‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 26 sur 209 · I.ES CR.VNDS COI R.^XTS DE L.V DOCTRINE ECONOMIQX E Hi · texte numérisé non relu

I.ES CR.VNDS COI R.^XTS DE L.V DOCTRINE ECONOMIQX E Hi

cises ; chez les autres, il n’y a qu’une bonne volonté un peu vague et le sentiment qu’il y a quelque chose à faire. Même multiplicité dans la conception des réformes destinées à améliorer l’état social. La réforme peut être surtout et même e.xclusivement morale ; elle consistera, par exemple, dans une forte organisation de la famille et dans l’organisation de relations entre patrons et salariés à l’image des relations familiales ; il y a là des doctrines (jui, sur le terrain proprement économique, ne se distinguent pas du libéralisme classique, mais qui se refusent à envisager sous un aspect iiurenient économique l’organisation sociale. D’autres doctrines mettent leur confiance dans l’association, soit libre, soit dans certains cas obligatoire : l’organisation corporative de la profession ou l’association coopérative conçue comme devant un jour supiilanter l’entreprise capitaliste et constituer un mode de production d’où le profit serait éliminé. D’autres enfin font appel à rintervention de l’Etat pour réglementer et contraindre, dans l’ordre par exemple de la législation ouvrière ou des institutions de prévoyance, d’assurance et d’assistance. Il se peut, d’ailleurs, que ces trois ordres de réforme, réforme morale, association, intervention de l’Etal, soient jiréconisés ensemble ou tour à tour jiar les mêmes auteurs.

Sur ce fonds un peu confus se détachent iiuelques groupements d’idées aux contours relativement nets ; socialisme de la chaire, socialisme d’Etat, solidarisme, doctrines d’insjiiration confessionnelle.

A. Socialisme de la chaire. — Un groupe d’économistes allemands, ])our la plupart professeurs d’Eniversité, dans un congrès tenu en 1872, à Eisenacli, ont rédigé un manifeste où ils déclaraient prendre une position intermédiaire entre le doctrinarisme libéral et le socialisme (1). Il y a dans l’ordre social des abus graves, un antagonisme des classes qui va croissant ; l’Etat est le grand institut moral d’éducation de l’humanité et ne doit pas être mis à l’écart de l’organisation économique. Le socialisme de la chaire n’a pas d’ailleurs un programme très précis de réformes; il attache du prix aux réformes morales comme aux réformes sociales, il attend de l’association libre autant que de l’intervention de l’Etat, et il affirme la nécessité de conserver la propriété privée et le principe de concurrence. Il a donc un certain caractère d’éclectisme.

(1) Saint-Marc, Etude sur Venseiguement de l’êcouomie politique dans les L'niversitcs d’.Mlemagne et d’Autriche, in Revue d’économie politique, 1892.

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* NOTIONS GÉNÉRALES

a SoaaUsme d'Etat. - Le socialisme d’Elat est plus tranchant clans ses fdhrrnations et va beanconp plus loin dans ses vnes de U loi me. ïsans vouloir su])primer la iirojiriété privée il vise h constituer une importante propriété collective et, d’une façon pnerale, a instituer un état social qui soit un compromis entre économie privée mue par l’intérêt personnel des individus et économie publique régie par la contrainte, e.xpression des intéreU sociaux Le représentant le plus vigoureux du socialisme (1 Wat a ete le jn-ofesseur Wagner, de rUniversilé de Herbu.

L. l^ohduusme. — Le solidarisme est une doctrine qui s’est lorinee en L rance et paraît y demeurer cantonnée. En 1881) dans une conférence faite à Genève, M. Ch. Gide l’a exposée dans la lornie la plus attrayante sous le titre d<> L’école nouvelle (1)

M Lecn bourgeois (2) a cru lui donner de la consistance en la rattachant a la théorie Juridique du quasi-conirat. La solidarité n’est pas autre chose que l’interdépendance où, dans la vie sociale les hommes se trouvent les uns vis-à-vis des autres, et le fait’ est deimis longtemps reconnu ; ta nouveauté a été de tirer du fait le princiiie d’un devoir social qui obligerait chacun de nous envers ses semblables. Dans l’ordre pratique, le solidarisme cherche, dans 1 association coopérative, le principe d’une organisation sociale meilleure et, d’une façon générale, il préconise l’association libre sous toutes ses formes. .Mais coiiime la solidarité libre ne seiait pas, d ici longtemjis, assez énergique dans ses effets, îl faut avoir recours à la solidarité contrainte, c’est-à-dire à l’intervention de l’Etat en faveur des plus faibles.

I». Doctrines chrétiennes. — Les doctrines d’inspiration chrétieniie présentent tontes ce trait commun (te vouloir pénétrer de moralité et de charité l’égoïsme économique. Mais les unes s’en tiennent là et ne réclament dans l’ordre économique rien qui ne puisse être accepté par l’orthodoxie libérale ; les autres vont plus ou nmins loin dans le sens de l’interventionnisme, de la jirotection légale des faibles, de la restriction de la concurrence.

