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CHAPITRE VI

LES MOUVEMENTS GÉNÉRAUX DES PRIX

Les prix varieiil pour des i^aisons qui sont jiropres à chaque ‘espèce de biens, puis({ue chaque esi>ècc‘ de biens a ses condilioiis }troi)res d\)lïre el de demande. Mais il y a aussi des mouvenienl s généraux des prix ; à (ou l(î é]ioque, il est possible de dégager une tendance des prix; lanlol renseinble des prix est stationnaire ou a peu près; tantôt i! est en hausse et tantôt en baisse. Immobilité, hausse ou baisse de renseinble des prix, cela ne veut pas dire de Ions les prix, puisque chaque ]U‘ix a sa destinée pi'opnq il y en a qui, dans h*s jiénodes de hausse, sont en baisse, el inversemenl, et tous ceux (|ui sont en hausse ou en baisse n y sont pas à la même allure. Il ne s’agit que d’une résulîanie d{‘ Ions ces étais [»art iculim's de> prix; on se nqirésmile aisément un niveau général des juix, dépendant, sans doute, mais distinct de la mulliplicilé des fluctuations }>articulières, qui peut s’élevei' ou s'aliaisser.

LA AÎKSl'HK DKS MOL VIOIKXTS OKXKIiAl X DKS ï‘UiX. LES TAHI.ES

DE XOMHUES INDICES

En fait, ce niveau général des prix, comment le constate-t-on.^ On emploie, depuis la seconde moitié du xrx^ siècle, le procédé des nombres indices ('index niimbers) qui consiste a former des tableaux comjiosés d’un nombre de juix assez considérable pour représenter à peu près fidèlement la situai ion de l’ensemble des prix. Ces prix, on en jirend la moyenne, ou plus simplement on h‘s totalise : moyennes ou totaux sont calculés pour les diverses dates (dioisies comme points de rejière, et jiour l’une de ces dates, ])rise comme base, le chiffre obtenu étant ramené à 100, tous les

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autros sont exprimés en fonction de 100. Par exemple, les jirix considérés pour la période 1891-1900 étant ramenés à 100, on trouvera pour l’année 1904 l’indice 99, pour l’année 1910 1 indice 109, pour l’année 1912 l’indice 119. La lecture des tableaux de nomlires indices est donc d’une extrême simplicité.

La techniipie même du procédé a soulevé de nombreuses controverses, notamment en ce qui concerne le nombre et la nature des marchandises à considérer et le carartère des ju'ix. Combien faut-il faire entrer de marchandises dans les calculs, et quelles sortes de marchandises.^ Quelles sortes de jtrix, ceux de gros ou ceux de détail!' En fait, les ])iânciiiales tables utilisées s’appliquenl à des nombres de marchandises bien différents : depuis une dizaine jusqu’à plusieurs centaines. Plus on fait entrer de marchandises dans le calcul et }»lus il y a de chances pour que les causes de variations ])ro]>res à chaque espèce de marchandises s’éliminent en se compensant l’une l’autre et que subsiste seule l’action des causes de variations qui sont le iilus générales; mais évidemment les calculs en deviennent ])lus compliqués et plus longs. On considère le plus souvent les produits de grande consommation, tels que viande, sucre, blé, chai'bon, métaux, coton, etc., et de préférence les ])rix de gros, qu’il est plus facile de connaître que les juâx de détail. N’y aurait-il pas lieu d’attacher à chaque inarchcndise un coefficient, afin de tenir comjite de son importance dans la consommation.^ On l’a soutenu et certaines tables de nombres indices ont été dressées •d’après ce procédé. Mais la détermination des coefficients est assez arbitraire, et ils ne présentent pas grande utilité; sans doute, il convient de les employer quand on cherche à déterminer les conditions d’existence d’une catégoiâe de personnes, à dresser i)ar exemple le budget- d’une famille ouvrière à diverses époques; quand il s’agit de rechercher les mouvements généraux des prix, tous les prix se valent comme symjdômes, quelle que soit l’importance des consommations. On a encore discuté s’il fallait em- ]doyer la moyenne arithmétique ou la moyenne géomét impie; la première, plus aisément maniable, est, eu général, jiréférée (Ip

