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LES GRA.XDS COURANTS DE LA DOCTRINE ÉCO.XO-MIQUE

^ressentiments des pauvres. Au .xix® siècle, au contraire, le socialisme a ])ris figure économique ; il a trouvé dans les conditions mêmes de la vie économique moderne, dans la formation d’une classe ouvrière nombreuse et sans accès au patronat, le milieu le jilus favorable à son développement et les éléments d’une iloctrine précise ; il a pu utiliser certaines théories des économistes (Ij.

Dans la première moitié du xix« siècle, le socialisme a été surtout d’inspiration française ; c’est une période où se forment, épars chez les auteurs, de nondireux éléments, soit de critique dé 1 organisation sociale, soit de construction idéologique positive. Saint-Simon (1760-1825) et l’école saint-simonienne ont introduit .la notion d’une organisation économique non point spontanée, selon la conception des économistes libéraux, mais voulue par la société ; 1 école saint-simonienne a fait la critique de la concurrence, proclamé que la propriété était une fonction sociale qui doit être confiée par l’Etat aux plus capables, et demandé l’abolition de l’héritage. Fourier il772-1837), avec des lueurs de bon sens, iieiit-ètre même de génie, parmi des bouffonneries et des ■divagations, a donné de l’état de civilisation (c’est le notre) une caricaturale et parfois amusante satire; dans le phalanstère, cadre de la société future, le travail sera attrayant, et par le seul effet de la vie en commun, sans contrainte, les hommes disp.oseront d’une prodigieuse abondance de biens ; Fourier ne supprime d ailleurs ni la propriété, ni l’inégalité, de sorte qu’on peut douter s’il convient de le classer parmi les socialistes. Gabet (1788- 1856) rf'prend la vieille tradition communiste. Louis Blanc (1811-1886) a llétri en jibrases oratoires les méfaits de la concurrence et préconisé une sorte de coopérative égalitaire qu’il appelle l’atelier social. Le iilus puissant esprit de cette période a été Proudbon 1 1809-1865). Dans sa critique de la propriété, il ne s’attaque pas au lait même de la proiiriété, car la propriété est la garantie de la liberté, et de la liberté Proudbon ne veut rien sacrifier ; il s'attaque au droit que confère la propriété de percevoir, sous les noms lie rente, intérêt, fermage, des revenus sans travail, et il a cherche dans le crédit gratuit un système de circulation qui sup- ■primerait ces revenus. Proudbon est p.utôt, dans ses vues posi-

ri) La tbéoric de la valeur formulée par Ricardo. et selon laquelle la valeur d’une inarebandise est déterminée par la quantité- de travail nécessaire pour la produire, a servi de base au marxisme ; les formules de Turgot et de Ricardo sur le salaire sont devenus, chez Lassalle, la a loi d’airain » ; •la théorie de Ricardo sur la rente du sol a produit le socialisme agraire.

T. ^ Econ. pol. — L 5

Sri

NOTIONS GÉN'ÉRALKS

livos anaiTliisIc qii,; scK-ialisIc 5 3). Pour la mrme période

il lant riiroro nier le sooialisie anglais Oweu (I77M838)

l'i'pnis la seconde nioilié dn x.x' sH-ele. le socialisme' a suivi l'Hol I inspiral.on de la pensée allemande <ine de la française

InJ' (^"■^■'«■3). 'le Ussnile 'I8»b-I8(i4) et de Karl Marx .1818. 18.. I. I.n doclrine n.urxisie snriont a marqné profondéinenl de son emi.re.nle le smialisnie conleinporain. L'onvrage le pl s int dc K Marx est IM. Knpind, dont le premîer voinme I 11 '1 18 ,,. ,.\n nom de Karl .Marx s'associe celui de son ami

|.ré cni .'^1 r'"''' '•'> ‘l«l'i'«t marxiste se

le |.ro,lncl.on. caractérisé par la propriélé privée des molei^s e piodnchon, el comme l'énoncé des causes qui doivent nécessaire-

m ,lispariti„„ de ce \.e londement bgKpm

la doclrme est la Ihéorie de la plus-vaine, qui eile-nième se 11" I une tl.corie de la valeur selon laquelle la valeur d'une mord, an, lise est délerminée j,ar la quantité de Iravail nécessaire pour sa p,„, ludion. Le eapilal s'appropri,- n,icessaire,nenl , par le en des lois de l'éidiange, la plus-value pro, tuile par l'emplii dea O, es onvnc.es ; la to.inalion .le cette plus-value esl le « unslere » ,1e la pi'o.l.ulion capilaliste, myslè.e que .Marx se Halte d aroir e.x|,l„,ue. 1, ai>p.o|,rialion de la plus-value par le cai.ilal niel en aulagonisui,. permancul el fomlanumlal le eapilal et le ravad : .1 ,a l,,„„ des classes, inhérente au systè.ue iapilaliste - ais Ci sxsleme ,loit uecessanemenl .lispa, aille ; il eugemlre luiuenie les causes de sa .lispuritiou. Le eapilal se concentre i,rogiessireiueiit ,lans les ma, ns d'un nomhre de plus en j.lus pelit

,1e capilalisles, et au lenue de ce mouveim nt il v a la reprisé du caïulal par lu collectivité f |). ' ‘

Lugeis a oj.posé le socialisme scieiilinque de Marx au socialisme op.que ,1e tous les socialistes antérieu.s ; scieutinque, parce il prelcnil non pas luédiie el organiser l'avenir, mais dégager

< U piescnt la loi ,selon laquelle le cai.ilalisuie engendre sa i.roi.re

uesfruclion. ^ ^

Ile la consirucliou dochinale du marxisme il ne subsiste pas graml chose. Le marxisme s'est .lécomposé, et il en est Jrti,

AvîtL/ r . flair .lu premier volume de Das

m le .socialisme scientiRque Z

.lihoUiedue socialiste, Paris, 1883. Cf. Cabriola, Karl Marx, Véconomistè le soualtste; traduction française, Paris, 1910. ’

LES GRANDS COl'RANTS DE LA DOCTRINE ÉCONOMIOI E Hii

(i une part, le socialisme réformiste (1), d’autre part, le syndicalisme ré\olutionnaire (2), l’un qui est en réalité une renonciation au marxisme, 1 autre qui est un socialisme sans doclrine, une sorte de pragmatisme prolétarien. Mais si le mar.xisrne jnir ne groupe plus qu’un petit nombre d’adhérents fidèles, du moins aucune autre construction doctrinale ne l’a remplacé, et par ta formule de la lutte des classes il a pénétré de son esprit le mouvement ouvrier contemporain.

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