‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 81 sur 209 · U :IT · texte numérisé non relu

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iüO LA MONNAIE, LE CHÉDIT ET LA KOUMATION DES PRIX

rirando-Rrelagrip 145-lüO

Elats-lnis 135-140

France 108-115

Allcinagiic 100-110

Russie 3i-35

Aulrielie-iloiigrie 25-20

Italie 16-18

Japon 14-16

Autres pays 50-65

nuanl aux émissions annuelles île valeurs mobilières, elles variaient, dans les dernières années aidérienres a la guerre, entre 15 et 21) niilliards de franes. I.a giu'riv id les eonséijuenees de la iuierre ont énormément aeeru les émissions de titres, soit pour les besoins des Etais, soit jiour ceux des rntî reprises. Pour ne citer i[ue (juebiues chiffres concernant la France, les reides de divers lypes émises di'pnis 1915 forment un capital nominal de 9(» millartls de francs; dans la seule année 1921. il a été émis, en actions et obligations, des titres j)our une somme gloliale de Ib.ion millions de fiaiics 'non comjirises les émissions d<‘ bons et Obligations de la défense nationale, soil près de 2d milliarils de francs).

Deux organes principaux consI Huent le marche finamder : la bourse et la bantiue. l.f‘s bourses fie valeurs sont b' marche a proprement parler, le lieu où se font les négociations; en c<' qui concerne buirs opérations, leur l'ole, la lerhni([ue fies operations ((ui s’y traitent, il y a lieu de se référer à ce oui a été dit fies bf)urses de (‘OiunuM'ctL Oe n’est ]>as fju51 n’y ait dt*s flifffM’tuicf's entre les unes cd auhf's, (vunnie il y fUi a d ailbmrs milrt* b‘s boursf's d(‘ comnuu’cf* ou fie valeurs df*s divers pays. ()u pourra uol(U‘, pai' t‘xemple, en ce qui concerne la France, f]ue flans les bourses de valeurs les intermédiaires ont un caractère officiel : ce sont les agents de (diange, officiers ministériels nommés j)ar dén-et, investis d’un monopole j)our la négociation fies valeurs cotéf^s, tandis que ilans If'S liourses de commerc(\ ce sont des syiiflicats privés qui organisent le marché. Ce qu’il y a d’un peu étroit dans cette constitution officielle du marché d(^s valeurs s’est manifesté par la création, à c(Mé du marclié officiel, d’un marclu libre (Voulisse, marché en banque) où se font, sur certains groupes lie valeurs, d’actives négociations ('!). En ce qui concerne la technique des opérations, on notera aussi ceilaines différences: à la

(\) Sur Forganisation du luarohé financier h Paris, on trouvera des notions tri's précises dans une excellente étude de M. E- Aidai. Lci houvsc des voleiivs wohUières^ Paris, 1017.

honrse des valeurs de Paris, les règles du marché à terme sonl défavorables au veiid>‘ur; c’esi ainsi que l’opérai ion à jtrime, qui jiermel d(‘ limiter la jierte ]>ar avanee (voir supru, Ut'. Il, chait. vi , n’esl permise (pi’à l’acliPteur, non au vendeur, souvenir du leiup" où, la houise ne traitant que lt‘s fonds d’Etat, le vendeur à ierme, le huissier, élait cousiiléré (“omiue nue sorte d’ennemi public.

Ea diffén'iice la plus iiujiorlante entre bourses du commuirp <‘l bourses de valeurs, e’esl que le rôle de celles-ei est jilus élmidu. llaiis lus bourses de commeree ne se traitent que di‘.> opérai tous d’une eertaiue iiujiortance; en outre, les affaires au comjilant ou à livrer se fout souvent hors bourse; ee qui caraetérise la bourse, c’est le marché à Ierme; entiii il ii’y a jias <le bourses de eouimeree pour toutes les marchandises. Les bourses de valeurs, au eoiilraire, sont le seul ou à peu jirès le seul marché des valeurs mobilières; on y traite les affaires au complani eomme les affaires à Ierme, et aussi, peut -ou dire, puisiiue b s affaires au eomplaul jiorleuf souvent sur de très jit'liles (jiiaulilés, les opérations au délail eomme les opéralious dt' gros. Les tiour.ses lie valeurs iulért'sseiil , au moins direcbuueul, bien plus de persmiues (]U(' les bourses de commerce.

