‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 59 sur 209 · I. OKGA.MSATION DE LA F'RODIT, TION · texte numérisé non relu

I. OKGA.MSATION DE LA F'RODIT, TION

conclu à des conditions délorniinccs jiiu' les rcglenienls et usages de bourse. Les luarches à livrer sont j>oiir ainsi dire inilividiialisés, chaque contrat ayant ou pouvant avoir sa physionomie propre. Les marchés à terme soiii coulés dans un moule unicjue, (pii est celui des règlements et usages de bourse. Les produits admis au marché à ti'rnn' sont classés tui types déterminés (pii stM'veid de hase au.v opéi'ations, et les règlements tixent aussi runité, la quantité minimum jiouvant faire l’olijet d’un marché à terme ; par e.xemple, (piintaux {lour les grains^ lof) quiidaux pour les farines, 100 ipiiiil aux pour le sucre (bourse de commerce de Paris); les opéi'ations ne {lortent fpie sur cette (piantité ou ses multiples. Les contrats à terme sont ainsi interchangea!iles,.ils peuvent t'Ire facilmiient cédés à des tiers et faire l’objet de compensations annulant rengagement pris par un engagement en sens inverse.

2" Taudis que te marché à livrer aboutit normaleimuit , aux d;des convenues, à la livraison des produits et au ])aiement du jirix, le marché à terme de bourse se dénoue le plus souvent par une contre-opération en sens inverse d(‘ la première. P.e n’est pas (lii’t'ii droit il iH' com[)ort(‘ pas les mêmes engagements jiour ractieleiir et pour le vendeur que les autres contrats, mais en fait il n'a (pi’exceptionnellement jiour ohjfd de procurer à l’acheteur la livraison réelle de la marchandise, et voici comment les choses se passent.

L’acheteur à terim> st» couvre ]iar une vente à terme à un jour tpielcon([ue entre la conclusion et réchéance de son premier contrat. Il [irévoit la hausse, (>t ayant acheté à dl francs en février pour mai, il esjièie pouvoir vendre à dl ir. dO ou d2 francs. S’il vend, en (‘ffet, à l’un de ces cours, étant à la fois acheteur et vendeur, déliileur et créancier d’un prix, il gagnera la différence entre son prix d’achat et son p'ix de vente; la comptuisation s’ojiérant entre la livraison due et la livraison promis»*, et »‘nlre les deux prix jusfpi’à concurren-'c du plus faible, l’acheteur gagne finalement l’excédent de l’un sur l’autre, dans notre espèce ü fr. ;>0 ou 1 franc par unité vendue. D’ailleurs, il a jm se tromper dans ses pr»*visions, être forcé de vendre moins cher qu’il n’a acheté, et perdre la différence au lieu de la gagner.

Le vendeur à terme fait comme l’acheteur, il dénoue son opération par une opération en sens inverse, de sorte qu’à la fois vendeur et acheteur, débiteur et créancier d’un prix, il touche ou paie la différt'iice entre les deux cours de la marchandise. Le vendeur prévoit la baisse, et vendant à 31 francs, il espère

LE CO.MMERCE ET l’oRGAMSATIO.N DES MARCHÉS '-Il

racheter à 29 fr. 50 ou 29 francs; mais, comme l’acheteur, il peut se tronqier, et la différence des cours le laisse alors en perte. Ainsi, dans le cas du vendeur comme dans le cas de l acheteur, par le jeu des compensations entre deux opérations successives et inverses, le marché à terme aboutit, non jias à la livraison de la marchandise vendue et au paiement du prix, mais au règlement d’une différence, différence gagnée par l’un et perdue par l’autre.

Il y a une techniipie très compliiiuée des marchés à terme, et ([ui [lent n».‘ jias être identiipiement la même dans toutes les bourses »le <*ommerce. 11 suffira d’en indiquer l’essentiel.