(1) LVlmuni/n* statistique de la France fournit chaque année des tableaux: ^ie nombres indices relatifs à divers pays, France, Angleterre, Allemagne, Flals-Unis. On trouvera dans lMn?iua/rc, pour chatiue tableau, l’indication des sources. Sur le lu’océdé des nombres indices comme moyen de mesurer les variations de valeur de la monnaie, cf. Dolléans. La moiwaie et les prix in Questions monétaires conternpoi'aines, 1%‘1. En ce (pii concerne la France, les statistiques douanières fournissent les éléments de comparaisons des prix

-UMT

iOO LA MONNAIE, LE CliÉDIT ET LA FORMATION DES PRIX

!.os moiiVFinenfs dp jtrix coiislatps j)ar les lahleaux de noiidires indices jteuvenl être dus a di*s eau^<‘s 1res div(*rses. Tout fait qui inodHie sensililemeîd uik' siliudion éronoiid(jiU‘ donnée influe sur le niveau des prix : une j^uerre, dt‘s Iroahles civils, des découvtu'les donnant Tessor à unt* pï’oduetion nouvelle, une concurrence (x\leri(Hire qui dé[irime une <*a(éi;uiie iinportanle d’ex})loit al ions; la crise a;zricole (nirojK'enne du derni(*r quart du xix^ sie(‘le, [lar exiunple, a laissé sa Irace dans les nombres indices de celte ju*i*iode. Toutefois, pai’iiii les mouvemenls généraux des ju'ix, il y en a d<‘ux sories (lui jirésenlenl une iinjiortaïu'e considérable et sur lesquelles raihuilion des économistes s est portée parliculièreimml : il y a, d'une part, les mouvemenls détermines jmr les variations qui surviennent dans la valeur de la monnaie; H y a, d autre pari, un ryibme assez légulier des prix, ceux-ci envisagés dans leur ensemble s’élevant et s’abaissant a j)eu ju'es périodi((uenient. C<is deux sortes de mouvements généraux des prix feront Tobjet des deux sections suivantes.

SIXTION 11

Ih‘ meme que la valeur d’échange des marchandises s’exprime (*n monnaie, de meme la vahuir d’étdiange de la monnaie s’exprime en marchandises; elle peut aussi s’exprimer en une autre monnaie, jiar exemiiie la valeur de la monnaie d’or en monnaie d'argent (d inversement, comme nous l’avons vu à propos des systèmes inonélairt‘s; mais ici nous ne nous occuperons que de la valeur de la monnaie par rajtport aux marchandises. La valeur de la monnaie en marchandises, c’est ce qu’on appelle communément son jtouvoir d’acquisition. On dit que le pouvoir d’acquisilion de la monnaie s éléve ou s’abaisse selon qu’une quantité donnée de monnaie achele une quantité croissante ou décroissante d’une marchandise donnée. LTinilé monétaire française, le franc, peut acheter, selon les époques, 1/24, l/oO, 1/70 quintal de ble, el on exprime la meme chose en disant que, selon les éj)oques, le quinlal de blé se vend 24, 50 ou 70 francs. Le prix

intéressantes. CtnKiiie année, selon la inélliode suivie avant la guerre, deux évaluations successives étaient appli(iuées aux marchandises importées et exportées: dahord, h tilre itrovisoire, les évaluations faites pour l’année antérieure, puis une fois l’année écoulée, les évaluations définitives. Ces évaluations successives appliquées aux mêmes échanges font ressortir le mouvement des prix d’une année à Pautre.

LES MOUVEMENTS GÉNÉRAUX DES PRIX

.sert donc à exprimer a la fois la valenr de la mar(diandise et celle de la monnaie, j>uis(ju’il exprime ces deux valeui's en rajjjiort l’uiie de l’autre. Ouaiid le j)i‘i\ du qiiiidal de blé j)asse de 24 a 50, juiis h 70 fiâmes, la valeur de la mar(*bandise en moniiai** s’élève, et la vahmr de la inoimaie en marebaudi^es s’abaisse.

