I. ORGANISATION DK LA PRODUCTION
an., ,, n.ui.o Iravaiix agricoles s'y prile moi„s, soit à raison - alteiii.mc- des saisons qui force à appliquer les Iioinmes et les ma, .lunes a .les lâches successives au lieu ,1e leur confiei h nieriic laclie loal le long ,1c |■an^,V, soil à ,„ison ,1e la variéle ,les pio,lii, lions sur le lui'riic iloniainc. Ce|i,-n,lant ilans les "randes
l.'elïùacilé le, .1, ni,, ne ,1e la ,léca,n,,osil i„n ,l„ Iravail est grande : t c M,‘n ,1e ce que, par celte décomposition, le rendement .les . P''^duchves est jiorté au maximum. Aiq.liquée aux hommes, la duompos. lion .lu Iravail évite les perl,.s ,1e temps .p.i résullent Ou passage ,1 un genre ,1e Iravail à un autre ; elle porte au idus laut ,l,^gre l’haluleté et la .lextérité .les travailleui.s acconq, lissant une lâche sinqde cl toujours la m,^me; elle i.erm.q .rutiliser .les tIa^ ailleurs non ,i„alifiés et avec une pério.le de mise en train aussi ahregee que possible. Pour ce qui est ,1e la machine, la machine spécialisée vaut hien mieux lechniqiiemenl que la mac une a tout laire ; elle est plus e.xactement a.laptée à sa tâche M. .Utahon Coyi. cit., p. 193) cite pour les industries ,1e l’hahillelueu , ,1 apres un rajiport de rExposilion ,1e 1900, la série .les machines extr.uiiement .lifférenci.'.es ,pii sont utilisées .la.is la coneclion .les v.-tements et ,1e la lingerie pour femmes ; machines à phsser, a coulisser, à ganser, à ourler, à f..stonner, à soutacher à l>'•<aler. .-tc... De même, .laiis l’imhistrie ,1e la chaussure on tr.mve pour le montage et le finissage jusqu’à ,1e trimle à quaiante inachines spécialisées. L’extrême .léconqiosition des tâches parait ,1 ailleurs faciliter l’invention et l’application des machines a la production, le propre ,1e la machine étant ,1e faire avec plus de
puissance, ,1e sûreté et ,1,> rapi.lilé que rhomme, une tache relativement sinqde (2).
La spécialisation professionnelle.
Un autre aspect remarquable de la division ,lu travail est la spécialisation professionnelle, c’est-à-dire l’affectation des hommes a une ,’ategorie d’activité économique qui devient leur occupation nabitiielle. La profession peut d’ailleurs ètr,- e.xercée tantôt à titre
(I) J. Hiticr. La tendance de l’agriculture moderne à s’industrialher in Hevue d economw politique, r.»01.
y) Certaines niaohines, d’ailleurs, réuni.ssent des lAches auparavant divi-
meni «'achine.. agricoles; mais dans l’enseinble, c’est assuré-
mont lu spociaii^sutiOii (jiii I emporte.
LES BASES TECHNIQUES DE l’ÉCONOMIE lUl
exolusil, tantôt seulement a titre jirincipal ; le même homme jieut avoir .leux ou trois professions ensemble, .loiit l’une généralement sera considérée par lui comme la principale, les autres ne lui apportant qu’un complément de ressources ; c’est par exeiiqde un ty],e assez fréquent dans les campagnes françaises que l’artisan ,pii est en même temps propriétaire foncier et ,jui ajoute au gain .pi’il lire de son art les revenus de son jielit .loniaine. Il y a de même bien .les degrés possildes ,lans la fixité ,1e la jirofession ; un homme jieut exeirer la même profession sa vie .liiraid, ou bien il peut en changei au gre .les circonstances ou ,1,1 sou humeur. Certaines jirofessions réclament .les aptitudes particulières et un haut degré de formalion techni.jue ; d’aulres sont accessibles à tout homme qui y ajiporte sa force ,1e travail ; ce sont les j.rofessions de ceux qui n’en ont {las ; tel est, par exemple, le simple nianceuvre. Mais, quelque modalité qu’il y ait lieu de distinguer dans cette notion ,1e ](rofession, elle est d’une importance essentielle. La ],rofcssion exercée mar.jue les hommes de son empreinte, elle est un des éléments .léterminants de leur vie individuelle et sociale.
