‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 180 sur 209 · INTERVENTION DE L ETAT DANS LES CONDITIONS DL TRAYAII · texte numérisé non relu

INTERVENTION DE L ETAT DANS LES CONDITIONS DL TRAYAII

par conséquent le mode d’existence de celte population;' Les relations entre employeurs et salariés et les conditions du travail, ]iar leurs répercussions sur toute la vie sociale, sont, au surjilus, une chose qui touche la communauté tout entière, une chose d’intérêt public. Il faudrait croire à une harmonie préétablie pour admettre que la condition de fait déterminée, en matière de conditions du travail, par le jeu et le conflit des intérêts privés, dût être nécessairement et toujours la meilleure possible et la plus conforme à l’intérêt de la communauté, et (pLelle n 'appelât jamais de retouche.

Il faut prendre garde que la doctrine libérale classique, ramenée à son contenu originaire, ne fournit aucune argumentation solide contre l’intervention de l’Etat dans les questions ouvrières. Historiquement, le libéralisme a été la critique et rélimination d’un système d’intervention qui était en désaccord avec de nouveaux besoins et une nouvelle technique; c’est une doctrine née d’une certaine technique de la production, celle qui a donné l’essor <à la grande industrie. Mais les questions ouvrières ne sont pas exclusivement, ni même principalement, des questions de technique de la production; elles mettent en jeu toutes les relations entre les hommes et l’équilibre des forces dans la société. Valable et efficace en tant qu’il s’agit de libérer et d’exalter les initiatives individuelles, la doctrine de non-intervention ne l’est pas néi'essairemenl en tant qu’il s’agit de régler les conditions du travail et les relations entre employeurs et salariés; ce ne sont pas des problèmes du même ordre.

(/est sur les conditions du travail des enfants que l’attention s’est d’abord portée, et ça a été le point de départ de la législation ouvrière. En Angleterre, les premiers essais de réglementation remontent à 1802; en Erance, un décret de 1813 défendit d’employer dans les mines les enfants de moins de 10 ans, et la première loi générale sur le travail des enfants dans les manufactures est de 1841. Les raisons qu’a l’Etat d’intervenir ici sont d’une force irrésistible. L’enfant est la réserve de la race, la nation de demain, et il ne faut pas qu’un travail industriel précoce et pénible compromette son développement physique et intellectuel. Il est vrai qu’il a des protecteurs naturels, ses parents, et théoriquement on pourrait se reposer sur leur sollicitude du soin de veiller sur lui. Mais l’expérience a montré que la liberté pour les parents d’envoyer l’enfant au travail, c’était bien souvent l’enfant livré à tous les abus; dans la jiremi(*re moilit* du xix® siècle, en France,

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