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LA CONCENTRATION DES ENTREPRISES 16
autres en tiennent une moindre. Il est vrai qu’il conviendrait de tenir compte de ce que la signification du personnel occupé, au point de vue de l’état de la concentration, n’est pas la même dans l’industrie et le commerce. Un établissement industriel qui •occupe dix ouvriers est peu de chose, tandis qu’avec dix employés un établissement commercial peut déjà être, dans certaines branches de commerce, une maison qui compte; il faudrait donc opérer une sorte de décalage pour comparer exactement le commerce et l’industrie.
La répartition du personnel entre les élahlissements industriels classés par catégories de grandeur (transports non compris) donne le tableau suivant :
Nombre de personnes occupées dans chaque catégorie (p. ICO).
Établissements occupant
en iy%
en 189t>
De là 10 salariés
De 11 à iOO »
Plus de 100 ..
Entre 1896 et 1906, la première catégorie a sensiblement perdu de son importance au point de vue du personnel occujié, la seconde a légèrement perdu, la troisième a sensiblement gagné; 41 p. 100 du personnel travaille dans ce qu’on peut convenir d’appeler la grande industrie. Il faut d’ailleurs tenir compte, comme pour le •commerce et pour les mêmes raisons, de ce que les constatations statistiques restent en deçà de l’état réel de la concentration.
Si on examinait l’état de la concentration par groupes industriels, au lieu de se contenter de moyennes, on trouverait entre les groupes de grandes différences. Dans la métallurgie du fer et <le l’acier, plus de 99 p. 100 du personnel travaille dans des établissements occupant plus de 50 personnes (99,58 p. 100), et jilus de 85 p. iOO dans ceux qui occupent plus de 500 personnes (85,35 p. 100); dans les mines, les proportions sont respectivement de 98,40 p. 100 et 86,76 p. 100; dans les services publics industriels, de 94,13 p. 100 et 78,66 p. 100. Par contre, dans la boulangerie et pâtisserie, près de 80 p. 100 du personnel travaille dans des établissements occupant de 1 à 5 personnes (79,88 p. 100); dans les fabriques de conserves de poisson et de viande, plus de 73 p. 100 (73,46 p. 100); dans la confection des vêtements, près de 59 p. 100 (58,75 p. 100); dans le charronnage et la car- Tosserie, 60 p. 100.
LA CONCENTKATION DES ENTREPRISES
et des grands établissements que des petits, elle est plus du coté des grands que des moyens, et dans la hiérarchie, des puissances économiques, c’est là un élément capital.
L ORGAMSATION DE LA PRODUCTION
La répartition du personnel est un indice assez imparfait de l’état de la concentration dans l’industrie. Il y a un antre élément dont l’importance est considérable ; c’est la répartition entre les établissements industriels des forces mécaniques. Quelques indications sur cette répartition en France vont nous montrer qu’elle est à l’avantage des grands établissements (1).
Dans l’ensemble des établissements industriels emnlovant dp-?
§ 3. — La concentration industrielle dans divers pays.
En ce qui concerne les industries extractives et de transformation, divers recensements faits dans la période de temps comprise entre 1902 et 1907 permettent une vue d’ensemble s’étendant à plusieurs pays (1). L’intérêt de cette comparaison entre plusieurs pays est qu’elle témoigne d’une assez grande nniformité dans l’allnre générale du phénomène. La France est compiise paimi les pavs comparés entre eux. Les données ci-dessous exposées ne sont pas construites tout à fait sur la meme base que celles qui ont été utilisées dans les paragraphes précédents. II y entre, non pas seulement les établissements tels que les définit la statistique française (deux ou plusieurs personnes traA aillant ensem-
ntiKîipiiri? cpnrésentants de la même
La puissance moyenne en cbevau.x -vapeur, par cal grandeur d’établissements, donne une* indication analo
l’ui'îsance moyenne en chevaux vapeur par établissement.
Établissements occupant
De là 5 salarié
De 6 à 20
De 21 à 100 De 101 à 500 »
Plus de 500 »
Enfin, le calcul de la puissance en chevaux-vapeur employée I)our cent salariés occupés donne les résultats suivants ;
Puissance en chevaux-vapeur pour 100 salariés dans chaque catégorie
Établissements occupant
Lonclusion des constatations relatives à la répartition de la force motrice : la force motrice est bien pins du côté des moyens
(1) Statistique des forces motrices en 190C., Publication de^ la statistique générale de la France, 1011.
{[) Bulletin de la Statistique générale de la France, t. industries et la concentration industrielle en divers pays
ÉT.\BLISSEMENTS occr PANT
'Jj
1 1 à 5 personnes
Plus de 100
L ORGAMSATIOiS DE LA PRODUCTION
Ce (jui restort de ce fableau, c’est qu au point de vue du nombre les petits otablisseineiUs ont une énorme prépondérance. Si l’on convient d'appeler petits établissements ceux où sont occupées de une à cinq personnes, moyens établissements ceux où sont occupées de six à cent personnes, grands établissements ceux où sont occupées plus de cent personnes, il apparaît que l’importance numérique de la première catégorie est représentée par des chiffres comjiris, jiour les six pays inscrits au tableau, entre 90 p. 100 et 9/ J). 10!), celle de la seconde par des chiffres compris entre
3 p. lOO et 10 p. lUO, celle de la troisiîune par des chiffres inférieurs à 1 J). 100.
11 est vrai que dans ce tableau la proportion des petits établissements se trouve e.xagérée, comme on l’a dit, par le fait qu’on a comj)te comme tels des travailleurs isolés; aussi les chiffres ne concordent-ds pas, pour notre pays, avec ceux qui ont été donnés l»récédemment. Mais la proportion des petits établissements de- • meure très forte si on ne compte comme établissements que ceux ou travaillent au moins deux personnes : elle est encore comprise entre N8 p. 100 et 92 p. 100. La petite industrie représente environ les neuf dixièmes des établissements.
^oici maintenant la seconde question. Comment le personnel occupe esLi; réparti entre les six catégories d’établissements.» Le
tableau ci-dessous donne cette répartition en nombres proportionnels.