Mir la répartition des hommes ]»ar catégories professionnelles, la statistique nous fournit .les .lonuées assez pr.'cises. tirées soit • les dénomlirements généraux ,1e la population, soit .les recensements faits spécialement pour cet objet (1).
Il y a une jiremière donnée qui est inqmrtante, c’est le chiffre ,1e la pojiulation active, c’est-à-dire exerçant une activité {irofessionnelle. La i-rojiortion de la population active à la population totale n’est pas la même dans tous les jiays ; cela dépend de di^ erses cir,‘onstances, parmi lesquelles la composition ,1e la po})Ulation jiar âges (2). Dans les pays à natalité .lécroissante. les
(1) Eu Fi-auco, les rccen.senients générau.x de la popiilalion, depuis 1S96, fournissenl un certain nombre de données relatives à la répartition des hommes par profession. On trouvera dans les Résultats statistiques du recensement des industries et professions (dénombrement général de la population ,lii 20 mars 1800) des explications détaillées sur le méeanisme et les difficultés de l’opération. Cf. l’article Beruf und Berufstatistik. dans le Haudicorterbuch dci' Staatsicisseuschoften, 3® édit.
(2) Il y a lieu de tenir compte de ce que les procédés statistiques emplovés ne sont^ pas rigoureusement uniformes dans les divers pays ; les différences constatées dans les résultats ne doivent être prises en sérieuse considération que lorsqu elles sont assez grandes pour ne pas être imputables à la différence des procédés. La même remarque doit être faite pour le classement de la population active par catégories professionnelles ; aussi pour les comparaisons internationales, faut-il se borner à des catégories professionnelles très vastes et générales, les diff,>rences de résultats dues aux différences des méthodes statistiques étant d’autant plus sensibles que les catéfiories professionnelles sont jilns spécialisées.
102 l’organisation de la production
jeunes jU’énérations, qui ne Iravailleiit ])as encore, tiennent une place relaliveinent petite dans la jiopulalion totale, ce qui fait ressorlir une proportion plus élevée de la population active.
En France, d’après les données du recensement de 1911 (celles de 1921 n’étant pas encore entièrement publiées), il y a une population active de près de 21 millions de personnes (20.931.(X)0), dont 13. 212.000 hommes; la jiopulalion active forme les 53,4 °j„ de la po])ulation totale. C’est une proiioition très élevée, (}ui s’explique à la fois pai’ la faiblesse de la natalité fi'ançaise et ]iar le fait que, daui!. la iiopulalion agricole, il est habituel que les femmes s’occupent de l’('X[!l()ilation avec leur mari, et qu’elles sont alors comptées dans la populalion active. Dans les pays étrangers on trouve des ju'oporticns de la population active à la population totale moindres ({u’en France. En Angleterre et pays de Galles, c’est 45 en Ecosse, 43 0/0; en Irlande, 41 0/0; en Allemagne, 45 0/0; aux Etats-rnis, 38 0/0. Si l’on écarte quelques données e.xceptionnelles et qui paraissent dues à l’imjierfection des procédés statistiques (en Russie, il n’y aurait que 25 0/0 de population active), la jiroporlion de la pojiulation active à la population totale est comprise entre 38 et 50 0/0 (1).
Un autre fait important, c’est la répartition de la population active par grandes catégories professionnelles. Si l’on considère les (piatre catégories principales, c’est-à-dire l’agriculture, l’industrie (y compris les transports), le commerce, les professions libérales et services publics administratifs, voici, pour la France (rt'censement de 1911), leur importance relative dans la population active :
Population active.
