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LA .MOX.XAIE MÉTALLIQUE ET LES SYSTEMES MONETAIRES

de commerce connues, avant de l’être par la puissance publique. La fragipe actuelle des monnaies n’est que cette jiratique de la marque des lingots, précisée et perfectionnée : les formes régulières des pièces de monnaie, la complication et la finesse des empreintes qui les recouvrent, sont une garantie contre la fraude et les altérations. 11 semble que l’usage de la monnaie frappée ait apparu au viP siècle avant l’ère chrétienne.

Les Etats aujourd’hui exécutent eux-mêmes ou font exécuter pour leur compte l’opération matérielle de la frappe. Il y a un intérêt public si puissant à ce que le poids, le titre, la valeur des monnaies soient certains que l’Etat ne peut pas, dans nos conceptions modernes, abandonner la frappe aux particuliers. Les Etats d’ailleurs ont appris par une série d’expériences qui furent douloureuses pour eux et pour les peuples que le mieux en celte matière était d’être honnête; mais les tromperies monétaires forment dans le passé un des |dus curieux chapitres de l’histoire économique.

§ 2. — La monnaie est une marchandise ; sens et limite de cette

formule.

La monnaie métallique, considérée dans sa formation historique, est uni' marchandise comme les autres qui a gieu à peu assumé le rôle monétaire parce qu’elle y était jilns apte que les autres marchandises. C’est cette formation historique qu’on exprime en disant que ia monnaie est une marchandise (1). La formule a encore un autre sens: elle résume l’insuccès des tentatives faites par l’ancienne politique monétaire, dans la plupart des Etats, pour fixer arbitrairement la valeur des pièces de monnaie. En France, par exemple, il y avait une monnaie de compte, la livre, en laquelle l’Etat tarifait la monnaie réelle; il achetait le métal, frappait des pièces de monnaie de titre, de poids, de modèle variés, et leur attribuait une valeur en monnaie de compte; il changeait celte valeur, l’augmentait ou la diminuait, selon les intérêts du Trésor (2). Mais il ne réussissait pas à faire accepter du public les monnaies réelles pour une valeur supérieure à la

(1) Notre collègue Nogaro a critiqué la formule de la monnaie marchandise dans divers articles, notamment L'expérience bimétaîliste du A7.Y® siècle et la théorie générale de la monnaiej in Revue d'éconorriie politique, 190S, et Les dernières expériences monétaires et la théorie de la dépréciation, ii\\ Revue économiqtte intematioiiale, 1908.

(2) Landry, Essai économique sur les mutations des monnaies dans Z’ancienne France de Philippe le Bel à Charles Vil, Paris. 1910.

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LA monnaie, le crédit ET LA FORMATION DES PRIX

valeur marchande d„ métal fm qu elles conteuaieni. Ainsi peu peu s est formée I idee que la valeur d’une pièce de monnaie n esl pas quelque chose que l’autoiilé publique peut lixer à sa

gmse, que la monnaie vaul ce que vaut le ,„6tal dont elle est bute; la monnaie est une marchandise.

l.a uoliou de la monnaie marcliamiise a conduit la plupart des nais modernes a a.lopler le principe de la frappe III, re li frappe ne, cc d ne sigmlie pas que l’opéralion matérielle de la fraripc -s* etre ,a„e libre,., eut pa,. les parliculiers, .nais senleS que le (.ossesseur d un hngot de mêlai monétahe a le droit de le porter aux hôtels des Monnaies exploités ou c„nl.-olés pa l’E, I de le la„-e trausfonuer en monnaie. n’acl.ète ,,as s

u,gols pour les lai,e frapper; il frappe le mêlai qu’on lui apporte n est donc pas lui qui règle la quantité de monnaie en circucilion, mais elle est déterminée par les apports librement faits Les fondions monétaires de l’Etat consistent à choisir les métaux numetaires, a fixer la dénomination, l’effigie, le modèle, le poids, t ' lie des pièces; ce sont les possesseurs de métal, pratiquement

ne ilVnh'e seulement, ou même seulement

IXls ::: approvisionnent de matière première les

1-a conséquence du principe de la frappe libre est que la monnaie rappee et le lingot ont la même valeur, sauf la légère différence hais de fabrication (1). Encore y a-t-il des pays, par exemple - ngleterre, ou 1 Etat prend les frais à sa charge. Il y a identité • e 'valeur des lingots et des pièces de monnaie, puisque moyennant des frais légers le lingot peut être transformé en monnaie et

En fait, aduellement, le principe de la frappe libre ne s’applique qu a 1 or. Il ne s’applique pas aux monnaies de billon formées de bronze, de cuivre ou de nickel. 11 ne s’appli.pie plus emnme nous le verrons en étmliant les systèmes monétaires, b aigent, meme dans les pays comme la France, où certaines môiinau's d argent ont gardé pleine force libératoire.

La formule de la monnaie marchandise ne doit toutefois pas •-•Ire prise dans un sens trop étendu. La monnaie est une mareban-

h) .Vil contraire, Ih où la frappe n’est pas libre, il est possible oue la lonna.e acquière, dans certaines conditions, une valeur supérieure à celle •1» métal : c’est le cas des pièces françaises de .o francs; e’est iP cas drîa upie d argent dans 1 Inde anglaise. .Mais cela n’est possible que dans cer-

P-ér.iîu' et .le change international. Cela’

n e. t plus \rai dans les circonstances actuelles.

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