‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 21 sur 209 · L.\ rOPLL-VTIOX · texte numérisé non relu

L.\ rOPLL-VTIOX

pas être utilement di.scuté. (M qui se jiassera dans deux ou trois siècles échappe à nos vues, et il n’est pas invraisemblable que dans l’avenir l’utilisation de la nature pur rhomme soit telle «[ue la question des subsistances ait totalement changé d’aspect. X’ayons jias des préoccujiations si lointaines.

§3. — La décroissance de la natalité. La question de la

population en France.

La pojmlalion, dit Malthus, va doublant tous les vingt-cinq ans lorsf[u’elle n’est arrêtée par aucun obstacle. t)r il y a lieu de penser «pie notre forme actuelle de civilisation apporte «les obstacles à raccroissement de la iiopulation, par la mentalité qu’elle crée chez la iilujiart des hommes et le désir qu’elle leur inspire de limiter leur imstérité.

. C’est en France que la décroissance de la natalité est le jilus sensible et de plus ancienne date. Si l’on calcule par périodes décennales la moyenne annuelle des naissances, on obtient le talileau suivant :

it

hi

Moyenne annuelle des naissances

vivantes

en France.

lS7M8'i().

ia3M840

l8;iI-ISt>0

Itans les trois années 1911-1913, la moyenne annuelle des naissances vivantes par 10.000 habitants n’était plus que de 188.

Si, au lie.i des nombres proportionnels, on considère les nombres absolus des naissances, on les trouve aussi en décroissance depuis 1811. Pour la jiériode 1811-1820, la moyenne annuelle des naissances est de 942.919; pour la période 1901-1910, elle est de 807, 0o4; pour les trois années 1911-1913, elle est de 740,333.

laCs années de guerre ont été marquées par une grande baisse de la natalité. Le point le plus bas a été atteint en 1910, avec 94 naissances pour 10.000 habitants (l).,En 1920, la natalité dépasse, au contraire, celle de 1913 : 213 naissances pour 10.000 habitants (y compris Alsace et Lorraine), contre 191 en 1911 (y com-

(1) Cliiffrc apiilicable aux 77 dérartements non envahi.s (non compris •

Ai.sne, .Vrdennes, Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, .Nord, Oise, Pas-de- Calais, Somme, Vosges).

notions générales

pris Alsace et Lorraine); les chiffres absolus (fronlière de 19)0) passent de 79ll.33o en 1913 à 834 411 en 19-11 l Tn .

rpi'» 1 natalité, baisse pendant les années de guerre relèvement plus ou moins rapide après la guerre a été resCdie mais a es degres dilléreuts, dans tous les pays belligéranis (1)

La tendance à la baisse de la nalalité nls't pas môpre à h laiice; dans beaucoup de pays d'Europe ou hors d’Europe les

uode 18d|.oo aux années 1911-13, le nombre des naissances vi-

I "^*1’“" liohitants est tombé : en Angleterre et l’avs

2 n “ à -5o; en Belgi lue '

rie 29ü a 2-4. Dans la Confédéralion australienne il v a ui lu’

h eraie, ta natalité est en diminution dans les navs on développe le même type de civilisation que dans le^ pavs dit'! avances de I Europe or-cidentale. Mais l'ampleur de ce nmineraent

sauf dan’’ r “'"«'■'r'. e* nulle part

Sihie q,;: r!r!s.’^'“'* ■"

Le mouvement propre de la populalion, abstraction laite de

n!ï!l'ir™ ™ ou de i'émipration, ne résulte pas seulement de la na aille, mais aussi de la mortalité; il est la différence e" r ce!