L’opérateur à terme peut liquider purement et simplement son opération : acheteur, prendre livraison des marchandises et les payer; vend»*ur, les livrer et en recevoir le prix. Il peut aussi, comme nous venons de le voir, dénouer son opération par une opération en sens inverse, ce qui est le règlement par différence. 11 y a une troisième issue jiossible ; l’opérateur ne veut ni liquidei', ni réglei' i»ar différence; il veut garder sa position d acheteur ou de A’endeur, parce ([u’il espère, en la gardant, réaliser finalement un gain. L’acheteur n’a ]>as vu venir la hausse qu il espérait, mais il continue d’espérer (pi'elle viendra un peu plus tai'd, et il désire garder sa position d’acheteur à terme; ou bien c’est le vendeur (pii veut rester vendeur parce que la baisse lui [lai'aît toujours iirohahle. L’opération qui intervient alors s’appelle rejiort; la jiosition de l’opérateur est reportée à une (‘chéance ultérieure (l).

(I) Lc,*5 oiiérations »le riqiort si* font au moyen d’une combinaison d'oiu*rations au comptant et à terme. Considérons l acheteur à terme; puLsriu'il ne dénoue pas l'opération par une opération inverse, il devrait prendre livraison et jiaver le prix, mais cela n est pas dans so»i intention et le gencrait peut-être beaucoup. Le report consiste à faire intervenir un tiers qui provisoirement, pour rintervallc de temps compris entre deux échéances, prendra charge de la marchandise livrée, et paiera le prix, et 1 operation de report revêt la forme suivante. Primus, rachetenr originaire, vend au comptant la piarchandise à Sccundus, capitaliste disposé à placer des fonds dans une opération de brève durée, et en même temps il la lui rachète à terme, à un prix bien entendu un peu supérieur à celui de la vente au comptant; les choses se passent comme si Secundus prêtait de l’argent à Primas pour lui permettre de jiayer les marchandises livrées et recevait en gage les marchandises. Les deux jiarties trouvent leur compte à cette opération : Secundus, pnisqft’il a un bénéfice assuré par le fait de la différence de prix entre la vente au comptant où il est acheteur et l’achat à terme où il est vendeur; Primus. puisque cela lui permet de prolonger son opération

L OROAMSATION DE LA PRODUCTION

l'iie aulro complication des marchés à terme vient de la distinction entre le marché ferme et le marché à prime. Le marché ferme est celui que nous avons décrit et ([ui lie définitivement les deux contractants, ceux-ci ne pomant, ou que compenser la jtremiére opération par une contre-opération, ou que faire reporter leur position. Le mai'ché à prime donne une faculté de dédit : l’acheteur à pi'ime a le droit de réstaidre le contrat en ahan- <lonnaid la prime, et il le fera si la finisse dos cours impli({ue ]K)ur lui une perte supérieure au montant de la prime; le vendeur à prime a le même droit, et il en use en cas de hausse îles cours. Kxemjile ; l’rimus achète en février 1.000 (juintanx de filé à 25 francs le quintal, livrafiles en mai. et il convient d’uiuî jirime de 1 franc jtar quintal; si, à l’échéance, le filé est à 28 fr. üO. Primiis a intérêt à afiandouner la prime plutôt qu’à liquider son opération. I.es opérateurs doivent faire connaître le parti qu’ils prennent à une date déterminée, par les règlements de fioiirse et qu’on appelle la réponse des jiriines. Le marché à piime iiermel à l’opéraieur de limiter sa jierte éventuelle, celle-ci ne pouvant pas dé{)asser le montant de la prime.

Il y a encore les marchés mixtes ou à faculté qui donnent le ilroit à l’acheteur de se faire livrer ou au vendeur de livrer, une (piantité supérieure à celle prévue au contrat, pour le prix unitaire prévu au contrat. Exemple : PrhnuH achète 1.000 quintaux de filé i>our mai avec faculté d’en réclamer 2.000; il est acheteur ferme de 1.000 quintaux et acheteur éventuel de l.ttoo autres (1).

Entre les mains d’opérateurs expérimentés, cette technique des marchés à terme j)ermet toutes sortes de comfiinaisons; les moindres fluctuations des cours sont utilisées par des siiécula-

antérieure jiisinrà un inoinent où il espèro ouo le iiiouvoinciil des cours la rendra fructueuse.

