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LES ENTENTES, CARTELS ET TRUSTS

d’intérêts, itarlicipalions, échanges d’administrateurs entre sociétés, suffisent dans certains cas à réaliser l’unité économique : si dix ou vingt sociétés ont un nombre assez grand d’administrateurs comimins, elles sont, en réalité, soumises à une direction unique. Celte concentration des grandes affaires aux mains de quelques puissants groiqtes financiers joue un rôle important dans l’économie américaine; c’est ce qu’on a appelé le trust de l’argeid. Duel que soit le procédé juridique employé, et alors même que subsiste l’autonomie juridique des entreprises, la fusion économi(iue est réalisée, el cela caractérise le trust.

Il y a donc dans le trust quelque chose de plus que dans le cartel, l.e cartel laisse aux entreprises adhérentes leur indéiiendauce pour tout ce qui n’est pas prévu dans l’entente, el cette imhqieudance n'est pas seulement apparente, elle est réelle; chaque entreprise garde sa direction propre, ses procédés de production; seule- la liberté des opérations commerciîiles est restreinte. Ce trust nialise une unité de direction bien plus complète; alors même que la forme juridiijue adoptée jiaraît laisser aux (mlreprises leur autonomie, et cela est très fréquent, cette autonomie est jilus apparente que réelle; elle n’est que de la (hVentralisalion, chose à peu près indispensable dans un organisme très étendu el très coiiqdiqué; c’est un groupe, parfois un homme, ((uelque liardi capitaine d’industrie, qui mène l’affaire. Tandis (lue ruidté réalisée jiar le cartel se limite à la partie commerciale des opérations, runilé réalisée par le trust s’étend, le cas échéant, à la partie industrielle : le trust fermera quelques usines moins bi(m situées ou équipées (pie les autres; il imposera dans toutes les usines tel procédé de fabrication. Les hommes que le tiust place à la tête, de ses exploitations ont, en fait, le caractère économique de gérants, tandis que les membres du cartel se comportent bien cliacun comme propriétaire de son entreprise.

Il y a aux Klats-rnis des cartels à côlé des trusts. En outre, il y a certaines combinaisons d’affaires dont il est difficile de dire si elles se rattachent jilutôt à l’im qu’à l’autre type. Mais, à considérer l’ensemble, la différence est as.îez nette entre le type américain du trust et le type européen du cartel.

Entre les trusts et les cartels, il v a une autre différence dont la portée est plus grande encore. Les tiusts, en fait, lors de leur constitution, ont été un effort pour réaliser un état de monopole ou un état approchant du monopole; quelques-uns parmi les plus célèbres y ont réussi, parfois pendant un temps assez long, notani-

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l’organisation de la production

ment le trust du jiélrole; d’autres y ont échoué. Mais le trust qui n’ii jias réussi à instituer à son prolit un monopole de fait, ou (pii, après avoir institué ce mouoiiole, l’a perdu, garde néanmoins sa raison d’être : il demeure une vaste combinaison linancière, (jui a fait franchir à l’industrie une étape dans la voie de la concentration et de i’iutégralion. Au contraire, h; cartel, puisipi’il respecte rindéiiendauce indusliielle des entreprises, n’est rien s’il n’est pas un monopole de fait; c’est seulenu'nt par la maîtrise du marché qu’il peut jirocurer aux entreprises adhéri'utes l('s avantages qu’elles altend(*nt de sa constilution.

I.a jiériode d’effervescence des trusta comprend les toutes dernières années du xix*' siiVle et les années de début du xx® siècle; le mouv('ui(“nt a pris d(‘puis lors une allure {ilus calim,'. Il est de }»lus ni plus difficile aux trusts d’avoir un monopole dural)l(‘, soit à i-aisou di' la vigoureuse altitude que l’Etat a prise contre les combinaisons tnidaut au monojiole, soit surtout a raison de rimuiensité du marché américain, de la rapidité des transformations économi([ues, de l’aboudance des cajiilaux et 'les hommes disponildes pour la fondation de nouvelles entreprises. I,a législation douanière de 1913, plus libérale que les prckédenles. a été un élément défavorable aux, tentatives de monopolisation (1). U est jirolmhle ipie les trusts ont été un ithénomène de croissance ctiez un pniple jeune et d’une prodigieuse vitalité, et non pas l’ébauche, comme les cartels, d’un mode nouveau '1 organisation de la production.

l'n des asp(*cts les plus curieux des trusts, c’a été leur aspect linanciiT, les combinaisons variées et ing(*nieuses de leurs fondateurs, les spiVulations (pii (“ii (inf été l’acconqiagnemeid, dans l’àge béroïcim* des grandes affaires américaines, l.a constitution des trusts, b‘ lancement de leurs litres, étaient tout a fait projiices a d(>s combinaisons plus avantageuses à leurs firomoteurs (pi’au ]»ublic. Eue des jiratiques 1<‘S plus répandues était ndle de la surcapitalisation : si les entreprises groujiées par le trust rejiréseutent une valeur d(* 2o0 millions de dollars, on émet des actions pour ÜOO millions de dollars; c’est le waterinçi, l’arrosage (2), et cida représente la jdus-value (pie la formation du trust doit donner

tUlx (‘nhvpris<*s.

l.a douanier a l»t‘aueoiip aide a la lormalion de eei-

(1) Sur la législation (loimniere américaine tie 1913, voir l. II. liv. IV,

chap. III. ... ,1

(2) O sont, en général, les actions ordinaires qui sont tlii u'aternifjj les

actions privilégiées représentent lu valeur reelle de 1 entrepiise.

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