deux grandeurs. Si le taux de la inorlalité s’abaisse ceÜi nel;

ir!SimfE„'Mt'd'‘'"’! l'abai'ssement de

niié iioiir dive ’ ’’ • ' la mortalité a dirai-

nue poiu dneises raisons, parmi lesauelles il v o

sensibles de l’hygiène individuelle et colleclive. l>ar exemlZ^'en

1841 iZn • el ■ ? 1 J»"» la période

8^1-18o0 , elle n est plus que de 157 dans la période 1901 1910

Pays-Bas, delbi"’ l1u‘ Z Zlg"::"df-4't?i«4 ““

la nalaltté a é!^e r! Z? l»!**® de

a natalité a ete trop forte pour être contrebalancée nar celléa

de la morlahlé, l’excédent des naissances sur “s dIcZ ! h demeure considérable et «p cpU -

pav. Il n’v 1 Pn I plusieurs

pay . . n 5 a, en Europe, que cinq pays où, dans la période

Irt 1921). onnu 19 0 (Jouj'nal Officiel du 31 juil-

la population 09

1900-1910, l’excédent moyen annuel des naissances sur les décès soit inférieur à 100 pour 10.000 habitants ; ce sont la France, où cet excédent est de 7 seulement; l’Irlande, où il est de 01. la Belgique, où il est de 88 ; l’Espagne, où il est de 93 ; l’xVlsace- Eorraine, où il est de 97. Il y a trois pays où l’e.xcédent dépasse 150 pour 10.000 habitants : la Bulgarie, 183 ; la Russie 167 (période 1901-1903) les Pays-Bas, 153. Dans les autres’ pays d’Europe, l’excédent est compris entre 100 et 130 (1).

D’où vient cette liaisse de la natalité qui est un ]ihénomène si général ?

La baisse de la natalité suit la diffusion de l’aisance et des sentiments de prévoyance ; à des hommes imbus d’individualisme, chez qui est affaiblie ou a disparu l’acceptation résignée des conditions de vie longtemps considérées comme inéluctables qui veulent fortement pour eux-mêmes et pour leur famille lé plus possible de bien-être, la charge d’une nombreuse famille paraît intolérable. En limitant leur postérité, ils ne songent pas seulement a s’éviter à eux-mêmes des soucis et des privations, ils \eulent aussi, pour leurs enfants moins nombreux, une éducation meilleure, un accès plus facile à des carrières choisies, une plus grande somme de chances favorables dans la vie C’est une prévox^nce et un égoïsme qui ne se limitent pas à la personne, qui s eteiident à la famille présente et à venir.

Cette baisse de la natalité n’est pas toujours, et d’une façon absolue, un fait contraire à l’intérêt national. Une natalité surabondante, dans un pays à population déjà dense, où les conditions naturelles el techniques ne permettent pas le développement rapide de la richesse, est un mal ; elle crée la misère et met en jeu les causes d’élimination par quoi la nature, comme disait Malthus, se débarrasse des hommes qui sont eu trop dans le monde. La baisse de la natalité n’est donc pas toujours un mal ; il se peut qu’elle soit un bien. Des enfants plus que le chef de famille n’en peut nourrir, qui seront débiles et chétifs, ce n est pas un bien pour la société. Un auteur a pu opposer la viriculture intensive, qui vise à la qualité, à la viriculture extensive, qui ne considère que le nombre. Mais la baisse de la natalité au delà d’une certaine limite est un fléau redoutable pour un pays et pour une race : redoutable déjà quand, dans un . omaine national où il y aurait place pour un plus grand nombre d hommes et un plus grand développement de richesses, la popu-

(1) Statistique internationale du mouvement de la population, 1er et 2« vol.

NOTIONS GÉNÉRAIES

lalion a cessé .le croître; plus redoutable encore quand elle

décroît. La baisse de la natalité est alors un phénomène qui peut

etre qualifie de morbide, au sens littéral du mot, parce qu’il

menace dans sa prospérité et même dans son existence la nation etre collectif.