Du côté du vendeur, le report se présente sous l’aspect inverse. Il s’agit pour lui, s’il ne dénoue jias son opération priiuitive par une contre-opération, de trouver la inarehandise qu’il doit livrer et qu’il n’a pas, ayant, en général, vendu « à découvert >>.11 va donc acheter comptant ’ pour pouvoir livrer, mais il revendra à ternie; les ehoses se passent pour lui comme s’il empruntait les marchandises et les rendait à l’échéance du report. Le bénéfice du prêteur de marchandises consiste en ce qu’il la vend plus cher au comptant qu’il ne la rachète à ternie, et notre vendeur originaire, comme tout à l’heure notre acheteur, prolonge ainsi sa position spéculative jusqu’au moment où les fluctuations des cours feront apparaître une différence à son profit.

(1) Sur la technique des opérations de bour.se, consulter Champion, Manuel pratique deti affaires à terme en marchandises, 3® édit., Paris, 1907.

LE COMMERCE ET l’oRGAMSATION DES MARCHÉS 22h

leurs chendiuiil à réaliser de fructueuses différences. Qu’esl-ce donc (]ue celle uolioii de spéculation qui est, en fait, si intimement liée à celle du marché à terme.'*,

La spéculation.

Siiéculer, c’est cherclier à tirer profit des différences de prix qui, iiour un ofijet échangeable quelconque, peuvent se produire dans l’espace oti dans le temps. Une valeur moliilière, une marchandise, sont cotées, à un moment doniré, plus haut sur une place (jue sur une autre; le sjiéculaleur achètera sur la place où la chose est à jirix plus lias pour revendre sur celle où elle est à prix plus élevé. Une valeur mofiilière, une marchandise, paraissent devoir être plus chères ou moins chères dans un mois que maintenant; le spéculateur achètera ou vendra maintenant pour faire l’opération inverse dans un mois.

Dans tout éidiange où les échangistes tiennent compte de ces variations éventuelles, il y a un élément de spéculation, et il faut dire, i)ar conséquent, dans tout échange. L’opération économicjue consistant à acheter jiour revendre, i[ui est le fond de la vie éi;onomique dans une organisation de jiroduclion pour l’échange, implique nécessfiiremeut uue spéculation, puisqu’il s’agit d’aclieler au i>lus fias jirix et de revendre au prix le plus élevé. M la production agricole, ni la jtroduclion industrielle, dès lors (lu’clles sont faites i)Our le marché, ne sont étrangères à la spéculation, et elle ajiparaît mieux encore dans le commerce, jniisqu’il n’opère dans les ]«rodiiils aucune transformation matérielle. 11 n’y a pas non plus de i)lacement de capital qui ne comporte cet élément de spéculation. 0"’il s’agisse d’acciuérir une maison, une terre, uue Videur mofiilière, le capitaliste tient compte, non senlemenl du l'evenu, mais des variations éventuelles de la valeur en capital, au moins s’il est avisé et soigneux. 11 en tient conqite non seulement s’il a l’intention de revendre à lu'ef délai, mais aussi s’il veut faire un placement tle longue durée.

Mais chez l’exjiloitanl agricole, chez l’industriel, chez le commerçant, chez le capitaliste en quête de placement, la spéculation est inhéreide à une o[»ération économique (jui a. ]iar ailleurs, en elle-même, sa raison d’être et son utilité. Dans les opérations du marché à terme de bourse, au contraire, la spéculation apparaît détachée de tout acte de production ou de circulation des marchandises ou du capital, à l’étal pur jiour ainsi dire. Le commerçant qui achète à la bourse des marchandises

l’ougamsation de la production

<îu’il n’a pas l’intenlion do rovondre a sa clieidèle, dont il n’a l>as l’inltMilion de prendre livraison ]mree qne leur quantité déliasse ses besoins jirofessionnels, est nn sjiécnlatevir; de même, le oapitalisle ou le boursier prot’essionncl qui, à la bourse des valeurs, achète dos titres sans avoir de placement à faire, poulies revendre avec une différence de cours, on qui les vend sans les avoir en portefeuille pour les raciieter avec bénéfice, parce qu’il prévoit la baisse. Ce ipii fait la valeur pratique du marché à terme, c’est d’être, non pas sans doute le seul instrument possible, mais l’instrument le plus souple et le mieux en main dont la spéculation imisse disposer.

