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LA MONNAIE MÉTALLIQUE ET LES SYSTEMES MONÉTAIRE

Ce régime a été notamment celui de la France jusqu’en 1878. La loi du 17 germinal de l’an XI consacrait, il est vrai, la prépondérance de l’argent en définissant l’unité monétaire, le tranc, comme un jioids d’argent de o grammes au titre de neuf dixièmes. Mais elle admettait la frappe libre pour l’or et pour l’argent; elle conférait aux monnaies d’or et d’argent le pouvoir libératoire illimité; elle établissait entre les monnaies d’or et ies monnaies

M 'argent un rapport légal de valeur, le rapjiort de — — , le kilogr.

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il’or monnayé étant considéré comme valant lo kilogr. et demi d’argent monnayé (1).

Le.inononiétallisme est un système plus satisfaisant pour l’esprit que le bimétallisme. Puisque la monnaie est l’instrument de mesure des valeurs, une seule monnaie doit remplir cet office; il n’y a dans chaque jiays qu’une unité de mesure des longueurs, ou des {joids, ou des volumes; pourquoi deux unités de mesure des valeurs, l’une fournie par la monnaie d’argent et l’autre par la monnaie d’or? Pour ramener ces deux monnaies à l’unité, en tant qu’instniinents de mesure des valeurs, tout système bimétalliste doit les lier par un rapport légal de valeur, tel en France

le rapport - Mais l’institution d’un rapport légal de valeur

ne peut pas se concilier avec le principe que la monnaie est une marchandise; si la monnaie d’argent est une marchandise, son prix est variable, alors que le rapport légal est lixi*. Le métal or et le métal argent ont entre eux, sur le marché des métaux précieux, un rapport commercial de valeur qui ne peut être que pour un temps le même que le rajiport légal. Ou bien il faut faire varier le rajiport légal avec le rapport commercial, et alors il n’est plus d’aucune utilité, ou bien, si on le maintient fixe, alors (jue le rapport commercial varie, d’équilibre du système bimétalliste est rompu. En fait ce sont les perturbations déterminées par la discordance de ces deux rapports de valeur, légal et commercial, qui ont contraint à renoncer au bimétallisme les Etats où le svstème avait été institué. L’histoire du svstème monétaire français nous éclairera i)leiiiement sur ce point (2).

(1) Le rapport 1 0=15,o0 A n'était pas directement inscrit dans la loi, il

résultait du fait que la loi prévoyait la taille, dans 1 kilogr. d'or au litre de 11/10, de 151) pièces de 20 francs, soit une valeur monétaire de 3, 1(X) francs; d'un autre coté, dans 1 kilogr. d'argent au titre de O/IO, il y a 1,000 : o = 200 pièces de 1 franc. Donc I kilogr. d’or vaut monétairement 15,50 kilogr. d'argent. ^

(2) Les difficultés (jui se sont produites en France avaient bien été prévues par le législateur de l'an XL Le rapport 1 0 = 15,50 A n’avait pas été arbi-

LA MONNAIE, LE CRÉDIT ET LA FORMATION DES PRIX

La concurrence entre les monnaies et la loi de Gresham

Lorsifue, dans im système monétaire bimétalliste, le rapport lé*:al de valeur institué mitre la monnaie d'or et la monnaie d'argent n’est ])liis identique au rapport commercial de valeur entre les deux métaux, rune des deux monnaies vaut nécessairement plus comme métal que comme monnaie, et l’autre vaut nécessairement moins. Si la valeur commerciale du métal or est telle que 1 kilogr. or = lit kilogr. argent, et si le rapport légal est 1 kilogr. or = 15 1/2 kilogr. argent, l’or vaut jtlus comme métal (}ue comme monnaie, dans ses relations avec l’argent; si le rapport commercial eijt l kilogr. or — 15 kilogr. argent, c'est l’inverse. Apj)e!ons bonne monnaie celle qui a une valeur commerciale supérieure à sa vabuir légale et a|)pelons l'aulre mauvaise monnaie.

Do nombreuses expériences ont démontré que la bonne monnaie, en concours dans la circulation avec la mauvaise monnaie, se raréfie et tend à disparaître, ce qu'on exprime brièvement en disant que la mauvaise monnaie chasse la bonne: c'est la loi ajipelée loi de Gresham (1).

traironicnt choisi; c’cst le rapport commercial de l’époque entre le métal or et le métal argent, et les auteurs de la loi ne considéraient pas que, ce rapport commercial venant à changer, le rapport légal dût être invariable; dans leur jMMisée, il fallait, le cas échéant, refondre la monnaie d’or pour adapter le rapport légal au rapport commercial. Mais cette opération eût été incommode et coûteuse, et elle n’a jamais par la suite été considérée comme un remède possible aux inconvénients du bimétallisme. On peut concevoir aussi un système monétaire où l’or et l’argent seraient frappés librement et auraient pouvoir libératoire illimité, mais sans qu’un rapport légal de valeur fût établi entre les deux monnaies : bimétalUsme sans rapport légal, dans lequel le cours de l’une «les monnaies varhî par rapport à cellp qui a été choisie pour exprimer Limité monétaire. C’était le système adopté par la loi du 2H thermidor an III. Il n’est guère compatible avec les besoins du public.

(1) Thomas Gresham, au xvi® siècle, en Angleterre, a observé que des monnaies de frappe récente et de bon aloi mises dans la circulation ne I)onvaient s’y maintenir et qu’on n’y troinait toujours que des monnaies plus anciennes, usées et altérées : la mauvaise monnaie chassait la bonne. Son nom est resté attaché a ce phénomène économique, mais l’observation avait déjà été faite dans l’antiquité. Aristophane, dans Les grenouilles^ dit t( «pi’il en est, à Athènes, des bons et honnéh'S citoyens comme de l’or ancien par rapport à la nouvelle monnaie. Les vieilles pièces sont d’un excellent titre... cependant, nous leur préférons ces mauvaises pièces de cuivre tout récemment fondues )>. Dans le cas d’Aristophane, la bonne monnaie, c’était 1 ancienne; dans le cas de Gresham, c’était la nouvelle; mais le phénomène est le meme.

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