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LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

oi'igine le fait que les billets se subslituent auloinaliquement a Tor dans la ciirnlalion; les ban(|iies, eoinine cela a été expli([ué, donnent des billids a l'oecasion des esn>mptes et des avances, et gardent l’or que le publi'* trouve d’un inanienuuit moins <-oinniode que le papier. Mais, (rautonmf iipie, celle fonction (raccuinulateur d’or est devenue consciente et voidiu*, encooragée et niéine morab'iiuail imposée ]»ar l’I^lai. Toutes les bampu^s d émission iU‘ sont pas égaltunent ]U‘opi‘es a la i‘eiii|tlir; elli' ne peut eire le fait (jue des banques invesli(*s d’un privilegt\ sinon d’un jiiâvil.ège absolu, au moins d’uiu' situai ion pi éémim‘iil(' : l \ pe de la banque de Franct', de la bamiue d’AngleleiTe, de la ll(‘icbsbank, des banques féilérab*s de réserve aux Klals-Fnis. A la lin de 191d, le stock d’or ac(*umulé dans les pi'incip.iux instituts d (‘mission du monde <‘utier dépassait 24 milliards de francs.

I..a gueiT'(‘ a déterminé de gï’ands ehangenumts ilans la ré[)artilion de For dans le monde (1). I/Kurope s’(‘st ap]>auvrie en or, FAmérique et FAsie se sont (‘iiricbies. Fn 1913, les l>anques des ïu'ulres (‘t ladligéranls (TFuroj)e détenaient enstnnble A) ]). lUO des réserves visibles de métal; à la fin de 1921 ell(*s n’en détenaient ])lus que 43 ji. 100. Dans la même jïériode de temps b‘s résiM’ves déttmues par les Etats-Unis, la Réj)ublique argentine (‘t le Japon ont passé d(' 24 p. lOO a 32 p. 100 d(*s réserves mondiales visibles; pour les Etats-Unis seuls, la ])roporlion a passé de 17 J). 100 à 37 i>. KKI; le dollar or américain est d(‘venu un des tyrans du monde.

En Europe les neutr(*s et les b(‘]ligérants n’ont j>as suivi le mémo sort. Les neutres, Scandinavie, Danemark, Suisse, Pays-Bas, Espagne, loin d’avoir perdu du métal, en ont gagné; tandis qu en 1913 leur j)art dans les stocks visibles d’or n’était que de (i 2- p. 100, elle s’élevait a 13 '* p. 100 a la fin de 1921. Ils détiennenl, dans leui's banques, 3.200 millicms d’or, au lieu de 1.280 millions avant la guerre. Le groupe qui a le plus perdu d’or est formé par la Russie, l'Allemagne et les Etats successeurs de FAutricbe-IIongrie; la ]>art de ces Etats dans le stock (For visible du monde est 1oinl)ée de 33 p. 100 à 3 h p. 100. Quant au groupe formé ])ar l’Angleterre, la France, la Belgique, 'Ct Fllalie, sa part dans le stock mondial s’(‘sl accrue en chiffres absolus (8.848 millions contre 0.123) et en chiffres relatifs (24 p. 100 contre 20 p. 100); mais c*‘t accroissement dans les

(I) Rist, Le retour à For, 7}uitérieh).

1022 Œxtnut du Mouiteiir des intérêts

LES PRINCIPAUX TYPES d’oRGANISATION BANCMRE

réseives visibles est diï tout entier à la concentration (jui s’i'sl laite à la Banque d’Angleterre. En réalité, dans ce grouj)e de ])ays, la cireulalion intérieure s’est vidée de son oi au profit des Baïupies d’émission, et ils sont moins lâches en or qu'avant la guerre (1).

Le bouleversement produit par la guerre dans la lépailition de l’or a été accompagné d'un autre jtliénomènc déjà éludié, l’émission de billets à cours forcé. Sous la marée montante du })a])ier l’or a été submergé; dans r('ns(‘inble du monde, la pi'oporlion de l’or au.v billets a énormément diminué. Elle est tombée de 59 ]). 10 à 0.00 p. 100 dans les Empii'es centraux; dans le groupe formé j)ar l’Angleterre, la France. l'Italie et la Belgi(pie, elle est 1ond)ée de 71 j). 100 à 11 j). 100. Par contre elle a augmenté chez les neutres d'Europe' <50 p. 100 fin 1915, 55 ]). lOO fin 1921), aux Etats-Unis (00 p. 100 fin 1915. 74 p. 100 fin 192U, et au Japon 052 p. 100 fin 1915, 100 p. 100 fin 1921). Mais il y a, au total, dans l’ensemble du monde, une marge beaucoup jilus grande qn’avant la guerre entre l’or et le jiapier.

La mauvaise répari ilion de l’or et l’emjiloi du papier non ('ouvert par l’or sont le principe des désordres monétaires dont b' monde entier souffre maintenant, dont souffrent les jiays riches en or comme CfUix qui en sont mal pourvus. Ce qui se passe dejniis 1914 montre bien l’inanité, au moins dans les conditions économiques actiu'lb's, des conceptions selon lesquelles le iH'rf('('lionnement du crédit, nous ramenant au troc, rendrait la nionnai(' métallique inutile. Merveilleux, mais fraeile, l’édifice du crédit ne peut durer que bàli sur de fortes fondations métalliques. La monnaie métallique semlile parfois, dans le train ordinaire des choses, archa'ique; mais vienne une cris('. une panique, une guerre, et il apparaît que seul l’or, portant en soi sa valeur, donne aux hommes le sentiment de la sécurité, l.e stock d’or des banqiu's d’émission soutient en tout temps l’édifice du crédit et doit être à la mesure de celui-ci. Il est aussi une réserve pour les circonstances graves où peut se trouver engagée la vie nationab', notamment pour le cas de guerre: il y a une préparation financière à la guerre, comme une préparation militaire. Enfin, il intervient

(1) Lp stock (î'or (le la Ranqiic rlc Franco etnit, h la fin do 1013, flo .3.507 millions; à la fin do juillet 1014, il s’ôtait élovo à 4.104 millions; à la fin do 1021, il ôtait do 3.575 millions (non compris For l\ l’étrangorV Ri la Banque a pu maintenir son stock d’or, maigre les envois d’or qu’elle n faits à FtHranger. c’est parce que la « campagne de l’or » a fait rentrer 4Îans les caisses 2 milliards et demi.