La spéculation est très sévèrement jugée jiar l’opinion populaire f[ui n’en voit cpie l’extérieur, c’est-à-dire des fortunes énormes et rapides, des ruines retentissantes, des scandales, une lutte acharnée et obscure autour du prix des marchandises et des valeurs mobilières. Cependant, la spéculation remplit d’impor-

tantes fonctions économiipies.

1“ Le spéculateur cherche à prévoir les fluctuations des cours : c’est son rêde jn-opre. Les cours du terme, expression de ces prévisions, sont donc une espèce de baromètre annonciateur de l’état lirochain des offres et des demandes, annonciateur des tempêtes économiques ou du beau temps. Prévues, escomptées nar les cours du terme, les fluctuations à venir jieuvent s’en trouver adoucies; elles n’auront pas l’allure brutale (jue leur donnerait une soudaine et inopinée modification de l’état des offres et des demandes sur le marché du comptant En ce sens, on peut dire qu’il y a dans la spéculation certains éléments de stabilisation des cours.

2" J.a spéculation lie les uns aux antres les divers marchés du même produit. Si le blé, compte tenu des frais de transport, des droits de douane, etc..., est, à un moment donné, plus cher à Paris qu’à Londres, la spéculation l’acliètera en disponible à Londres et le vendra à terme à Paris : on appelle ces opérations combinées sur deux ou plusieurs places des opérations d’arbitrage. L’arbitrage tend constamment à niveler les cours dans l’espace, et en les nivelant à répartir les marchandises de la façon la jiliis conforme, à l’état des besoins.

d” La spéculation fournit une contre-partie soit aux offres, soit aux demandes qui peuvent, à nn moment donné, être en excès sur le marché du comptant. Une récolte extrêmement abondante trouverait jient-être avec peine sa contre-partie dans la demande au comptant; la spéculation la lui fournira sur le mar-

LE COM.MEUCE ET l’oHGANISATION DES MARCHES

(■lié dn tei'ine parce qu’elle escompt»* le développement de la consommation.

4” La spéculation fournit, dans certains cas, aux operations industrielles et commerciales une assurance contre les ris(jues. Soit nn distillateur de betteraves; il a passé avec les cnltivat(Mir>, avant la récolte, des marchés à livrer en vertu de quoi il est nchelenr, à tel prix, de la (piuntilé. de betteraves à jirovenir d’iine superficie donnée (1). 11 se couvrir (Je cet achat par une vente en bourse, à terme, du produit de la distillation, avant di“ coinnnmcer les opérations industrielles; il a donc, dès maintenant, acheté et vendu à des prix déterminés et il est par la garanti contre les fluctuations éventuelles des cours qui pourraieid venir menacer son bénéfice industriel. If’ailleurs, l’industriel qui a ainsi vendu à terme, en bourse, sa production future, selon les circonstances laissera l’opération arriver à sa terminaison juridiipie noiinale, la livraison de la marchandise, ou la dénouera par une conti-e-opération qui le rendra libre de disposer de sa jiroduction, s’il trouve à écouler celle-ci à des conditions jilus avantageuses.

Voici donc nn cas oii la spéculation sert a éliminer 1 aléa d une opération industrielle. Cela est fréquent; l’industriel et le commerçant liés envers leur clientèle {lar des marchés à livrer, comnn* acheteurs on comme vendeurs, peuvent trouver sur ie marché du terme la conlre-iiartie de cette opératiion profes-

sionnelle.

Telles sont les fonctions (k'onomiques de la spi'cidation, et cela la fait voir jiar ses beaux côtés. Mais, d’autre jiarl. le

jn-ocès de la s{)éculation est facile à faire. Sans même revenir sur ce (pli était rappelé tout à l’heure et cpii dans la sjiecnlatiou émeut l’oiiinion publique, cet aspect de lutte sans scrupnles et sans merci, de fortunes et de ruines soudaines, la spéculation est la source de graves désordres économiipies. En effet, la spéculation vit des différences de cours, et si les circons-

tances n’en fournissent ]ias suffisamment, on en provmpie : rumeurs de bourse, nouvelles audacieusement lancées, juiis démenties, exploitation et exagération des nouvelles vraies; à un degré (le plus, les manoeuvres tendant à l’accaparement de la marchandise, la combinaison qui consiste à mettre la main par des

achats discrets sur tout le disponible, puis à ranç(rnner le marché. Sans doute les tentatives d’accaparement sont très dangereuses

.(1) René Franck, Le commerce de l'alcool, thèse Paris, 191t.

