I.A MONNAIE. LE CREDIT ET LA FOHMVTION DES PRIX
lien <1(‘ considérer le j)ri\ loi (pTil so forino, à un monienl quelooïKiiK', sur lo inarclio, on lo considori' dans uno longue période de lenips, le jeu d(^s offres (*t dt^s diunandes passe à rarrière*i)lan, e( ce <pd vienl (ui pleine luiniènc c'est la noli(m d'un prix normal déhuaiiiné par le coùi, de pi’oiluclion (1). Mais celle façon d’envisager la lliéorie dt^s juix n’esl évidtunmt'ul de mise que iorsqu'il s’agil de biens (]iii soni produits en vue du marché el qui oui, par conséquenl. un coût de produclion. Il y a de 1res importanles calégories de l»iens ipii ne sont pas dans C(* cas; les voici ;
1 La teri’e. considérée comme une porlion de l’élendue et comme un ensemble de fona^s nalurelles. i.’liomnn* ]»eul améliorer la terre, en accroîh'e la fécondité, cl ces améliorations sont un j)roduit f]ui a un coùl de produclion. Mai> la terre, comme élendm* (‘I comme ensemble d(» forces naliii'elles, est quelque cliose d'anlérieuï* à T boni me, une ([uanlité donnét* qu'il ne j)eul j>as accroîire.
2" fj‘S objets anciens et considérés comme bds dans l’éidiange. Ou peut bien fabriquer des fauteuils louis \\] modernes, mais le nombre des fauleuils anciens Louis XVI est donné. On peut faire des copies de poteries romaines, mais le nombre des potelies romaines authentiques est donné.
W* L(‘s services de riiomim'; nous veiTiUis, en traitant i\o la rémunéralion du travail, qu’on ne peut apidi(|iuu‘ exaclemenl au travail la notion du coût de production telle qu’on remph)ie pour lf‘s l)iens. Il y a d’ailleurs d’autres caractères projavs au travail <‘onsidéré comme marchandise.
§ 2. — Prix normal et prix de marché.
Le prix normal de longue période, c'osl le coût de production. Mais le prix couraiU, h‘ prix du mar'ché, oscille ardour du prix normal, el s'il le réalise à la longue, c’est parce que les différences en moins et les différences en plus, à la longue, se compensent. Il nous reste à indiquer sommairement dans quels cas
q On pourrniL (rmi crrlain iioiiil de vue, renverser la formule, et au lieu (le (lire que le coût de ju'oducliou détermine le prix de vente, dire le contraire, car, placé en face d'un prix de vente sur quoi il n’a aucune prise, 1(* producteur cherche à y adajïter son coût de production; il s’ingénie à faire des économi(‘s et souvent il y réussit; c’est là un élément important de progrès techniiîue dans les entreijrises.
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le prix du iiiarclie desofiid plus bas rpie le eoùl fie jtroduclion et dans quels cas il s’élève j)lus haut.
\ oit'i les j)riuei{)aux cas flans lesfjuels il descend j)Ius bas :
1“ Quand les conditions du niaiehé sont telles qu’il apparaît eoiume iinj)ossible de j'é;f!iser un [»rix fie vente égal au coùl do pioductioii, il \aul iiiieu.x souvent vendre les liieiis fléjà jiroduits au-tlessous do buir eoùl que de ne j)as les voiidre.
2." Vendre au-dessous du eoùt de jiroduetioii, e’oÿ( iuk' taeti(|ut‘. (Jii vend à i)erle j)Our ruiner un eoiicurrent, jicur conquérir un marebé; la vieioire esl i\ eeliii qui {)eul tenir le plus longdenqis. Dans line ontrojirise fabriquant ou veudaiil plusieiiis sortes do niarcbandisos, il so ]»eul que l’on on vende à jierle une ou jdusieurs ])our atlirer la elieiilMe et se rattraper, eonime ou dit, sur les autres; e’i*st ! ailicle réelauie.
3“ lu exaiiieii jilus attentif de la notion du eoùt de ])roduclion ^a nous nionirer ijiie pai’ini les elenii'iils ijiii le eonqtosent il y n fies disi inet ions à faire, et que la liinito aii-dessmis de laquelle i'iuitrepri'iieiir aurait intérêt à ne plus viuidre n’osi pas tixe.
a). D’abord, dans le eoùl de jirodiietion, entendu au sens large que nous avons détenuiué tout à l’heure, H y a au moins un elemeiil qui ne jieul s’aiqiréeier que par ajipro.ximal ion et qu’il est possible, le eas éeliéaiit, de eomprimer ou d’éliniiuer; e’est la leniuiiéralioii [irofessioiiuelle du vendeur. L’enlrepreueur jieut, pour un temps plus ou moins long, ,se eoulenter d’une rénuinération lies modeste do sou aetivilé pro[»rc: nue fois engagé dans uno profi'ssioii, il faut, bon gré mal gré. ou siip])orler les iiiaiivaises ebanei's, et il est .soiivoiit diffieile d’oii ebanger.