Agriciill tin'
%de l
a populalion
active
Industrie (y compris les
transports)
of
Commerce
Professions libérales et
services publics administrai ifs
Le reste de la pojnilation active (environ 8 "'„) comprend les militaires des armées de terre et de mer, les marins de commerce et pécheurs, et les services domestiques.
D’un pays à l’autre, il y a de grandes différences dans la réparti) Annuaire statistique de la France, 30® volume, iOO* .'i 101*.
LES BASES TECHNIQUES DE L ECONOMIE
lilioii professionnelle de la population ; elles dépendent surtout du degré de développement industriel. Il y a deux j)ays oii la jiopulatioii agricole est extrêmement faible; c’est l’Angleterre et l’Ecosse. En Angleterre et pays de Galles, la })oi)ulation agricole ne forme que 8,5 de la population active; en Ecosse, un ]teu
moins de 12 "/o- sont, de beaucoup, les proiiortions les jilus
basses qu’il y ait. Par contre, dans ces deux pays, il y a nue proportion très élevée de population adonnée aux professions industrielles, 5ti,4 "/„ de la populalion active (“ii Angleterre, <‘t 50.1 en Ecosse. Si l’on s’attache aux trois premières catégories professionnelles, agriculture, industrie, commerce, on peut tirer des chiffres qui lu'écèdent d’utiles indications sur les caractères économiques des divers pays (1). En opposant, d’une façon sommaire, l’agriculture à l’industrie et au commerce, on peut classer les peiqiles en deux catégories : ceux qui sont à structure agiicole et ceux qui sont à structure industrielle. La Russie, la Hongrie, ritalie, le Danemark, la Suède, pour ne citer que des exemj)les, sont dans la première catégorie. L’Angleterre et l’E(’os.^e sont les types les plus caractérisés de la seconde, qui comiirend aussi l’Allemagne, la Relgique, les Etats-Unis. Dans ces divers pays, la seule populalion industrielle, même eu laissant de coté la jiopulalioii commerciale, est supérieure à la populalion agricole ; les Etats-Unis, pays longtemps agricole, se sont industrialisés avec une grande rapidité depuis les dernières années du XIX® siècle. En France, la constitution économique présente un cas d’équilibre entre l’agriculture d’une part, l’industrie et le commerce d’autre part. La population industrielle, considérée seule, est inférieure à la population agricole, et cela est vrai soit de la jiopulation masculine seule, soit des populations masculine et féminine ensemble. Mais l’industrie et le commerce réunis occupent plus de personnes que l’agriculture. De 18üG à 1911, la Iirojiorlion des personnes adonnées à l’agriculture a été en diminuant, alors que l’industrie et le commerce gagnaient en effectifs (2).
§ 3 — La formation des professions.
Les économistes de l’école historique se sont attachés à montrer comment s’est faite la spécialisation professionnelle, coin-
(I) Comme il y a beaucoup de divergences entre les statistiques pour le •classement des femmes dans la population active, on ne tiendra compte, dans ce qui suit, que de la population masculine.
(i) fiecememeiit général de la population effectué le o mars tome I,
troisièmç^ partie.
■JjXU:.
L ORGAMSATION DE LA PRODUCTION
ment se sont séparés progressivement l'agriculture, l’industrie-, les transports, le commerce, et dans cliaenne de ces catégories les modes d’activité de plus en plus différenciés qui les forment (1)..