L ORGANISATION DE LA PRODLCTION

I ri

pum- leurs ailleurs, lu.ii seuleiiieiil en ruisoii des saiielions iiiri ■l■'|uos evenluelles, mais i.lus encore parce ,,u'elles éclioue.il

I le I > .1 lu loiile (les menues manœuvres- (pii, sans aller ius- I l a accapareinenl, secoiienl le marelié et provoip, enl des I ucili; cours. I.a spé.-iil„,i„n nous apparald nuiilimn,

Ir- eü'l '* l'inverse de ce rpie nous la mou.

iiiul sc.s louelions economiipies, cl en lait elle acite les pri.x

I ls ipiele lie les slaliilise. .Mameuvres (raudiileiises mises à ilans sou ellorl de ,, révision des cours à venir la spécu "lion peul se Iromper et ses erreurs alxiulisseul à des niietua. loiis lieaiieoup plus Iodes ,p, 'elles u'auraieul été si le spécula- ■ 1 ne s elail pas mêlé de prévoir, l'uc spéeulalion oplimisle I " exemple, ,p„ a luiissé les cours sans voir les meuaees iiro' chaïues de l'I.onzon poliliipie ou écouomiip.e, aboulil à un'etlonl 'etneu brus, pie. Eu fail, sur le marebé des valeurs corn ne l ■ In, (les marcliaudises, les cours sur lexpiels la spéculai è X exerce sou, plus agités „ue les autres. El ces erreiirs de la xpeculalion sont bien plus à craindre quand, à coté des proe donner une fouie de gens sans compéleuce se mêlent de inlu, e us du monde, renl.ers, fonclionnaires. Il y a une armée

ii::nr:;:'i:::r:r .

On ariienle souvent contre la spéeulalion un grief autrement eiau ou I accuse de fausser les cours. Si cela signifie que par des nouvelles opporlunément lancées ou d’adroites nmuœiù

dé ic i provoquer à son profit des- hausses ou

1 es baisses mon, enlanees .le pri.x, c’est simplement ce qui vient

’lelie ,1,1. .Ma, s ,1 s’agirait ,1e bien plus que cela : la spéculm ,0,1 au.a.t le j, ouvra,- ,1’agir sur les cours , l’une façon durable et ,-s cours seniieut, sur une longue pénode de temps, pa;

I en, I ,1e la siieciilalion, plus ou moins modifiés. Selon les cas on se la spé,-ulalion , l’abaisser les p,-ix ,|e les hausse,-. lia., s la pe,-io,l,- ,1e dépréssion agricole qui, pour 1,-s pays d’Eu,-„pe se place eul.-e el f.jno, ou disait aux agr.eulleu,-s que é^^était la laul,. ,1e la spéeulalion s’ils vendaient mal leur blé el leur H'Iail, ,1,-puis que, dans les p,-emières annéi-s du vx* siècle les p,-,>,l,„ls agi-ieoles avaient ,-elrouvé de hauts prix, et comme les consommateurs, a leur lo,„-, se plaignaieut, „„ faisait c-oire «pus. la .-herle, c était eneorc la faille de In sp.iculalion. La guerre a ,lo,i,„. un.' jeunesse nouvelle à ces vieux griefs; dans l’uni. 'e,-.sel ,1,-sordre economique né ,1e la gueri-e, la spéculation .a-

LE COMMERCE ET l’oRGAMSATION DES MARCHÉS

été chargée des péchés du monde; le financier el le inercanli sont devenus les condenseui's du inéconlenlfuient général.