h). D’autre part, il faut flislingiier, jianiii les frais do toiilos sortes ipii eoiupo.^ord le eoùl de jirodiielmu, les frais spéeiaux et les frais généraux, distiueliou déjà laite à l’ofeasion des avantages de la eoneeulration. Des frais engagés en vue d’une production, il y en a qui, étant donnée une exploitation organisée et fonelionnant, sont invariables on à peu près, quelle que soit lu quantité jirodiiile; il y en a d’antres qui sont en l'clalion directe avec cette quantité. I.es premiers sont les frais dits généraux: par exemple, le loyer, l’entretien des bâtiments, l’assiiranee, les frais afférents au /ler.sonnel administratif. Les antres, lels que l’aehat des matières premières, les salaires des ouvriers employés d la produclion, sont qualifiés de frais spéciaux. Dans nue eomplabilité bien tenue, chaque article produit est grevé de ses propres frais spéeiaux et d’une quote-part des frais généraux. Ceux-ci T. — Écon. pol. — I. rg
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étaiil, par hvjiotlièsi', coiistaiils j»'ur une oxjtloUaüoii d’iino graiiiJcur (iomire, (pidle (pie soit la ([iiaiitilé jirodiiile, il peut encore y avoir avanlage à pi'odtiire >pieh|ues unités de i)lus, alors nièine (pie ces unités supjilénienlaires ne couvriraient que leurs {iroiires frais sp('‘ciaux (>t une fraction seuleiiieid de la (piole-part d('s frais généraux ipd deviaieni noiTiialeineiit l<‘ur incoiulier.
On est ainsi conduil à formuler une lliéoiie (pi’on jieul ajipeler la tliéorit' du prix de revimil parlitd (li. ElanI donnée unt' ipiantité constante d(' frais peniianenls, cpii sont délerniinés par la capacité de production de renlrepiise et non [)ar la pi'oduclion (‘ifective, 1(! prix d<‘ revient partiid est la dépense suppléiueniaire a fair<‘ poui' obtenir iliaipn' unité de produit. Avec um* production tri's ])(‘tite, eu égard à la capacité de pi'oduction de rentrejirise. la fraction d(‘s frais i»(‘rnianeids incombant à chaque unité I»roduite est très grande. Avec une' [irodiiction très grande, cette fraction devimit très pi'tite et pratiipitunent lu'gligealile. Dans h* premier cas, h* jiiix de revient jiaiiiid est très différent du jirix d(‘ revient total, jiour chaqiu' unité. Dans h' si'cond cas, le prix di' revient partiel est presque (*gal au pi'i.x de ri'vimit total; la considéiatinn du prix de revimit partiel est alors la seule qui coiu[ite, pratiquement, ])oiir l’entrepreneur,
D(* même (pn* le piix du marciié peut descendri*, pour un l(‘mjts, au-dessous du coût de tu'aduclion, il arrive aussi qu’il se tienne au-d('ssus, I.es deux ]»rincipaux cas sont les suivants :
1" Il y a d(“s biens dont la ju'oduction est Iiniit(M“ par des conditions naturelles et ne {imit pas, si la demande vient à s’accroître, la suivre dans son accroissement. Le prix dépasse alors h‘ coût de production et ne (kqiend fpie des sui‘encbèr(‘s d(‘s acheteurs: tel est le cas pour les vins d’un cru renommé. Il y a là mu' soite de ju'olongennud du cas de mmiopole, h‘s chosi's si; passant comme si c'était la volonté d’un monopoleur (pii limitât la production.
2." Même jiour les biens dont la prodiiclion n’est pas limiiéi', des changements rapides dans la demande ou dans la techniqm' de la production jiema'iil avoir jiour effet de jiousser le jirix de vente au delà du coût de production et c(da est un fait extrèineinenl fi'équenl. Quand la demande d'un ohjet s'accroît rajndenient, il faut un certain temjis jiour (jue la jiroduction, même si
(I l La tliéoiie <hi jirix de revient partiel a été fornuilée par M. Colson dans .son r ours d’économie politique : voir dans la P'® édition, le cliap. VI du livre I, et dans l’édition définitive, le cliap. III du même livre.
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elle esl extensible, suive le inouveinent , et jiendant le teinjis nécessaire à celle adaptation les choses se jiassent coinine dans le cas jirécédent; le prix de vente déjiasse le coût de jiroduction, et c’est là, en jiratique, une des sources les jilus abondantes de jirofits industriels. A l’inverse d’ailleurs, s’il se jiroduit un déclin brusque de la demande, il n’est guère jiossible que la production se restreigne immédiatement, et jiendanl un temjis jdus ou moins long le Jirix de vente descend au-dessous du coût de jiroduction. Les changements dans la technique de la jiroduction ont des effets analogues; un jirogrès technique qui abaisse h> coût de production ne détmanine généralement jias tout de suite une baisse corresjiondanti* du jirix de vente. Ainsi la formule que le coût de jiroduction forme la lindte sujiéricure du jiiàx de vente exjirinit' bien moins la réalité éconoinique actuelle que ce qui se jiasserait si, au lieu d’èln* à l’état de changement, les hesoins et la ti'chniijne en vmiaimit un jour à s’immobiliser dans l’état stationnaire.