Dans les poèmes homériques, on ne voit mentionné qu’un j>e|it noud)re d’artisans. Il y a le forgeron, l’homme qui travaille les métaux et qui est, partout, le plus ancien et le plus important des artisans ; il y a le potier ; il y a l’homme qui travaille le cuir, (lui fait les fourreaux, les courroies, les ceinturons et les jngulaiies , 1 homme qui travaille le hois. A Home, sous le roi Numa, on trouve huit sortes de métiers. Au moyen âge, il y avait peu de \illes qui eussent ])lus de 12 à 20 corporations industrielles ; il est vrai que toutes les professions n’étaient pas organisées en corpolations et que certaines corporations comprenaient plusieurs métiers. Avec les progrès de la vie urhaine, les professions se sont différenciées : au xvm'> siècle, dans les grandes villes d’Allemagne, il y a de 80 à 100 corporations industrielles ; à Paris, en 17(30. il > en a 120. Déjà dans la Home impériale, qui représentait un haut degré de civilisation, il y avait un grand nombre de professions distinctes (2). A l’heure actuelle, les statistiques professionnelles dénombrent plusieurs milliers de professions ; le répertoire technologique des noms d’industries et professions, dressé en 1900 par le service de la Statistique générale de la Franco, est à cet éguird très curieux; il renferme plus de lo.OOO dénominations d’opérations industrielles.
ha multiplication des professions se fait, soit ]>ar les complications et scissions opérées dans les professions anciennes, soit par l’apparitioa de professions nouvelles. Les scissions dans les professions anciennes, en voici des exemples pris dans la fabrication des objets en cuir r3). Dans un état éconondquc peu avancé, les objets en cuir peuvent être confectionnés entièrement dans l’exploitation paysanne : le jiaysan abat une bête, tanne le cuir, en fabrique des harnais et des chaussures. Plus tard, le métier de tanneur et relui de corroyeiir se détachent de l’exploitation jtaysanne, et cela fait trois catégories d’exj)loitations correspondant aux trois principales étapes de la production : l’exploitation ■agricole qui élève la bête, celle du tanneur qui prépare les peaux.
(I) On consullom notamment Schmoiler, Principes d’économie loUtiquc, traduction française, liv. II, chap. iv, et Karl nOclicr, Etiiden d’histoire et
d’cconomie politique, traduction française, notamment les études norlanl les n"s VI et VII.
vi) Schmoiler, op. rit.
(3) Karl Rücher, op. vit., La divicion du travail, étude VIL
LES BASES TECHNIQUES DE L ECONOMIE 10
celle du corroyeur qui avec les peaux préparées confeclionne diverses sortes d’objets. Le métier de corroyeur lui-mêine se subdivise en métiers distincts : celui de cordonnier, <'(‘lui de sellier, celui de bourrelier, etc... A coté des professions anciennes qui se scindent, il y a les professions nouvelles que font naître les progrès techniques ; jiar exemple les professions nées de l’électricité, les industries chimiques, etc. La spécialisation croissante des ju'ofessions est déterminée par la complication de nos besoins et jiar celle de la technique. A des besoins de plus en jilus noinhreux, variés et nuancés, qui se satisfont au moyen d’une technique et d’un outillage de plus en plus complexes, ne peut plus suffire l’ancienne exploitation à tout faire. La spécialisation est d’ailleurs le mode sous h'quel se présente à notre époque toute l’activité humaine, la scienlifiqm' jiar exemjtle, tout autant que réconomique.
La spécialisation professionnelle n’existe pas au même degré dans toutes les branches de l’activité économique ; elle est notamment bien moins sensible dans l’agriculture que dans l’industrie. La conception traditionnelle du domaine rural, jusqu’à une époque récente, c’était qu’il doit se suffire à lui-même. Ola d’ailleurs était, dans une assez large mesure, une nécessité technique, à cause de la difficulté de transporter au loin les produits agricoles, souvent volumineux et lourds : l’agriculture spécialisée aurait manqué de débouchés, et n’aurait pu se procurer ce qu’elle ne produisait pas. Le progrès des transports a permis au domaine agricole de se spécialiser. En France, la vigne, il y a quelques siècles, était cultivée bien plus au Nord qu’aujourd’hiii ; on la trouvait en l’icardie, en Flandre, en Artois, en Normandie ; elle y a disparu, et par contre certains départements méditerranéens ne font jiliis guère autre chose que de la vigne. 11 y a aussi une certaine spécialisation pour la culture du blé, manifestée par le resserrement des surfaces cultivées (1). Mais il ne semble pas qu’il puisse y avoir jamais en agriculture une spécialisation comparable à celle de l’industrie : soit à raison de la jiratique des assolements, soit à caisse des avantages qu’il y a à associer la production animale à la production végétale, soit enfin parce que la variété des productions est une assurance contre les risques : la production agricole, c’est chaque année une carte que l'on joue, et il est dangereux de miser sur une seule.