Le riay (1800-1882) représente l’école catholique libérale La société souffre de l’instabilité des rapports économiques et de rantapnisine des classes; elle ne peut être guérie que jiar la reslauration de l’organisation familiale (la famille-souche opposée à la famille instable) et une conception chrétienne des relations de patron à salarié ; cela seul rétablira la paix sociale. ‘

(I) « Quatre Ecoles d’économie sociale. Conférences données à l’Aula de 1 l niversite de (ienève ». (lenève et Paris, 1890.

(i) L. Bourgeois, La solidarité, Paris, 1897.

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Il y a, d’autre part, une doctrine qu’on a coutume d’aj)peler le catholicisme social et qui s’attache surtout à l’organisation professionnelle j»ar les syndicats. Les patrons et les salariés, groiqiés soit en des syndicats mixtes, soit, si le syndicat mixte se heurte à trop de difticultés, en des syndicats séparés mais appelés à collaborer dans de certaines conditions, seraient investis, sous le contrôle des pouvoirs publics, du droit de réglementer la |)rofession dans l’intérêt commun ; la concurrence ne serait donc plus la règle de leurs rapports. Le catholicisme social emploie aussi les ligues d’acheteurs comme moyen d’améliorer les conditions de travail et de salaire de la classe ouvrière (1). Enfin il accepte l’intervention de l’Etat soit pour la réglementation du travail, soit pour la lutte contre les risques de l’existence (accidents du travail, retraites d’invalidité ou de vieillesse...).

Le protestantisme ou christianisme social, avec la même tendance générale de subordonner l’économie à la morale, présente des divergences assez sensibles selon les pays. Il a des modérés qui préconisent surtout l’association, et des avancés qui, en Angleterre par exemple, (('clament la réforme de la propriété foncière, et aux Etat-Unis engagtmt la lutte (♦ontre le capitalisme.

j? 5. — Science économique et politique économique.

C’est sur le terrain de la politique économique que les écoles se heurtent, et cela donne à la science économique un caract‘'re (jui n’est pas celui des autres sciences, et (jui n’est même pas, si l’on y prend garde, celui de la science. Le ju'opre de la science est d’étudier les faits ])our en dégager les lois, de chercher ce qui est, non ce qui pourrait ou devrait être, tandis que les économistes, rangés sous diverses bannières, se battent à propos de réformes que les uns voudraient faire et les autres non, et que ceux (pii veulent les fair:- conçoivent de différentes façons. Pour n'pri'iidre un langage qui a été précédemment employé, la science et l’art sont le plus souvent confondus, et dans la mêlée la science ne brille pas au premier rang. Depuis les trente dernières années du xix® siècle, cep(,'iuianl, un effort considérable est fait pour constituer une science économique rpii ne serait que science, et se tiendrait à l’écart de la politique sociale. L’école historique est dans celte direction d’esinit ; de même l’école mathématique et l’école psy- ■chologi(!ue (2). On n’a fait d’ailleurs que reprendre une voie

(1) Il truité des ligues d’acheteurs au tome II, livre VII., chap. i.

(2) Sur ces trois écoles, voir infra, meme chapitre, sect.

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NOTIONS GÉ>'ÉRALtS

li;ayée déjà ,„,■ ,,„elq„es-,ms des libén.ux classiques; II, .noyer d,«„l dans I Inhoduclion à rie et la morale considc.éca

dans lettre s a, .ce liberté : „ Je n’impose .-ien, je ne p,-o.

pose .neme nen, j’expose ». C’est la devise que pomTaienl pcernh-e Ils eem, 10,1, isles malliémaliciens, par exemple, qui se donnent jonmie objet d etudier la formation des prix dans un régime de libre eoncurrence ; ils considèrent comme une donnée du problème t .vins le discuter, l’elat existant de la piopriété, de la répartition biens, des torces économiques respectives des acheteurs et des ™.dç...’s (I). Il ne s’agi, , par conséquenl, que de savoir "minnli Choses se passent, sans que cela implique un jugement sur bit socml. On peut très bien adopter la même attitude sans

forn ul r mathématique, et il y a un haut intérêt à

muter ainsi une science économique dégagée des contingences mheren es aux questions d’art économique. Mais ces contingences tiennent troj) de place dans la vie sociale pour que l’attitude rigoureusement scientifique puisse être le fait de la généralité ilcs économistes, et les écoles continueront vraisemblablement à

so classer par leurs tendances et leurs conflits sur le terrain de la juatique.

Ees questions de méthode ont soulevé parmi les économistes de MNcs cou roverses, et si ces controverses sont aujourd’hui adoucies

moius(i) fondamentale n’en subsiste pas

§ 1. — Méthode inductive et méthode déductive.

l.es faits éronomiqqes, aspects de notre vie sociale, sont par là eMc,;,c,„.s a cl,„o„„ de nous, ,1s sont „,a,ià,c à observatio,^;, à class,nca„on, c„,„,„e les faits d„ monde physique, et nous „o„-

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(5) Ouvrage.s à consulter sur la mclhode • W-,ffnpr / j

t’cc.„„„.à ,r.„c.„e, looi mT.: , Uv°’f :;r . f.

ce molle,, frmetp,, économie pomi„ae. traéanùta trénraij' ,9® laos'

en ccono,n^ polnùjue, 1912 ; ïruchy; Le^ méthodes

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