nuaiil à la bampie, dans b* eommeri'e des valeurs mobilières, sa fouelioii ii’esl j»as la négocialioii des valeurs existantes, mais rémission des valeurs nouvelles. Eu l^lat veut émellre un emju'unl; tine société, pour s"e fonder ou s’agrandir, cherche à placer ties actions ou des oliligalioiis. Etat t'I soeiété peuvent, dans certains cas, vt'udre buirs liirt's direeteuieul au public; c’est ee ipie fait, par (‘xtuiiple, uii Etal comme l’Etat fraueais, dont le crédil est solidement assis et (pii dispose sur tout le terriloin* de imdtiples guicbels (]ui s’oiivn'id pour recevoir l’argent dc'^ soiu eripleurs. ^lais, la plupart du tt'iups, la baïupie esl un inlermédiairt* tout désigné et dont les services sonl précieux. Une bonne organisation bancaire dans nu [tays rieiie rejtrés(“uto uiit* immense elienlèl(>, elîenlèb' de dé}iosanls, clientèle d’t'scomjtle, gtois (jui ont tin eomjile eu bampu*, qui font faire par la banque hoirs ('ucaissemeuls et leurs dt‘caissemenls, f[ui ont riiabilude des guichets d(‘ la baïujue. Il est iialurel qiu' b's Etals ou les soeiélés ipii (Oit (h‘s lilri's à placer s’adrt'sseiil aux banques et cbercluoil juir elles à alleiudn' ei'lti* clientèle.

r.e rôle d’inlerméiliaire pour le |)lacemeiil des valeurs mobilières, les banques peuvent le jouer de différeuli's fa<;ons, (]ui S(î ratlaebent aux lypes suivauls ;

T. — Kcun. pot. — I. 2G

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.4 i-2 LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

a) l.a biUKiiie u’ost (lu’im coimmssionnaire; elle ouvre ses guidiet^; met sou i.rgauisaüon et son iulimnee, luoyeunant une réim.’uéMatiou eouveiiue, au service de l’Klai ou de la société qui a des titres à placer; mais elle iie garantit pas le placement, celui- «■i se faisant aux risques et pour le conqde de remetleur. ^

b) La liamiue prend remprunl en bloc et se charge a ses risques et pour sou compte, de le pla<-er dans le paihlic. (- est la méthode UMielle. La hampie est alors cunq.arahle a un coinmei-

qui achète nue marchandises pour la levemlre d); son henelire éventuel consiste dans la différence entre le prix d achat et le prix de vente : une hanque qui a lins des ohhgations a 43(1 francs les offre au puhlic à 4(10 francs. Le risque est que l'émission ne puisse se placer que mal -d (pie la hampie s(iit forcé(> de garder plus ou moins longtemps des titres (lont le puhlic ne veut pas. risipie, dans certain.'S périodes sérieux.

Pour h's émissions importantes, il «e forme des syndicats, des m-onpements de hanques. Il s.> peut aussi que les hampn^s ne nreiinent pas tout de suite tous les titres qu’il s agit d oftrir au piihhc: elles i.renneiit ferme une partie de l’empnint. se reservant pour te reste ce ipi’ou appelle une opUon, c’est-à-dire le droit de le [irendre, si elles veulent, jusqu’à une certaine date.

I/offre des titres au iiiihhc peut être échelonnée sur une longue ].ériode; c’est le procédé des ventes snnmssives ipii dureront tant «pi’il V aura des titres à placer, ventes qui se font, soit à la hours.', soit aux guiidiels de la hanque; tanti'it alors \e^ prix est le nièine tout le long de la jiériode de souscription, tanti'it il varie un roiirs de la pi'riode selon l’état du marché et le degré d’empressement du imhlic. Ces émissions à robinet ouvert ont (Me. depuis les pnuniers temps de la guerre, le inocédé emidoyé pour 1,> plarenient des valeurs du Tivsor. Les hellig(M'ants, ayant hesoiii de sommes énormes et constamment remmvi'h'es, vendanmt des Pons du Trésor à tous les gniidiets de leurs comptables (M à tous les guichets des hamiues. En France, rémission à rohimM ouvert

coiilinne (‘iicore aujourd hui.

