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• (lij Dufié de liernoiiville, Distribution des sulaires et des revenus en divers
Il résulte de ce tableau que, tandis que le premier cinquième du revenu total, conqiosé des revenus les plus élevés, se partage entre un nombre do jærsonnes qui est souvent inférieur à 1 p. 100 et n’atteint dans aucun des cas considérés 2 j). 100, les deux derniers cinquièmes, composés des revenus les moins élevés, se partagent entre un nombre de personnes compris entre 73 p. 100 et 79 ]). 100.
M, Vilfredo Pai'cto, au moyim de statistiques se référant à des jiays et à des temps différents, a tracé la courbe du revenu (^®). Les l'evenus dit-il, ont une tendance à se disposer suivant une certaine courbe et la forme de cette courbe paraît ne dépendre que faiblement des différentes conditions économiques des pays considérés. Cette courbe dessine un corps f}ui ne serait pas une pyramide, contrairement à ce que ferait croire l’expression souvent employée de pyramide scKÛale, mais qui aurait plut(jt la forme d’une toupie la i)ointe en l’air. Ce serait certainement une constatation fort intéressante (jue celle d’une structure à jieu jirès pareille de la répartition des revenus à des époques très distantes et dans des pays très différents. Mais elle ne peut pas être faite actuellement avec un degré suffisant de certitude; il y faudrait i)lus de données statistiques, et de plus sûres, que celles dont nous disposons. Il en est de la répai'tition des revenus comme de celle du cajiital; nos observations ne sont ni assez étendues dans le temps, ni assez complètes pour permettre de trancher la question de savoir si la répartition tend à jilus d’égalité ou à plus d’inégalité. C’est une question que l’on ne jieut trancher (]ue si l’on se contente de solutions conjecturales, et en l’absence de doniUH's précises chacun suit la pente de son ojûnion : ceux qid critiqmmt l’état social actuel sont disposés à croire que l’inégalité augmente; les optimistes, qu’elle diminue. Ola ne saurait être l’objet de démonstrations décisives, dans l’état nctuel des choses (’®j.
(l.'i) Vilfreilo l’arelo, Cours d’économie politique, liv. III, chap. i.
(ICi) La df* la Unidaiico i\ une moindre int‘galit(5 a été soutenue avec
§2. — La décomposition des revenus en revenus du capital et revenus du travail. Les parts relatives du capital et du travail dans le revenu total.
Le montant global des reveiuis privés se décompose en revenus du capital et en revenus du travail. Il y a des revenus que le bénéficiaire obtient par le seul fait de la possession d’un capital : intérêts, rentes, loyers, fermages. Il y en a d’autres qui proviennent du travail seul : salaires, traitements, honoraires. 11 y en a enfin qui proviennent à la fois du capital et du travail : ce sont les profits du producteur autonome et de l’entrepreneur. On peut se demander quelle est l’importance respective de ces trois catégories de revenus.
En ce qui concerne la France, voici deux évaluations qui, sans être contradictoires, sont cependant assez distantes l’une de l’autre; l’une et l’autre sont antérieures aux données que l’on peut tirer de l’impôt sur le revenu.
D’après la première, le revenu global se décomposerait approximativement de la façon suivante 00 b-n 1913) :
Revenus du capital
Revenus du travail (en y comprenant les pensions et
rentes viagères)
Revenus mixtes 31,0
D’après la seconue il se décomposerait comme suit (}^) :
Revenus du capital 31,0
Revenus du travail 4ü,0
Revenus mixtes 22,8
Si Ton admettait que les revenus mixtes se partaj^ent également en revenus du capital et en revenus du travail, les deux évaluations seraient alors très voisines Tune de Taiitre. Mais c’est une supposition arbitraire.
éclat et vigueur par Paul Leroy-Beaulieu : Essai sur la répartitioyi des richesses et la tendance à une moindre inégalité des conditions (4® édition, 1897).
(17) Colson, Cours d^éconornie politiquej liv. Kl, chap. iv (édition définitive 1918).
(18) Les pensions et rentes viagères sont, pour la plus forte part, des revenus de travail différés.
(19) De Lavergne et Paul Henry, op. vit., chap. ni.
