‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 22 sur 209 · GOO · texte numérisé non relu

GOO

Totaux

Armée

de mer

Ces chiffres comprennent 72.000 hommes de troupes indigènes (Afrique du TVord et colonies).

NOTIONS GÉNÉRALES

de prévoyance chez eux se mue aisément en parcimonie, et celte l)arcimonie s étend à la procréation. L’affaiblissement du sentiment religieux est aussi pour beaucoup dans cette natalité si basse ; la morale chrétienne est une armature sur quoi s’appuie l’idéalisme ; là où cette armature a cédé ou faibli, souvent s’installe une conception purement matérialiste de la vie qui tourne vers la seule poursuite du bien-être physique les désirs des hommes ; si 1 enfant est un obstacle à cette poursuite, on fait l’économie de l’enfant. En fait, il est certain que c’est dans les régions et les milieux sociaux les plus détachés de la tradition chrétienne et qui se sont le plus soustraits aux anciennes contraintes morales

et sociales que le taux de la natalité est, en moyenne, au point le plus bas. Peut-être aussi faut-il faire entrer en ligne de compte l’instabilité des conditions politiques en France pendant une glande partie du xix® siècle, la prodigieuse dépense de force qu’ont été les guerres de la~ Révolution et du premier Empire,

I invasion (jui a terminé l’épopée napoléonienne, l’invasion de 1870-1871. De telles conditions, à la longue, ont pu déprimer l’énergie nationale, restreindre l’horizon et les ambitions, incliner les hommes, en toute chose, vers les solutions de moindre effort.

La question de la population est donc, avant tout, une question morale. Si la natalité est en France excessivement basse, c’est parce que domine chez nous une certaine conception générale de la vie qui ne fait pas désirer, mais redouter l’enfant. Cependant il est clair que tout ce qui affaiblit physiquement la race a une répercussion sur le taux de la natalité, et à ce point de vue il y aurait beaucoup a faire. Il y a des fléaux que les pouvoirs publics ne combattent qu’avec une extrême mollesse ; la lutte contre la tuberculose, par exemple, est à peine entamée; la lutte contre

l’alcoolisme n’a été que tardivement entreprise, et avec la crainte de mécontenter l’électeur (1). Des programmes d’action législative pour 1 amélioration de la natalité française peuvent être dressés, ont commencé de l’être. C’est ainsi que la législation fiscale tient compte des charges de famille, soit dans l’aménagement des impôts sur la succession, soit dans celui des impôts sur le revenu. Peut-être des mesures de cet ordre ne seront-elles pas sans quelque effet ; mais il ne faut pas croire que cet effet piiisse être

(1) Les physiologistes discutent sur la valeur alimentaire de l’alcool ; mais, alors nn'ine que l’usage de l’alcool devrait être favorablement apprécié au point de vue physiologique, l’abus de l’alcool a certainement de graves conséquences pour l’individu et la société, et c’est là toute la question de l’alcoolisme.

LA POPULATION id

très grand. La baisse de la natalité est liée, comme on vient de le dire, à une certaine conception générale de la vie, et comme cette conception a de très solides points d'appui dans le milieu social et politique de l'époque, on ne doit pas imaginer que quelques mesures de mécanique législative en aboliront les conséquences (1).

(I) La question de la population en France a fait l'objet de nombreux écrits. On la trouvera complètement traitée dans les ouvrages précités de Leroy-Beaulieu, Arsène Dumont, Levasseur. Cf. dans l'enquéle ouverte sur cette question en 1009 par la Revue hebdomadaire {Le dépeuplement de la Fraîice) les réponses de Gide, Lyon-Caen, de Foville, Mgr Gibier, docteur Eiirlureaux, Joly. Dans Guyau. IJirréligion de Vavenir (1803), il y a un chapitre intéressant sur la religion et Firréligion dans leurs rapports avec la fécondité et l’avenir des races (chap. vu de la seconde partie). Le Play et son école mettent en relief, parmi les causes de rabaissement de la natalité, la règle juridique du partage égal et forcé entre les enfants, qui engendre la famille instable, et cherchent le remède au mal dans la reconstitution de la famille-soucbc, avec transmission intégrale du domaine ou de l’atelier à l’un des enfants : Le Play, La réforme sociale en France, l**® édit., 1864. Leroy-Beaulieu, op. vit., a exposé de la façon la plus complète Fensemble des mesures par quoi on pourrait s’efforcer de relever la natalité française. C’est da mentalité d’un peuple qu’il s’agit de modifier, lâche difficile et de longue haleine, mais non pas impossible. Le réveil de l’énergie nationale en d’autres domaines, l’esprit nouveau qui anime les fils de la bourgeoisie cultivée, qui leur fait prendre en dédain les fonctions publiques, les pousse vers ?es risques des affaires et leurs profits, sont d’heureux symptômes. Mais jusqu’ici rien de cet esprit nouveau ne se fait sentir dans la statistique de la natalité française. Sur la législation française en faveur des familles nombreuses, on consultera avec profit la thèse de M. Edmond Delseriès, Les aiantages accordés en France aux familles nombreuses (thèse Paris 1922).

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