Pour leurs (‘inprunts mi rentes, les Etats i'niploi(UU de ]ueference le procédé consistant à ouvrir une souscription pour une

n) Il y n (’cpondani une différence iinportioife. Le commerçant qni a ,„a.rliandise pmir la revendre doit en payer le prix ?i son v,.„d.-nr et entre eelni-ei et. le pnldie .pii achète de seconde main il n y a aucnii lien de droit. Au contraire, la hampie s’cn?age seulement à trouver souscripteurs; si ceux-ci ne font pas par la suite, aux dates fixées, les versements exigibles, en règle la hampie n’est p as responsable.

période liinilée. Dans les habitudes (ravant-i^ueire, c était une période brève, souvent une seule journée, et détciininée d avance. Pour les énormes emprunts éniis au cours de la guerre et depuis, (Pautres habitude ont été [trise<. 1/Etat français, dans la majorité des cas, a ouvert la souscriidion jtoni’ une somme eu renies non limitée a Pavauce el sans dire combien de tem{»s la souscr ijilion durerait, se réservant de la clore t|uaml il (‘sliinei'ait avoir drainé toute Pépargne disponible h ce moiiïent.

La pratique des emprunts à montant non délerminé (Pavance se comprend très bien en cas de guerre. Mais ce iPest pas la jualicpie des épotjues normales. Vu Etal ou nie* société qui offre des lili'es au public en offre une ejuantité déteianinée, de sorte qu'il peut arriver (]U(‘ le nombre de litres demandé suit ]ilus grand «pie celui des litres à émettre, et il faut réduire les souscriplions offertes. Cela peut se faire de diverses manières (1).

Le rôle de la bampie en matière d’émission souvent (‘ommence avant Pémission des titres et se pi'olonge après. Il (aunineiice avant : PElat emprunteur, la société, ont li'onvé à la banque un appui dans des temps difficiles ou pour un acte important de leur existence; la l)anqiie leur a fail, sur ses fonds disponibles, des avances; c'est pour rentrer dans ses débours et jtour dégager ses fonds que la l)anque pixqiose et fail Pémission qui va reporter sur le pnl)lic la charge du [trét. Tl ^e prolonge après : les litres ont trouvé preneur, au moins en partie; il fani soutenir les cours si (juelque circonstance en menace la fermeté. Tl serait fâcheux que la marchandise vendue an jmblic iSO francs ne valût i)lus, quelque temps après, que 430 francs ou 440 francs; cela ]»ou!‘i‘ait jeteidu discrédit sur les futures émissions de la banque el nuirait au placement de Pémission actnelto si le public n’a pas du ]»remier coup pris tous les lilres et qu’il on reste à écouler; la l»au- ([ue veille sur les cours, intervient ou fail intervenir, s’emploie h maintenir autour des titres nouveaux vrnus la confiance et la sympathie.

Sur le marché financier comme dans les bourses de conumu'ce, la spéculation agit. Les procédés de la spéculation, son action sur les cours sont sensiblement les memes sur les deux marchés.

(I) On îvdnira tonto.^? les demandes dans la même proportion, ou bien on appliquera une réduction plus forte aux grosses souseriptions qu'aux petites. On peut aussi donner la préférence aux souscripteurs qui offrent le prix le plus élevé, ou fi ceux qui acceptent certaines conditions restrictives, par exemple la condition de ne pas A'endre les titres avant un certain délai.

LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

11 y U oo{.eii(lant dos diffôroncos. Le marclié à terme de bourse IHMtr b‘s iiuireliandiscs l'ouruil, dans eertaiiis cas, une eoiilieliarlit' à des opéralioas eommereiales efl'eelives et iiermet a un eidrepnmeur do se eonslilurr nue sorte d’assnraiiee eonlre les riscjnes de ses opérations professionnelles; il > a la une fonelion a<sez eiiriense du marché à terme, qui conduit a une division du travail rejetant les risques, du commerçant ou de l’industnel, sur les spéculateurs de profession, la's bourses de valeurs ne doniienl pas matière à des opérations de ce penre; cepcndaid le marché à terme n’est pas, comme on le croit soiiveid, 1 instrument ('xclnsif de la spéculation à la rerdierche des « différences »; il arrive que des ordres d’achat ou de vente qui n’ont pas la spécnlatiou pour objet ne i»euvent être aisément exécutés que sur ce marche. D’autie part, la siiécidation, dans les l)onrses d(> valeurs, a un rôle important à jouer lors des émissions de lilres. Quand des émissions nombreuses et portant sur une m'amie quantité de titres ont lieu, il se peut ipi’il n’y ait pas au inènit' moment une éparpne assez aiiqile pour alisorlier ces titres, les disponibilités du marché ne se forment que pradueileim-nt et ue peuvent jias toujours fournir la contre-partie immédiate des titres offerts. La spéculation intervient; elle jireiid les lilri's pour ainsi diri' tm pension, et n> n’est que pradiielimnent que les titres eidr.'ronl dans le portefeuille des acheteurs effectifs, d(> ceux qui achèlmit pour faire un placement d’une certaine durée; quand toute l’émission est aux mains de n's achcl('urs effectifs, on dit ah't's qu elle est classe»'.