, se laisser leurrer par l’idée que, dans un pays

a natahle réduite, la qualité des hommes pourrait remplacer la quanti e. par hypothèse, il n’y avait plus qu’une naissance po u deux dects, il n’y a j.as de qualité qui tienne ; voilà une nation en tram de disparaître. Mais il y a plus ; les chances sont pour que, toutes autres choses égales, l’enfant unique ne vaille pas physKïuement et moralement l’enfant d’une famille nomueuse ; celui-ci, elevé d’une façon plus énergique, moins habUiié a compter pour le présent et pour l’avenir sur l’aide des parents sera mieux préparé à la vie ; l’autre se laissera vivre plutôt qu’ii ne fera sa vie. L’opposition entre la viriculture intensive et la Miiculture extensive ne peut être tenue pour vraie qu’à la condition de 1 entendre d’une façon raisonnable.

La doctrine malthusienne considère avec effroi la perspective <1 une croissance exubérante de la population, parce qu’elle voit . les hommes sous leur aspect de consommateurs. Evidemment une certaine somme de richesses étant donnée, les hommes sont clns copartageants, et plus il y a de copartageants, plus la part de chacun est exigue. Mais combien celte vue est étroite ! L’homme est un agent de production ; il crée la richesse qu’il consomme ; dans des conditions naturelles et techniques favorables, il en ree p us qu il n en consomme. L’accroissement si grand de la popu ation dans le monde au cours du xix<> siècle a été accompagne d un accroissement plus grand encore de la richesse. Le pays qui, bien doue par la nature, comprime à l’excès l’essor de sa population s appauvrit ; à plus forte raison s’appauvrit un pays ou a population décroît. Si l’on sort des considérations économiques pour envisager dans son ensemble la destinée de l’Etat il est clair qu une population stationnaire, plus encore une popua ion décroissante, c’est pour un Etat, dans l’ordre militaire un

et !^ZeZ

En France, la population pouvait êtr<> considérée, avant la guerre, comme à peu près stationnaire; de 35 millions d’habitants au milieu du xix« siècle, elle n’avait passé qu’à un peu plus de 39 millions en 1911. L’excédent des naissances sur les dLs - tombe, depuis les dernières années du xix« siècle, à un taux

LA POPULATION 71

extrêmement bas : les moyennes annuelles sont de 13 pour lO.OfM) habitants dans la période 1896-1900, 16 dans la période 1901- 1905, 7 dans la période 1906-1910, moins de 6 dans les trois années 1911-1913.

La guerre de 1914 a douloureusement aggravé la situation démographique de la France' ; elle l’a aggravée par les pertes des armées, par celles de la population civile, par l’exode des habitants des régions envahies, ta diminution du nombre des mariages et dés naissances. Aux armées, il est mort un million quatre cent mille hommes, parmi l’élite physique de la race (1). Le recensement de la population effectué le 6 mars 1921 a donné les résultats suivants : en tenant compte des soldats et marins qui étaient, hors de France ou moment du recensement, les 87 départements des frontières d’avant-guerre ont une population de 37.692.990 habitants, et les 90 départements actuels une population de 39.402.739 habitants. Malgré l’apport des trois départements d’Alsace et de Lorraine, la population de 1921 est donc inférieure à celle de 1911, qui était de 39.604.992 habitants. En outre, dans la population recensée en 1921, il y a plus d’étrangers que dans celle de 1911 : 1.550.459 contre 1^132.096. La population française a, de 1911 à 1921, par l’effet de la guerre, diminué de 620.016 personnes, malgré la réintégration de l’Alsace-et- Lorraine, tandis que la population étrangère augmentait de 417.763 personnes.

II ne semble pas qu’il y ait en France des causes de baisse de la natalité qui nous soient propres ; mais l’action des causes générales qui se font sentir dans la plupart des autres pays a dans le nôtre une force particulière. La petite classe moyenne si nombreuse chez nous, petits commerçants, artisans et petits industriels, paysans propriétaires surtout, forme un milieu très propice à la stérilité volontaire. Ayant un bien modique et peu de facilité à l’accroître, les hommes de cette condition redoutent que leurs enfants, s’il en avaient plusieurs, aient à le partager ; comme leur horizon économique et intellectuel est étroit, la vertu

(I) Voici les résultats (rensemble :

Armée

de terre

Morts

Disparus

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