‹ Cours d'économie politique [microform]Chapitre 85 sur 209 · I.A M0>.NA1E, LE CRÉDIT ET LA FORMATION DES PRIX · texte numérisé non relu

I.A M0>.NA1E, LE CRÉDIT ET LA FORMATION DES PRIX

a liesoiii d’acquérir pour fonctionner : matières premières, outillage et installations matérielles, travail salarié. Un second élément, c'est l’intérêt du capital engagé dans l’entreprise; l’usage du capital n’est pas gratuit, et l’entreju'isc n’en trouverait pas si file ne le payait pas au taux couiTint. 11 y a enfin la rémunération professionnelle de l’entrepreneur lui-mènie; l’entrepreneur consacre son temps et son activité à la direction de l’affaire; une catégorie d’entreprises où les prix de vente ne seraient pas assez élevés jiour rémunérer, au même taux que dans les autres, l’activité lu'ofessionnelle de l’enti'epreneui serait rapidement désertée. \oila tes trois éléments qui constituent le coût de production, enl('ndu au sens large, d’une martdiandis(‘ quelconque.

Le coût de j)roductiou ainsi entendu détermine le prix normal de vente, ce j)rix normal avec quoi le prix du marché tend, sur une longue jiêriode de temps, à coïncider. En effet, le prix de vente ne {>eut, d’une façon durable, ni descendre plus bas que le coût de production entendu au sens (}ue nous avons dit, ni s (‘lever plus haut, cette seconde partie de la ju'oposition ne valant d ailleurs que pour l’hypothèse de la concurrence, non pour celle du monopole.

One le prix de vente ne puisse pas. d’une façon durable, descendre plus bas que le coût de production, cela est évident; en le sujiposant au-dessous de ce niveau, la production diminue et linalemeut cesse. Que le prix de vente ne puisse pas s’élever au-dessus du coût de production, cela n’est })eut-être pas évident, mais est facilement démontrable, en se plaçant, comme il a été dit, dans l’hypothèse de la concurrence. En régime de concurrence, h's (’aj)itau.x et les hommes se poi'tant librement vers une |•atégorie quelconque de la production, s'il arrive que ceux qui sont engages dans une catégorie y obtiennent plus que la rémunération courante, c’est vers cette cafégoi'ie un afflux rajiide, et l’accroissement de la production, entraînant la baisse du prix de veiit(‘, fait disparaître h‘ surplus de rémunération que les circonstanc(‘s avaient permis passagèrement de réaliser. Le coût de jiroduction foiine donc à la fois la limite inférieure et la limite

supérieure du j)rix normal de vente; il est ce prix normal luimême.

En régime de monopole, il n’en est |)as de même; c’est que le monopoleur règle le volume de i’offie et, s’il y a intérêt, le restreint de manière à pouvoir vf'iidre sa production à un prix supérieur au coût de production. Il ^n résulte que le monojiole est un régime moins favoi’able au consommateur que la concurrence.

LA FORMATION DES PRIX

et cela de deux laçons. Le prix étant plus élevé, la quantité des demandes qui reçoivent satisfaction est moindre. D'autre ]»arl, les demandes (jui reçoivent salisfaclion ne rohtienneiit qu'à un. ]»rix plus élevé; l’écart est moindre entre le prix du marché et le prix maximum i[ue certains dt's acheteurs auraient consenli à payer plutôt que de ne pas achiàer. (à* qui accroît (Uicore l’ineonvénient du monoi»ole de venle pour rachetmir, c’est que si le vendeur, (jui ne li’ouve le prix opiinutm (jue par iAlonniMuenls, se trompe, il y a d(‘s chances jMiur ijue son erreur soit jduldt dans \o sens d’un prix troj» élevé que d'un prix li*op bas. Au ])oinl de vue du mécanisnn^ de l’erhan^ie, le monopole est donc neltenumt défavorable à racheleui*. Il n'en esl pas nécessairement de meme au jH>inl de vue des <‘onditions de la production. Il est possible (|U(* le monopoh» réalise un de;:ré supérieur de conceniration, et, jiai* là, ])roduise à nndlleiir '‘omide que h‘s entr(q)iises i'oncurri'iiltcs (mire (dh's. En fail , (onlains tru'^ts sont dans ce cas, et mal^M'é h‘ profil jiréh‘vé [»ai‘ le monopole il s(‘ p(ml ([ue le pulilic paie un ])rix )dus bas (ju’tm it'^^Mme de (‘on(‘uri*emH\

A'ous v(‘nons d(‘ ]>arler d'un ]n*ix normal dt^ vent(‘ déterminépar b‘ coût dt‘ production, comme si le (‘ofit d(' prodmdion était uiiifonut' pour dt‘s man'bandisi^s identiques vendues sur le meme nmndié. Or, en fail, il nàm est pas ainsi. 11 y a une {grande diveî'sité dans i(‘s couls de pioduction, et on poiu’rait jtresque dire que clunpie produeleur a W si(m. Si l'on inscrivait sur chacun des sacs d(* blé pbu'és cote à cote sur le marché ce qu’il a coûté à produii'C, on Vf'rrait sur cba(iue sac un chiffre difféi*enf; de même ])our (‘ha(|U(‘ ballot de colon ou d(‘ laim\ ou pour chafjue tonne d’aci(*r ou de fonl(L ou jtour n’imjiorie (|uel!(‘ marchandise. Comnuml aloi's parlm* d’un coût de |troduclion sur quoi se la^'^lerait le ]u'ix normal d<' vente.*^ ]h' quel coût d(‘ ]ïroducli(Ui s'agil-il.^ Est-c(* du plus bas, du ])lus élevé, ou d’un coût inbuTuédiaireP La ([uestion est Iits complexi* et demanderait d(* lonizs développements qui ne peuvent pas être donnés ici. A s'en tenir aux faits les {tins généraux, voici ce qu’on peut dire. Il faut distinguer selon qu’il s’agit de production non extensible à volonté ou de production extensible à volonté. Dans le pnmiier cas. le prix de venle tend à se régler sur le coût d(‘ j)roduclion le jdus élevé, et dans le second sur le coût d(‘ jiroduction le jilus bas. On jieut se représenter, en gros, le jinmiier cas comme étant celui des jiroductions agricoles, et le si^cond comme étant celui des jiroductions industrielles.

Voilà donc un nouvel aspect de la théorie des jirix. Lorsqu’au

UH

Page 1