RICHESSE XATIOXALE ET RICHESSE PRIVÉE 233
Une enquête effectuée en 1922 par l’Administration des Contril)utions directes et non renouvelée depuis lors donne les renseignements suivants, tirés des statistiques de l’impôt sur le revenu (impôt général établi au titre de l’année 1921) :
Revenus du capital 20/i
Revenus du travail 4
Revenus mixtes -2
]Mais cette enquête n’a d’intérêt qu’au point de vue fiscal. Elle ne reflète pas du tout la réalité économique, soit parce que beaucoup des revenus du travail échappent en droit ou en fait à l’impôt .général sur le revenu, soit parce que les revenus fonciers sont fortement sous-estimés, soit parce que les bénéfices des exploitations agricoles étaient, au point de vue de la loi fiscmle, quasi inexistants au moment où cette statistique a été faite.
La décomposition des revenus d’après leur origine dépend de div(‘rs éléments de la constitution économique.
u) Un ]»remier élément dont elle dépend est la structure de la j)i odiK lion. Si nous faisions I hypothèse d’une société économiqu'^ dans laquelle toute la production serait aux mains de producteurs autonomes, il n’y aurait pas, venant directement de la production, de purs revenus de capital ni de purs revenus de travail; il n’y aurait que des revenus mixtes, ituisfpie par définition le revenu du producteur autonome est un revenu mixte. Lorsqu’au contraire l’e-xploifation et la propriété sont séparées, il y a des r.'vonus tbi capital et des revenus du travail. Le propriétaire foncier non exploitant, 1 obligataire, 1 actionnaire, touchent de ])ui's revenus de caj»ital. Le salarié au service d une enl]'ej)risc, qui n’exjtloite j)as à sou compte, qui vend on loue son travail manuel ou intellectuel, touche un j)ui ie\enu de travail. Dans l’entrcj)rise individu('ll(\ il peut y avoir les trois sortes de revenu : revenu mixte de rentrepreneu.', leveiiu du eapitaliste bailleur d(> fonds, revenu des .salariés; dans la société ])ar actions, l’entre])renenr disiiaraissanf , il n’y a plus de revenus mixtes; il ne reste (|iie des revenus de l'ajiilal et des revenus (le travail.
b) 1 II autre élément à considérer est le dévelopjH'uieid de la dette jiubliqne. Le jioi'teiir de rentes sur l’Etat reçoit un pur revenu de capital; la croissance des dettes ]nibliqiies depuis la tin du
xviii'‘ siècle a donc beaucoup intliié sur la composition des revenus privés.
() En tioisieme lieu, il y a 1 importance des biens de jiroduction accumulés dans le pays. Lorsque la technique capitaliste est peu
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LA lîÉPARTITIOX 1>P:S BIENS
dévêloppép. (jiie l’cnililliige ujirico.1»' ol industriel, les inoveiis de eomimini( atioii et de Iransporl seul encore (jnelque chose de simple, la production se fait avec peu de ( ai)ital et beaucoup de travail, et pai' conséfjuent il y a des cliancrs pour ipie dans le revenu total la portion des revenus du travail soit élevée, hile doit, toutf's autres choses supposées é^^ales, diniimier a mesure que la techni(iue capitaliste yramtil, que les biens de production s’acenniulent et (pic. luir conséqm'iit, la production se fait avec jilus de capital i‘t moins de travail. Or, le (h'veloppement de la technique capitaliste est un des grands faits ('conomiipies de l’époque où nous somnu's.
d) Entin, la grandeur du capital étant considérée comme donnée, mais à cetti,' condition seulement, les variations du taux oe 1 intéi('t expriment celles de la part du capital dans la production totale. Le caiûtal étant, par hypothèse, de gramteur constante, la part du cajiital dans la iiroduction augmente ou diminue s(don ipie le taux de l’intérêt est en hausse ou est en hais.se.
Tels sont les principaux faits ijui agissent sur la répartition des revenus d’après leur source. Leur complexité rend très difficile l’interprétation écoiiomicjue de cette ré])artition. Des théories simplistes ont été formulées en cette matière. Dastiat en a formulé une en affirmant ([ue la jiart relative du capital dans le produit total allait en diminuant i»arce (pu' le taux de l’intérêt tendait a la baisse .Mais, tout d’abord, la baisse du taux de l’intérêt n’est pas du tout une k)i économifpie. En outre, si la grandeur du capital augmente, il se pi'ut (pie, même avec un taux ivlus bas d’intérêt, la part (tu capital dans le produit total augmente, ahsolmmmt (d relativement.