§ 1. — Les variations de valeur de la monnaie.

Le prix d’une imncbaiidisi* quolrompie poul varier jmr siilb* des variai ions survenues dans les (juaulités oîîerb‘< td dtanandéos de celte marchandise; h» blé se vend moins cher quaml la réonllo est bonne «d ])lus <diei‘ quand ell(‘ est mauvaise. ].(» pidx jmul-ii égalemt'Ml varier par suile des variations survenues dans la ipianliié de la monnaie? (hda esl etudedn, el il m‘ sm-aii pas eoncevable que la (pianlité de la monnaie n’eût pas sur les prix un»* inlluenn' analogue a c(dh* de la quanl de <le la iiiaivliaiidise, si nous la considérons elle-même nwr son cara<dere de marchandise. D’aüleiii's, a la ]irendre dans sa fomdion de nionnaie, absiraidion iaili» de sa ipialilé dt* niarcliaiidise fei h- raisonnement vaudra alors pour la monnaie d(‘ jmpier comme pour la monnaie métallique), on arrive a la niéine (Conclusion. La inonnait* (*st un bon payable sur' rfms(*inblf‘ de la rifdie.^se sociale; (dh‘ n’(‘sl pas en soi iin bimi proprt' a la salislaction de nos besoins; sa valeur n (est laile (}ue d(‘ la valmii' (h^s liiens (‘onire quoi nous ])ouvoiis 1 échanger; c'est, mi un ctudain sens, uiu' vahmr d'emqu’unl. Si, l’ensfunlihc de la richesse siu’ (pioi les bons sont jiayables rt‘slaid iW même grandeur, h* nombnc des bons augnnmbu coinnund la pari de idehesst* rtq>i’és('nlé(‘ par cluupn‘ bon in‘ dindmii‘rail-eli(‘ pas, el si h‘ nondne des bons diminue, comineiil e(Mte I>art n’augmtmbn-ail-(‘lh* ]>as?

J..a eonslalalioii d’imt‘ influf*ne(‘ ex(‘n*ée juu* la (juaulité di‘ la monnaie sur sa valeur el sur le prix df*s au t res maj’ciiandises osl (‘(^ qu il y a dessimlifd dans la Ibeorie dite théorie (|uantitalive. Mais il iu‘ faul ]u»s chercher a fornoder (‘(‘Ile Ibéorifc en <Ies lermes d’une illusoir** })récision, (‘I dire par (cxemj)le (|ue les variations des prix sont inversemeni ])roporlionnelles aux variations survemu's dans la quaLlité de la monnaitu Leile difficulté, d ailleurs, n est pas propre a la monnaie; elle se reni'onire toutes les fois qu’il s’agit de détermimu' rinfluenci» qu ’exerct» sur le prix l’offre (d la demande d’une marchandise ((iielconque. La mesure dans laquelle les variations survenues dans la quantité de la monnaie influent sur les prix dépimd d’éléments très complexes.

LA MO.N.NAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

I" Tout (l’aliord, si nous considérons la monnaie inélallique- Hle-niènie, ce (jiii imiiorh* ce sont les vai'ialions dn stock monétaire pluttM (lue (‘(‘lies de la production anuuelh' d(‘S niélanx jirécieiix. La production, ou du moins la partie de la jiroduction (pii n’est j»as absorbée par les emplois industriels, se déverse dans le stock ('xislaut, et comme celui-ci est déjà liés yrand, b's variations annuelles de la production ne peuvent avoir (pie des effets atténués; si, dans l’espace de dix ans, la production annuelle de l’or est venut' à doubler, il n’en résulte pas (pie le stock d’or ('xistant dans le niondi' ait doublé. Le stoidv varie plus lentement (]ue la production, et c’est là, pour la val >ur de la monnaie, un élément d(‘ stabilité r(dative.