4zH la MONNAIî:, le crédit et la formation des prix

dans le Tègl('im*nt des relations économiques internationales,, ainsi que nous le verrons plus tard.

2” (ionsidérées dans leurs fouet ions de liaïupies de réserve, les l)an(|ues d’émission, outre des aeeumulateurs d’or, sont aussi les orgaiK's régulateurs de la vie économique, dans la mesure où celle-ci dé|iend de la facilité du crédit. Nous avons dit quels étaient les effets des variations dn taux de l’escompte, qui peut être considéré comnn' svnthétisant les taux d’intérêt des diverses avances à coiu't terme que font les hanques. Or les banques d’émission, au moins celles ({ui ont une situation prééminente, coinnii' la Banque d’Angleterre ou la Banque de France, exercent une influence décisive sur It' marclié de rescomi)te, non seulement à raison de leur j)uissance nnancière et d<' leur situation morale, mais pour une raison plus précise : elles détiennent la majeun' partie des moyens de règlement. Accumulateurs demonnaie métalliipie et fabricants de monnaie de jiapier, les ban- ([ues d’émission sont pour les autres banques des réservoirs où celles-ci jteiivent, le cas échéant, puiser les moyens de règlement ([lie la clientèle leur demande. Une bamjne de dépi'its qui a des efù'ts de commerce en portefeuille jieut se pr(<curer des ressources en faisant réescompter ces effets à la banque d’émission; cetteévmitualité dn réescompte doit incliner les ban((ues de dépiîts à conformer leur taux d’escompte à celui de la lianque d’émission. Quand une banque comme la Banque d(> France, la Banque d’An Ldetm-re. la Beiebsbank, fixe son taux d’escompte, ce qn’on appelb' le taux officiel, cela. est pour les autres banques une indication; le inarebé libre de l’escomiite subit rinflnence du marché officiel formé par les banques d'émission; le taux sur le marché libre est en général inférieur à celui du marché officiel, mais le suit dans ses variations (1).

Par leur [lolitique d’escompte, les banques d’émission sont, pour le maiclié commm'cial et financier, im principe de coordination;

(I) Toutt'lViis la direction du niarrhc de l'e-îCGnipte a échappé en partie aux banques d'émission. Cela est la conséquence du développement des dépôts en hamfue, de la formation fie puissantes bampies de dépôt admirablement outillées: rémission des billets n’exerce plus l’influence décisive fl’antan sur le marché du crédit. Ce qu’elles n’ont jfas en moyens d’action ilu chef de rémission des billets, les bamjues de dépôt en trouvent une large compensation dans la liberté qui leur est laissée; tandis que les banf[ues d’émission sont plus ou moins réglementées et soumises à de lourdes charges, soit au profit de l’Etat, soit au profit du public, les banques <Ie dépôts sont libres. Sur ce point, voir divers articles de von Lumm dansla Revue êconomi(}ue internationale, 1912.

LES PRINCIPAUX TYPES d’oUGAMSATION BANCAIRE

•♦‘lies pouveni faire jtrévaloir l'inléiéd la eolledivilé.

C’esl une iiolion fjui s*esl peu à peu dt* l'expérieneo et

qui luaintenaiil sdnipose, (pTen eellr inaliere um* itam[ue d'émission invesii(‘ d’un privilègi* doit tuivisagor moins son inléré! jiropre, rinléréi de s(‘s arlioimairt's, (|iu‘ rinlérét national. E\ cela achève de donner aux Italiques (rémission du tyjie français, anglais, allemand vi aniérii'ain leur caractère, en niéim^ tmnps (jiu‘ de marquer leur pla(‘e dans l’organisation bancaire.

3" Les bamjues d’émission sont (b‘s bamjm's dt* secours pour les aulres lianqin's: (dl(‘s sont dt*s hanques pour hamjuitM's, aux- (lueües cenx-(d s’adn'sstml pour ohbmir, s’ils en ]uiraiss(*nl dignes, les ressources dont ils ptmveiit, tm dt‘s cireonslances graves, avoir Itesoin. (Tesl ainsi (ju’à la fin i\n jtiillel el au début d’aonl 1914, la Hamjm* d(^ Frama* (‘sl v(mu(‘ mi aidt* aux élabliss(*menls de crédil en réescoinfitani Unir porlebmilh' d '«‘fiels df' comm«*n*e. Du 21 jiiillid 1914 au août 1914, W porl(dVnill(‘ de la lhm«]ut‘ (b* France a passé de l.o(t4 millions à 3.041 millions. lbu< vinivui l(‘s dispositions sur \o moiuloire d«'s dépôts, «d r«dïorl d*‘ la Danqne se ralentit sans (‘esser toni à fait; le somimM de la coiirb' fui alUdid b* oelolna* 1914. avei* un portideuilb^ de 4.47f) millions. Il esl évidtml «pie ce réde éxamlmd de bampu'> dt‘ SfM*oiir> impos(' aux banques d'émission une (inubmet* particulière dans leurs ojiéralions el dans I(MU* altitude.

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