Soit le produit D=12(», obtenu, ]iar hyiuithèse, au nioxam d’un capital L^I.OlMt et (Lune ipiantité supposée invariable de travail T. Le taux de l’intérêt est de (> p. DK) et la part du capital est de (10, soit 50 ]i. 100 du jiroduit; le travail touche 50 p. DK), autant (pi'e le capital, absolument et relathamient. Le capital croît en grandeur, ce (pii est le fait normal dans une iiériode de technique capitaliste hautement dévelojipée, et nous avons E = 2.000. Le iirodiiit total augimmte et devient 150; le taux de l’intérêt baisse et n'est ]dus (pie de 4 p. 100. Nous aurons alors ; part du capital = 80 (4x 20q ]iart du travail = 70 (150 — 80). La part du capital et celle du travail ont toutes deux augmenté absolument; mais, tandis que la part du capital augmentait relativement, passant de 50 p. 100 à 53,55, celle du travail a diminué relativo-
(20) Bastiat, Ilannunies caonumiques, char. vu.
nient, passant de 50 ji. DH) à 4(1, tiO. Voilà une liyjiothèsi' jiossibb', et cela suffit à ruiner la théorie de Ilastiat, dont 1(> simplisme a (pielque chose de déconcertant.
Pas plus que la part relative du ca]iital dans le produit total ne varie nécessairement dans le même sens que le taux de l’intérêt, les variations du salaire n’expriment nécessairement celtes d(‘ la part relative du travail dans le produit total. la' salaire jieut augiiienter alors que la jiart relative du travail dans le produit total diminue, cl inversi'inent . Si la mênu' vafi'ur de pioduit est oht('nue dans un cas avec beaucoup de travail et peu d(' cajiital, dans un auti'c avi'c heaucouji de capital et lieu de li’avait, il est inohahle (pie dans h' jireniier cas la piart relative du ti'avail dans h' jirodiiit s(‘ia grande et les salaires faibles, tandis que dans te second cas la jiart relative du travail sera petite et les salaires élevés.
Il y a là une série de (pieslions qui sont, par ceitains C(Més, voisines, mais cependant bien distinctes. On les confond troji souvent. Ja's variations de l’intérêt et celles des salaires, c’est une (|uestion et même deux ({uestions. Les relations entre ces deux mouvenu'nts, ( ’('st une autre question. La jiart du caiiital et celle du travail dans le jiroduil total, c’en est encore une autre; enfin, c’en l'st une autre encore que celle du degré d’im'galité des conditions sociab's. La part, absolue et relative, du capital dans le produit total jionrrait augUK'uter sans que grandisse l’inégalité des conditions, si la ]iO'session du cajiital se trouvait en même temps devenir le fait d’mi nombn' ]ilus grand d(' personnes. Il m» faut jias s(' l’ejirésenter la société (Vonomi(pie sous les traits de deux pi'rsonnages anlitbéti- (pies, le salarié et le capitaliste, l’un gagnant ce que l'autia' jier-i. Le partage du ]iroduit social entre le travail et le cajiital m* doniu' jias du tout une idée coinjilèle de la répartition des bi('ns ('iilre les individus. Les revenus individuels jieuvent comjirendre à la fois des la'venus de travail et des la'venus de capital ; c’est le cas du jiropriélaire jiaysan, d(' l’aitisan, de rentrejireneui' de cnmmerc(‘ ou d’industrie; c’est le cas aussi des bomim's exeivant des jii'otà'ssions libérales, qui souvent ont nu r('V(*nii jialrimonial à c(')lé ib' leur gain jirofessionnel. D’autre jiail, b's rev(‘uus du travail U ' sont jias ii(''cessaii'emenl di's revenus d ]irolélaiâ(*ns n; il y a un haut salariat bourgeois (jui confèia' um' condition sociale très supérieui'i' à c('lle d(‘s jietits cajiitalisles
(21) Voyez les olLservations en sens tUvei's prrstoiliD’S \m\v Rist, Deux sophlsmes teonomiques (Revue tréeono)nie lOO.'l); Chalelain, ïutmduction
à rétude d'un problème de répartition (Revue d\u-ouomie p<ditique^ l'.Hlj; Yves (iuyot, Commuuieation sur les variations prn})ortionnel(es de la part dti capital et de celle du travail (Journal de la Société de statistique de Paris, 1000).