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LES GRANDS COURANTS DE LA DOCTRINE ÉCONOMIQUE

vons chercher à dégager, par des observations répétées, les rela-' lions suffisamment constantes que nous appellerons des lois économiques. C’est la méthode inductive. Sans doute, la déduction s’v mêle nécessairement dans une mesure i)lus ou moins large, soit <]ue d’une loi découverte par l’observation ou tire les conséquences' qu’elle paraît impliquer, soit qu’on pose à titre d’hypothèse un principe dont il s’agira de savoir si les conséquences qui en découleraient sont d’accord avec les faits. Mais, dans les deux cas, cette confrontation avec la réalité observable est essentielle, et l’observation des faits sociaux est lau point de départ comme au point d’arrivée.

Il \ a une autre démarche de I esprit qui est possible. Le principe des faits économiques est en nous en tant que ce sont des actions humaines ; ces actions s’expliquent en dernière analyse par des mobiles dont nous ne pouvons en nous-mêmes constater la nature et la imissance. Il est concevable que l’écouoniiste prenne ces mobiles comme point de départ et en déduise la logique de l’activité humaine dans l’ordre économique. C’est la méthode déductive, où le jioint de départ est bien sans doute fourni par l’observation, mais faite sur nous-mêmes et non sur les phénomènes extérieurs, uu mode d’observation qui est de l’introspection psychologique. Comme le mobile de l’intérêt personnel est celui qui agit dans l’ordre économique avec le jilus de force et de constance, la méthode se ramène à constituer par la jiensée un homo œconomicus recherchant en toutes occasions le plus grand avantage économique possible et à déduire de là un système

de lois qui régirait, ou tout au moins exprimerait, son mode d’activité.

Les controverses sur la méthode n’ont commencé qu’avec la formation de l’école historique allemande, vers le milieu du XIX® siècle. Jusque-là, les économistes n’avaient pas disserté sur la méthode, et chaque auteur suivait la pente de son tempérament. Adam Smith a été un excellent observateur des faits de son époque, et son grand ouvrage économique est tout imprégné de léalité. Ricardo suit volontiers les vmies de l’abstraction; quand il a à exposer certaines notions générales, comme celles de la valeur et du capital, il met en scène d’imaginaires sauvages, mus par

le sentiment de l’intérêt personnel — homo œconomicus et il

les fait raisonner comme des gens d’affaires de la cité de Londres.

Les premiers économistes de l’école classique avaient peu le sens de Thistoire ; ils inclinaient à concevoir les phénomènes economicjues dans 1 absolu, comme demeurant identiques dans

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NOTIONS Générales

1 espace el .Ums le temps. En outre, il est arrivé aux économistes ijeidux, apres la période des grands fondateurs, ce qui arrive simvent au.x hommes qui se croient en possession de la vérité

O la science paraissaient posés pour

^ e einile : il n y avait plus qu’à les contempler, à s’en pénétrer a en perfectionner l’exposllion, à en déduire toutes les conséquences qui y elaient impliquées. Il y a eu dans l’école libérale un amoindrissement de l’esprit d’obserxation, une tendance à imposer les doctrines aux faits plutôt ifu’à s’efforcer de romprendre tomours mieux la réalité, si variée et si mouvante L ecole bistori.fue a fait pénétrer dans l’économie politique la notioii du relalit et rendu sa vigueur à l’esprit d’observation. Elle s est formée en Allemagne vers le milieu du xix<> siècle avec Itoscber (1817-1894), Ilildebrand (1812-1878), Knies (1821-1898) • elle s appuyait en ce pays sur la tradition de réalisme des sciences canierales. Au début, les ambitions scientifiques de l’école luslorique étaient grandes : elle se proposait de formuler les lois du développement historique dans l’ordre économique, d’expliquer

économiques s’engendrent l’une l’autre, fâche di bcde, et que l’école historique n’a pas accomplie; le SOUCI de dégager et de formuler les lois économiques l’a peu à peu abandonnée ; elle a versé dans l’érudition et s’est mise à amasser des «latenaii.,, pour .les constructions doctrinales qui ne sont jamais e.bfiees Son innuence est néanmoins très grande; dans tous les pays, 1 histoire économique est l’ol.et de recherches précises et d une incontestable valeur.

Mais de même que l’école historique avait réagi contre certaines méthodes de 1 ecole classique, une autre école a réagi contre elle et a revendiqué la prééminence pour la méthode déductive en conomie politique ; c’est l’école dite autrichienne ou psvcholoèique (l). L ecole psychologique a reproché à l’école historique son impuissance à conclure, de se perdre dans l’érudition, et de n avoir pas su élever la construction doctrinale qui doit être la hn .les recherches économiques; car il n’y a de science que dans lia système de rapports entre les faits. Pour les économistes de 1 ecole psvchologiciue, le principe des phénomènes économiques est en nous, dans nos mobiles d’action, et la détermination de ces mobiles nous donne l’explication des phénomènes. Il convient t ai euis .te mettre dans la psychologie économique plus de nuances que ne faisaient les économistes .le l’école classique.

U) Cari .Menger, op. cil.

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