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(1) J. Hitier, op. cit.
L ORGAMSATION DE LA PRODUCTION
LES BASES TECHNIQUES DE L ECONOMIE
SECTK.LX II
Les j.ronMlés dont les hommes se seiTenl jioiir la production des biens sont dune extrême complexilé. On les résume volontiers dans le machinisme ; mais, alors même que l’on entend ce mot dans le sens le plus large, il est loin d’être assez compréheusit pour désigner tout ce qu’il y a d’essentiel dans la technique economique; en matière agricole surtoni, le machinisme proprement (ht ne joue pas le rêde princijial dans les progrès de la
§ — La technique agricole.
tmlles des industries agricoles cpii conOslent dans l’élevage des animaux ont pour hase technique, non le machinisme évidemment, mais la connaissance des conditions d’existence et de develojipement pnqires à chaque espèce animale. Le progrès consiste ici dans 1 adaptation la plus exai te possible de l’animal au vole économique assigné par l’homme, et il s’obtient par
1 acclimatai ion, jiar la sélection, par des jirocédés rationnels d’alimentation.
La culture des espèces végétales est une opération très complc.xe dans hupielle le sol sert à la fois de support à la plante, de réservoir de matières assimilables par ell.‘ et de laboratoire oh se transforment les matières qui ne l’étaieid pas. La plante prend dans le sol et (lans l’air les éléments de sa nutrition ; le sol ne garde sa fertilité qu’à condition de la'cupérer ce qu’il abandonne a la plante, et cette récupération s’opère ou par l’action des forces Jialurellos ou j^ar racfioii de Idioiiime.
La leriv au repos récupère sa h'rtilité par l’action des agents atuios])héri(pies qui la jiénètrimt et y déterinimmt soit des déjilact'inents mécaniques, soit des combinaisons chimiques ; les éléments de nutrition des jilantes peuvent ainsi se reconstituer ou passer d’un état non assimilable à un état assimilable. Le repos de la terre, c’est la jachère, et la culture, dans ses modes traditionnels, comporte des périodes plus ou moins longues de jachère. L’est un repos en ce stms qu’aucune récolte n’est, pendant ce temps, demandée à la terre. Mais les forces naturelles ne cessent pas d’agir, reconstituant la fertilité du sol, et l’homme, en travaillant activement le sol pendant le lemj^s de la jachère, facilite l’action des micro-organismes.
