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CHAPITRE V

LA POPULATION

Isa jKqmlation est une sorte d’être collectif qui a sa vie propre, ses mouvements, sa croissance et sa décadence. L’étude des faits relatifs à la population est l’objet d’une science qu’oij appelle démographie et qui ne se confond pas avec l’économie politique. La démogra])hie étudie la nuptialité, la natalité, la mortalité, l’émigration, la répartition des hommes soit entre les contrées du monde et les Etats, soit à l’intérieur de chaque Etat, leur agglomération ou dissémination, la formation des villes; elle étudie la conqiosition de la population, composition par âges et par se.xes, proportion des nationaux et des étrangers; elle se préoccupe aussi de certains faits par quoi se manifeste l’état physique ou moral de la population, comme la morbidité, le degré d’instruction, la répartition entre les divers cultes, la criminalité, etc., etc.

Rien rjue la démographie soit distincte de l’économie politiquej il y a entre ces deux sciences de nombreux points de contact. L’activité économique est, à vrai dire, une des manifestations de cet être collectif qu’on appelle la population. L’objet de ce chapitre est de marquer par où les questions relatives à la population se rattachent à l’économie politique (1). On ne saurait considérer

(1) La ]»0|)ulalion fait, l'objet, dans les divers pays, de recensements (en France tons les cinq ans) tpii fournissent des données ]>récises sur Tétât démographique. On trouve dans J'Annunirc stati.‘iti(iue de In France, chaque année, des statistiques démogratdiiipies non seulement pour la France, mais jiour les autres pays. Le service de la statistiiiue générale de la France a jnibhé une Statistique internationale du mouvement de la population, 2 voL, 1907-11)11, particulièrement, jirécieiise a ccnsulter. En outre, l’Office permanent de TInstitut international de statistique publie, depuis 1910, un Annuaire, dont les premiers volumes ont été consacrés aux statistiques démographiques.

Ouvrages h consulter : Levasseur, Ln popidntion française, 3 voL, Paris, 1889-1892 ; Nitti, La popidntion et le système social, Bibliothè(|ue soeiologique internationale, Paris, 1897 ; Leroy-Reauîieu, La tiuestion de la population.

notions générales

d'mœ hç«„ 1,0,. alleolivo ces questions; leur imporlance est

de h "“"'entent de la |,opiilalion est uii élément essentiel de la Me econom.qne d'un „eu,,le, et il n'v a pas de phénora ,e

la s ! du conunercu intérieur ou extérieur

d«.uvt“h,™h', >e* tlisponibilités en mai.,;

0,1!, loi'niai.on du ca,.ilal, dans le taux et les inouve.

b ( U salaire et de rintérèt, dans l’intensité de l’esprit d’entre •nse, tlans le goût e, roj.,it„de à coloniser, dans la îw d’ex

^ssentTèl ' Touir' U population est un facteur

- ntid. Toutes les comparaisons rjue l’on peut faire entre nations

pas con;;;" tient’

amnosmox ne ,,x pop. ...vriox pu, s. xts et par âges

Les populations peuvent dilïé.er beaucoup entre elles par lemco.n|)os.l.on, et cela a des répercussions étendues sur l'activité

I>a,' âl'ès'eria r ''‘‘“■V’''"'™'® sont la composition

au l».nt de A ne economique, c'est que la plus grande part de I aol.v.te economique incombe aux hommes dont l'âpe est corn iuTs e,,lre 20 ans et CO ans. Sans doute bon nombrele fé„m."s aAaillent, dans la famille rurale, les filles et les femmes pren

luercJ'Te tnïairr champs, et dans l’industrie et le com-

meice le tiavad féminin tient une place appréciable- parmi les

onsequences durables de la guerre de 1914, il y aura probable

ment un certain accroissement du travail féminin. Il n’en est pas

1 constitue la force economique principale; c’est par excel

l’eTLwfTtôf population étant, dans ensemble, plutôt consommateur que producteur

.Uix environs de 1910, voici quelle élnit la composition de la

le 1,000 individus, on trouvait, pour le groupe féminin corlespondant, les chiffres suivants (1) :

2- étm., Paris, 1913; Arsène Dumont, Dépopulation et civilisation Paris isoa-

miT,"''., Jv'°n I""'"'’"''

de l’iiTidm .’omee per«„c„t

LA POPULATION

\Ut‘îiiaKtio

um

femmes

Norvège

femmes

Aiifrirlu'

Pmvs-Hîis

lO’M

Homrrio

Portugal

Brtgiquf*

liournanie

^^ulirarie

Otii

Rn.ssie d’Euro]>e ....

I)aiU‘inai’k

JOGl

Siu’hie

Mii;

Espaj^iio

Suède

lOiO

France

io:i:;

Suissf‘

An.nîetcrre et Fayn

Etats-Unis

de tialles

Argentine

Ecosse

um

Présil

Jrlantie

(!anad;i . .