Nous veiT'ons plus lard coinmeni les prix se forment; ils ne dépendent jias de la volonté arhitraire de (|uel((ues hommes, mais sont, en dernière analyse, déterminés par le rapj)ort des ([uanlilés au.v iM'soins (1). Sans doute, le spéculateur peul. à l’occasion, donner le coup de pouce, amplifier jmi’ d’habiles manœuvres les fluctuations des cours et, aulour du prix nornud délerminé par les conditions de la jiroduction et du marché, tracer des arahesipies. Mais il n’est jias (*n son jiouvoii* de change]' d’une layon durable le prix normal. La spéculation t‘sl bc'iuicou]» jilus l’effet que la caust* du désordre économique, el ce if’t'sl jias eu la j)oursuivanl (jut' l’oii peut laire cesseï' celui-ci. C’est cependant une des suj)erslitions économiques le plus fortement enracinées dans l’esiu'it du public que la croyance à la toute-puissance mystérieuse du spéculateur, et les gouvernements se croient obligés d’y sacrifier. La loi française du 20 avril 1910 sur la spéculation illicite est un témoignage de cet état d’esprit. Elle a donné lieu a beaucoup de poursuites arbitraires, fait peser, même sur le commerce honnête, une suspicion générale, gêné des opérations normales el légitimes. Il n’y,a qu’une chose qu’elle n’a point fait et qu’aucune loi de ce genre ne pouvait faire : elle n a pas fait baisser le prix de la vie. Il est d’ailleurs certain (jue celte nouvelle expérience ne sera pas mieux comprise que toutes celles du passé.

Dans la lutte contre la spéculation, c'est de préférence au marché à terme que l’on s’en prend parce (lue le marché à terme est l’instrument par e.xcellence de la spéculation; c’est donc la suppression ou la réglementation du marché à terme qui est discutée le plus souvent.

Supprimer le marché à terme, dans la mesure où cela supl)riraerait la spéculation, ce serait une mesure dont les inconvénients dépasseraient les avantages, puisque la spéculation remplit des fonctions économiques importantes. Mais c’est on outre une mesure dont il ne faut pas croire que l’effet, bon ou mauvais, puisse être très considérable, car la spéculation se forge, en cas de besoin, d’autres instruments que le marché à ferme. A la bourse des valeurs de New-York, qui est une des plus importantes du monde, il n’y a pas de marché à terme; la spéculation, qui y est extrêmement active, y prend la forme d’opérations au

(I) Vuir infra, livre III, cliap. v.

L OKGA.MSATIO*\ DE LA PRODUCTION

JM"' le iiycc .les reporls ,1e ],osilien Ju,i jour à l'amre

'«■ <1“ 22 j„i„ 1S.J0 a "Uerilil les opéralions à . ,e sur .'orlaiues valeurs e. sur rer, aines u.arcluMcn , |

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- . Ions les PUIS ,|ui ne soiil pas des professionnels

s "....nupeleuls ,loul les erreurs, la naïve, é, |„ pL'Ii prini,"

cerlames niesnres .l’aecaparemenl nui '"■■lien, les vendeurs à .léeouverl, ol,li,ès ,1e se prlurer à llù" P'iv ime uiarelunuhse ,,u’ils oui ven.Iue ,à 1er, ne sans l'avoi,'

<ï Kl do 1 aoheleur. *

l’o.ir (Vnrler les incompétents, la loi all.-niande de J89G a imaè-'uie le registre .le bourse, remplacé en 1908 par le registre du --■n.erce; 1 accès du marché à terme n’i-st ouvert quW^i Ü tonnes ms, .nies sur ce registre. Il y a à cela un inconvénient c < que I opération a terme étant nulle, au regard de la personne non inscrite au registre, on voit ce fait choquant que .les P'us majeurs et capables, ayant spéculé et perdu, se sou traimit aux cmisequences de leurs actes. Les regh-ments de bourse peü-

'nme' nm fab'gories de spéculateurs (détermination

l’opération à teriT‘rHernlud^

;!™>'^)L-.ns«n.tainest;;:^

llonlic les mesu,'es d'aceapa.'e.nem, la loi pénale peut édicter • es Usposilions 1,1ns ou moins rigoureuses. .Mais l'appareil de la juslu'e rep,',.ss,ve esl l.ien lent et l,icn lou,-d pour des opéi-ations auss, souples el imill, formes que les opérations de hrarse et iMd cas on ne peu, le .ueth'e en n.onvement que les tas g, axes (..IJ. Iles ■■eglenienis de I, ourse I.ien conçus paraissent

(I) Sur la législation alleman.le relative au.v bonr.ses ■ Savons Etudr

k"c., La

uns dt houise, Joun^al des économistes 1009 ^

■voir infra, li!-. 111,'eliliK v.*' raccaparcment,

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