L’homme peut aider ou suppléer à l’action des forces naturelles. Il le fait, par exemple, en nettoyant et en ameublissant le
•sol par des labours profonds, des bersages, des roulages, opérations qui facilitent la pénétration de l’air et qui mélangent les couches du sol. Il le fait encore en fournissant au sol des engrais ou des amendements ; l’engrais est composé de matières utilisables directement par les plantes ; l’amendement est composé de matières destinées à agir sur la terre pour modifier les substances qu’elle renferme à l’état insoluble et les rendre assimilables (1). Par les engrais et les amendements, la culture complète le sol et le rend plus apte à nourrir la plante. Il y a d’ailleurs des sulistaiices qui sont à la fois des amendements et des engrais. En France, pays cependant naturellement fertile, on a calculé (pi’il n’y avait, sur les 50 millions d’bectares du territoire agricole, que 10 millions d’hectares environ de terres complètes, contenant à doses suffisantes les différents éléments qui constituent le sol arable ; les autres sont des terres incomplètes auxquelles il faut apporter certains éléments qui leur font défaut. Il appartient à la chimie agricole d’étudier la composition des divers sols en culture et de déterminer s’il y a lieu de modifier cette composition et dans quel sens. Un autre mode de l’action de l’homme consiste à alterner les cultures ; les plantes ne tirent pas toutes du sol les mêmes éléments, et leur alternance est à certains égards- un repos qui permet à l’action des forces naturelles de reconstituer la fertilité diminuée. Il y a même des cultures dites améliorantes : des jfiaiites qui fixent l’azote de l’air et l’emmagasinent dans le sol, de sorte qu’elles enrichissent le sol au lieu de l’apjiauvrir (2).
Pans les systèmes primitifs de culture, il n’y a aucun ordre régulier d’alternance. La population éparse sur de vastes territoires n’utilise chaque année pour la culture qu’une faible partie du sol, et les parties du sol épuisées sont ensuite pour longtemps laissées au repos ou servent seulement au parcours du bétail. Souvent, sur les parties du sol qu’on se propose de mettre en culture, les broussailles et les herbes sont lirûlées, ce qui tout à la fois débarrasse la surface du sol et forme une sorte d’engrais dont la culture profile. Puis, sur les surfaces abandonnées, la végétation naturelle se développe de nouveau librement. C’est une sorte de culture errante.
A un ])lus haut degré de développement, quand la densité croissante de la population a contraint de resserrer les surfaces cultivées. un ordre régulier des cultures s’introduit, c’est l’assolement ;
(1) Dchérain, La science cl l'affricuîture, iii Revue des Deux-Mondes, l.‘» août ISOi.
(2) J. intier, op, cit.
Kl
ié
L ORGAMSATIOX DE LA PRODUCTION
v a alors mie succession méthodique de diverses cultures sur
^ I la lit us très varies, en fonction de la nature du sol du '!<• la culture dominante à laquelle le }>avs se jirète’ Un
occidenl'L "T é^^' r ^ ^mmunément pratiqués dans l’Europe <-(nlf niait acte 1 assolement triennal, lesvslème des trois
0 .nn,ps, cé,*,les ,n,ivor, .égales .la prialen.p., jachère. Dal"
1 iai|ue Ijpc il nssolemeiil se lésiiineiil l’expériciico et l'arl a"ro-
nomique du moment lu-ésent (1). ^
■ai' l 'assoie, „c„t lémoi-
e'ic II im tial relalivemcm peu ilével„,,pè „,eore <le Tart aero-
iii.niiiiue, ou c est surloul racliou ,|es forces nalurelles qui entre
™ J-'U pour rcconstiluer la ferlililS ,|„ sol. l.a ilin.im'iion et
ni eux encore la siipjiressiou îles jachères, est un propres consi, lé-
Inri. Dans les syslemes ,1c. ruilure continue, il faut évidemment I lie le Iravail de rhoimne et les eapilaux s’iucorporeni an sol en ihises accrues, pour reconsliluer par les laçons données au sol par h s ainendenienls et les engrais, la ferlililé que l'action des forces niil'.ii'Mi'.s ne sulnrail plus à enirelenir. La culture continue pe,d aimci a suj, primer rassolenienl, le sol élant affecté loujoiils à 1.1 iicine iiroiluclion végétale ; sans parler des cullure arhorosicnles, dnerses cultures inaraichères sont dans ce cas. Mais les culinres allernées resleni dans la jilupart des cas plus avanla. ï-niMVs et en pratique prédominantes.
