soit comme réserve de forces ou de matériaux utilisables par l’homme.

'Superficie ou sous-sol, la terre est le plus important des biens de production.

T. — Écon. pol. — I.

P’nf i

.^OTIONS GÉNÉRAL! S

l/oulilla^'o, en pirnanf rt* mot au s(mis le i)lus large; oiilillage agricole, imluslriel, commercial, de trans])ort, c’esl-à-dire Ions los apfiareils, installalions, oulils, inslruments, machines (lui serveni à cultiver, i-éc.>lter, fahri.p.er, manipuler, emmagasiner, liansporler (ouïes les esiièces de hiens; non seulemenl routilla'm inohile, mais h‘s installalions fi.xes, comme les canaux, voiL h rrees. rouies, jiorls, pouls, lunnels, eic...

d" hes édifices (d locaux affectés aux opérations de production <‘l 'le circulation : fermes, granges, hangars, ateliers, usines, clianliers, magasins, docks, gares, hureaux, etc...

-i» im monnaie, mélallique ou de pajiier; elle est un instrument d echan.üi*, comme la roule ou le chemin de h‘r; elle fait partie de roiiiillage écouomicpie.

O” A (lire d’accessoire de l’oulillage, ce qu’on appelle quelquelois les maluTes auxiliaires, qui servent à mettre en niouvemenl, enirelemr, alimenler les machim's et ai»pareils : la houille, le Jiélroh', l’alcool, l’eau, l’huile, etc...

il .V a d’ailleurs des hiens cpii, selon l’usage qui en est fait, seront ianlùl hiens de jiroduelion et tantôt himis de consommation.’ ha hoiiuie,' le pétrole sont hiens de consommation pour le parlicuiier (pii les emploie à se chauffer et à s’iadairer, et hiens de |n•oduclion dans um* usine où ils alinumient les machines. Une maison peut, dans cc'rlains cas, servir indifférmnmeni à l’hahilalion ou au travail industriel ou (uicore au commerce. Mais celle dualité possible d.‘ fonctions n’existe que pour une .faillie part

homme les hiens de consommation, les hiens de production ofli-ent des di'grés divers de dunV. Les matières auxiliaires périssent souvent par le jiremier usage. Parmi les machines, il y en a de fragiles (>( de rohnsles. La terre est par excellence l’élément ipii dur(‘, hi(‘n que, consid(‘n*e comme agent de jiroduelion, elle soit jiar certains côtés jiérissahle comme un outil.

J.es hiens de jiroduction, comme les hiens de consommation, sont en gému'al ohtenus jiar l’action comhinée du travail humaiil et de la nature; même la Im-re cullivahle, comme on l’a démontré jilus haut, n’est jias un hien purement naturel. En tant qu’ils sont le résullat du travail de l’homme, on a jm dire que dans l’œuvre (‘conomique ces hiens de jiroduction rejirésentaient un détour. Hohinson emjiloie à fahrupier un arc, des llèches, des hlets. à construire un canot, des heures qu’il jiourriut passer à chercher sa nourriture. Les hommes d’aujourd’hui consacrent une somme énorme de laheur à inventer et construire des machines compli-

LA (CLASSIFICATION DES BIENS

qué(*s, à améliorer le sol, au lieu de s’apjiliquer exclusivement à la Jiroduction directe des hiims de consommation. C’est un détour si l’on veut, mais nécessaire. La domination de riiomme sur les choses se iralise par la création et le perfectionnement des hiens de production. Dans l’ordre économique, ce qui distingue l’homme de l’airimal c’est la faculté de fahriquer l’outil et de s’en servir. La conslilulion, l’accroissement, le jierfectionnemeni des hiens de Jiroduction sont les conditions nécessaires de toute vie économi({ue civilisée. Envisagée non plus à un moment donné (juelconqiK', mais dans la durée, la richesse d’un jieujile consiste dans le stock amassé jiar lui des hiens de jiroduction; cela seulement a jiermis de créer la richesse actuelle en hiens de consommation et jiermel de la renouveler à mesure (ju’elle s’épuise. Si les sociétés niod(UTi(‘s oui atteint un degré de jirosjiérité matérielle (jue n’ont jias connu les civilisations anciennes, c’est à cause des progrès techni(jues (jui ont jiorté l’oulillage économique à un lihm jilus haut jioint d’ahondance et de perfection (jue par le jiassé.

Les hommes assemblés en société sont occujiés les uns à recueillir ou à jirodiiire les matières jiremières, les antres à transformer ces matières jiremières en hiens de consommai ion, d’antres, enfin, à les transformer en hiens de jiroduction (jui jiernieltront d’obtenir jilus aisément, jiar la suite, les diverses esjièces de matières jiremières et de biens achevés. L’activité économique se jiartage ainsi en courants distincts, et une division des tiVehes entre les hommes est délerminée jiar la nature même des choses. Il faut évidemment qu’il y ait entre les trois grands modes de l’activité économiijiu', jiroduction des matières jiremières, des biens de consommation et des hiens de jiroduction, un certain équilibre; ils se déterminent l’un l’autre. La production des matières jiremières est la source qui alinuuite les autres modes d’activité; les biens de consommation et les matières premières sont obtenus jiar l’intermédiare des biens de jiroduction, et jioiir (ju’il y ait des hommes occujiés à jiroduire ceux-ci, il faut qu’il y en ait d’autres occupés à produire pour la communauté entière une (juantité suffisante de biens de consommation. La prospérité sociale dépend donc, dans une large mesure, de la façon dont les forces humaines et matérielles sont réparties entre les trois tâches dont la somme forme l’ensemble de l’activité économique. C’est Jiar le mécanisme des prix que l’équilibre est obtenu.

NOTIONS générales

ECTION II

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