(îrèce

Uh ili

Italie •

Ce tableau est curieux parce qu’il montre qu’en Europe la ]»opulation féminine l'emporte sur la population masculine, sauf quelques exceptions, tandis qu’en Amérique c’est le contraire. t;e|K*ndaiit les naissances masculines sont plus nombreuses que les ■naissances féminines. Mais le taux de la mortalité est jiliis élevé jiour les hommes que pour les femmes, de sorte que la jirojiortion des femmes devient plus forte au bout d’un certain temjis, dans la jilujiart des pays; elle l’est surtout dans la population au-dessus île (i<( ans. Les mouvements migratoires exercent aussi une inlluence; les émigrés contiennent une forte ju-oportion d’hommes adultes; la masculinité est forte dans les pays qui en reçoivent beaucoujt.

Si l’on considère que ce sont les hommes de 20 à GO ans qui sont la principale force économique d’un pays, il est intéressant de voir quelle est l’importance numérique de ce groupe dans la population totale. Voici sur ce point quelques indications, d’après les recensements effectués vers 1910 :

Angleterre et (îalles

fxosse

Irlande

Helgiiiue

France

Pnrtiiî?îd

Danemark

Norvège.

i.ispagiie

Italie

Suède

Russie d’Europe

Bnlirnrie •. . . .

.Vutriche

Serbie

îloiigrie

Roumanie

Suisse

Japon

Allemagne

Canada

Î'avs-Bas

Etats-Unis

Les différences considérables que présente, selon les pays, la composition de la population par âges s’expliquent, d’une part,

notions genéralis

011 la nalalilû o.i fai|,|é ^ ■! .''!""'"'"''"'® '»'graloires. l'ii pavs

iwrlion il'cnfiiils im» ’ *' “ “ “ne moindre pro-

anis- rVm Proporhon plus forle d’adultes et de vieil-

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routants mipTatoircs'^ '* Irrquels se dirigent les

oiqùeitn^ll^ir^’^ro^^ P»»'"»'-"^ -.ar.

^r;ino,iiiipie;1a 00m,™ il noressairemenl la même signincation t‘>fs(>iiiiel ’U-iic :i t' f ^ un élément

la'r . I O lia Hatir'. T'"' P^'" «PP*

■■■on viliit pas iXessaTrciLn 7'"'' 7™‘ “"o homme

riciiienieiit égales peuvent être «* populations mimé-

Idai.les, riittér7ceT ’• P, n 7 productives très dissem-

ligenee eeh es P ''P""' '«* I'P>an|ues. de moralité et d’iiitel-

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qttr, tp.es données d’livgiè'e séciX'll;7’V.|;'t'dr;

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• 1 II une certaine mesure sur l\Uni r.Ux r^'

inlellectuel et moral des ponul'itinn. Ar. 1 pl‘>sique,

ordre de choses heai.co, ® "«"* rot

d’étuder : ;i7 ' u.. Trvair.'.r-

™r »> ’•• '» -rr ;j

i. Migrations intérieures. Population rurale et population urbaine.

Les mouvements mifirntoires inférieurs snni i..n^ • f dépendance étroite des taits éconontiq'eV^ts^^r.r^g,:

LA POPULATION

mérenl dans les jiarlies du territoire national on les occasions de gain sont le plus nombreuses. En France, dans la période 1900- 1911, il y a 25 départements qui ont un e.xcès d’immigration et 02 qui ont un excès d’émigration; les premiers ont gagné 020,400 personnes, et les seconds en ont perdu 381,300. Les mouvements se font des départements agricoles aux départements industriels; c’est un fait déjà ancien et qui se produit dans tous les pays, que ce déplacement des campagnes vers les villes. Dans noire pays, l’intensité du mouvement peut être mesurée par la répartition de la population en population urbaine et population rurale, au milieu du xi\® siècle et maintenant (I).

AD&Ces

PrpuhtiMi urbaine Population rurale

i8:ji

La population urbaine a donc passé de 23,3 p. 100 à 44,2 [). 100 et la popnlaiion rurale de 74,3 p. 100 à 33^8 p. 100. La croissance des villes est un phénomène remarquable (2). 8i l’on considère, par exemple, les villes de 100.000 habitants, voici ce qu’on constate : en Angleterre vers 1800 il y en avait 1, vers 1830 il y en avait 8, vers 1910 il y en avait 43; en France, aux mêmes dates, leur nombre a passé de 3 à 3, puis à 13; en Allemagne, de 2 à 4, puis à 43; aux Etats-Unis, de 0 à G, jiuis à 48. De 1800 à 191o| Londres a passé de 939.000 habitanls à 4.323.000; Liverpool, de

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