I.C ]-rogrcs cultural se manifeste encore sous d’autres formes • par a qualité des semences, par le choix et la variété des espères par leur adaptation aux caractères du sol cl du climat et aux fins economiques que l’homme se ].roi>ose, par la lutte contre les maladies des plantes. La question se pose ici dans les mêmes ternies que pour l’elevage des animaux. Il suffira de rappeler dans cet ordre d idees les progrès réalisés par la betterave sucrière « La betterave utilisée aujourd’liui pour la production du sucre’ dit ce sujet notre collègue J. Ilitier, est un instrument perieclonne, si 1 on peut dire, capable d’élaborer une quantité de sucre bien supérieure a celle donnée par la betterave d’il y a vingt ans L bomnie a perfectionné la plante à force de patience et par l’em- Idoi de procédés rationnels ,, i;2). Même chose pour les pommes de leire et poui le ble. « L agriculture, dit encore M. Ilitier, a main-
!!! tte culture et assolements, Paris 1913
(gi J. Hitler, op. cit.
LES BASES TECHNIQUES DE l’ÉCONOMIE 109
tenant à sa disposition des variétés de pommes de terre à puissance de rendement jadis inconnue, donnant à la fois un poids bien plus élevé de. tubercules à l’hectare et des tubercules plus riches en fécule... La plante alimentaire par excellence, le blé, a eu elle aussi sa large part dans l’œuvre générale d’amélioration. L’action de l’homme s’exerçant tantôt jiar voie de sélection, tantôt j)ar voie d’hybridation, a créé des variétés nouvelles avec épis jilus denses el jilus larges que supjiorteiit des tiges plus résistantes et qui ont pu fournir des récoltes qu’il y a cinquante ans on eût qualifiées de fabuleuses ».
Dans 1 ensemble des progrès lecbnitpies agricoles le machinisme lient une place importante, bien que le déveloiipenient en soit plus tardif el moins conqilet que dans l’industrie. Les instruments traditionnels, conimt' la charrue, ont été perfectionnés. Il y a nu<‘ série d instruments nouveaux : semeuses mécaniques, moissonneusf's, batteuses, faucheuses, jiresses à fourrage. Les forces inanimées sont eiiqiloyées de plus en plus à côté des forces animales on humaines. Li* labourage mécaniipie n’est, il est vrai, que peu enqiloyé encore et présente certaines difficultés techniques el financières. Mais pour les opérations comme le battage des grains, le débitage des racines servant à l’ajimeutalion du bétail, la tonte des animaux, nolainment des moulons, divers moteurs sont employés dans certains pays d’une façon courante ; de même dans la laiterie, l’écrémeuse ou la baratte peuvent être actionnées d’une façon mécanique (.1). En France, le recensement des forces motrices a donné, en 190tJ, pour l’agriculture, le chiffre assez faible de 13().2d7 chevau.x-vajieur, ce qui ne représente qu’un peu jilus de 1 p. 100 du total des forces motrices actuellement existantes. C’est à la fols bien jteu, par comiiaraison avec ce que l’industrie el les transports emploient de forces mécaniques, et beaucoup pour une branche de production où traditionnellement les hommes el les animaux, jusqu’à une éjioque très récente, fournissaient toute l’énergie nécessaire. D’ailleurs la France est un pays de petites exploitations agricoles, el c’est surtout dans les grandes que les moteurs mécaniques peuvent être fructueusement employés.
(t) Sur l'emploi fies forces mécaniijiie.s en iigriculliire : J Hilier, La trauslormation de Voutillaye agricole, in Revue d’économie politiijue, 1902: Hellel, Lm ynachine et la main-d’œuvre humaine. Pans, 1912; Compte rendu du Congrès de la mécanique agricole tenu à Paris les 22 et 23 février 1911, Paris, 1911, Publications de la Société nationale d’encouragement à l’agriculture. Dans l’enquête, sur la production française, faite par l’Association nationale d’expansion économique, on consultera le Rapport général sur l’Agriculture, par II. Ilitier.