Un marché linancier hit'ii orpanisé rend à un pays de prands services. Pour les anpiéreiirs évi'iitiiels et les possi'sseurs de val.mrs mobilières, il y a intérêt à avoir un marché larpmnmnt assorti, où sont cotc'es des valeurs de toid<>s sortes, où les népociations sont anqih's et aiséi's. Lt c’est, d autr»* part, un t'ieiiu'nl de imissance l'conomiipie : un marché sur le»|uel les pieuples étranpers désir.'iil obtenir la cote de leurs .'iniirimts ou des lilres d(‘ h'urs t'nlr<'pris»'S doiiiii' au [lays (pd le possèd»' une inlhience <]ui peul se faire sentir dans d’autres domaines et conirihne à

assurer sa situation dans 1»' monde.

Au rôle des banques <m tant ipie commerçants en valeurs mobilières, il faut joindre leur rôle comme dépositaires de ces valeurs. Le dépôt des valeurs mohilièri's dans les banques a pris de 1 importance à mt'sure que, s’accroissait cette forme de la richesse ]iriv('e. L’est un service qui offre à la clientèle l’avanlape d éviter les risques qu’un porteur de lilres court à les parder chez lui; il V a. il l'sl vrai, le risque d»' détournement par la hampie elle-

même qui est parfois un dépositaire infidèle, mais il est i)rati»iuement nul si h; déposant fait, choix d’une banque sérieuse. La banque dépositaire s»' charpe, outre la parde des lilres, de r»*ncaissenient des coujkhis, des n'nouvellemt'iils de lilres ou de feuilles de coujions, des vérifications d»' tirapi's, d»'s rend)Oursements de titres amollis; elle ri'çoil <‘t fait exécuter »'u bourse les ordres d’achal et de vente; bref, c’est non seulement une parde, mais un»' péran»'»' d»^ titres. Outre les commissi»)ns diverses auxquelles ces ojiéridions donnent lieu, la banqut' trouv»' à »•»' s»‘rvice l’avantage que le dépôt »le litres se double »l’un déjiôt »l’arpent, alimeidé par l’em'aissement »les coupons. Puis, les fonctions »le pardieu apjtelù'id »lans une c»*rlaine mesure c» Iles »le cons»'ill»'r, et quami il y a »les émissions »!»' valeurs à faire, la imissance de placement d’un»' ban(}ue s’a])pnie sur l»'s mullijdes puicliels ouv»'rts en tout temps iionr accueillir les titres et l’argent »lu public et où celui-ci, »'ii même temps qu’il apporte l’un et les antres, vient volontiers chercher des indications et »les directions. Le rôle, en ap])arence modeste, »!»' par»li»'n .se trouve ainsi lié au rôlf' plus ample »le comim'rçant en valeurs mobilières que jouent les banques.

Av»'c les valeurs mobilières les bamjues reçoivent encore »rautres objets en gard»', par »\xemple »l»'s bijoux. Elles offrent aussi au public »l»'s coffre-forts, où le locataire met ce qu’il veut: ses litres, s’il ne veut pas en confier le service à la banque, ses papiers »l’affaires, jiapiers de famille, etc... Les banques nio»lern»'s, avec b'urs aménapements perfectionnés, sont comme »rimmenses serres où sont rass»'inblés ces titres multicolores, fomls »l’Etat, obligations, actions, qui constituent des droits à des Ventes, intérêts, dividendes, et où sont abrités bien des secrt'ts qui touchent aux relations d’affaires, »le famille, de fortune. Celte concentration toute matérielle d’une grande part d»'s fortunes privt'es offre au fisc de grandes facilités pour la perception »les imp»'»ts.

LES PRINCIPAUX TYPES D 'ORGANISATION BANCAIRE

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