2” L(> stock monétidri' est une notion d’ailleurs difficile à jirécLer. L(‘ n'i'st pas m'ccssairenu'ut touti' la monnaie frappée; les réserves (pie les jiarticulà'rs font en nioiinaie d’or et qui, à certaines éjioqiies, atteigiienl des chiffres élevés, sont à l’écart du mouvement des (âdianges et n’iidliieiil pas sur h“s jirix. L’est, d’autre [lart, plus (pie la nionnai(‘ frappi'e; h‘s liiipmls d’or ser- V(‘!it de moyens de jiaienienl dans h^s ridai ions internationales; enfouis dans les eav(>s des bampies d’émission, ils si'rvmit aussi de .liage aux billids ({ui cireiilenl à leur jdaci*; sous le régime de la frajipe libre, il y a comiiumication conslanli' entre le stock en moniiai(> et le sloid; en lingots.

3” La monnaie circule plus ou moins \ite, (d son rendement économiipie comme instrument d’i'cbange dépend de la vitesse de sa (drciilation. Lonime, sur um* voie ferrée, wagons et locomotives jieuvent s’adapter, par l’intensité accrue ou diminuée de leur circulation, aux variations du trafic, une même quantité de monnaie peut servir à des quantités x‘ariables d’é'changes.

4" Il y a d’autre monnaie que la monnaii' métalliipie : des billets d’Ltat ou des bilhds de banque, des clièijues, des effets de commerce. 1! y a d’autres moyens de ivgdemeiit que les règlements par monnaie; tes baii([ues ivglent par compensation une masse énorme d’opérations. I,a monnaie luétalliqm' n’est pas le seul instrument d’ikdiange dont le x'olume juiisse influer sur les prix, et les efhds des variations dans la quantité de monnaie métallique sont ou accrus, ou atténués, ou comjiensés jiar les variations analogues ou inversi's dans les quantités ou l’emploi des autres moyens de règlement. Il faut d’ailleurs se garder d’ajouter simplement à la monnaie métallique la somme des autres instruments d’i'change; dans une assez large mesure ils ne font (pie la reinjdacer dans son ofllce, ou bien elle Imir sert de support.

LES MOUVEMENTS GÉNÉRAUX DES PRIX

de sorte que comjiter les uns et les autres sans discernement ce serait souvent comjiter deux fois la même chose. Il y a des circulations fiduciaires avec une solide base mélal!i({ne, d’autre; avec une base étroite et fragihq il se peut que raccroissenient du stfxdv métalliipie serve à améliorer la (jiialité des instruments monétaires sans en accroître la (piantité.

Ainsi, rien (ju'à envisager la monnaie, la ([in'stion apjiaraît déjà comme très complexi,. Mais ta monnaie n’est qu’un des termes du rajiport dont l’autre teime est la (juantilé des échanges (‘ffectués, et ce sont les variations de ce rapport ipii agissent sur les prix. Or, la (piantité d(‘s échanges ('fh'ctués est une notion (pi’il est encore plus nial.aisé de préciser que celle de la quantité de monnaie. Elh* m* se confond jias avc'c la somme totale de la ]'ro(hiction, car, d’une part, il y a des biens (pii ne sont jias produits pour r(>(diang(‘. et, d'autre part, le même bien est sou- V(‘nt l’objet d’éidianges mulli|des. Il y a des degrés dans la vitesse et rintensité de la circulation des marchandises comme de la monnaie.

Kn fait, (diez les pimph's jirogressifs, volume de la monnaie et volume des (•changes s’accroissent simultanément, mais à des allures pres(|iie toujours inégales. Selon que c’est l’un ou l’autre (fui s’accroît le jiliis xile. la valeur de la monnaie tend à s’abaisser ou à se relever. Or les deux mouvements sont l’un et l’autre difficiles à mesurer.

Quelles (fue soient h>s complications qui empêchent de traduire en une formule simjde l’effet que la quantité de la monnaie exerce sur sa valeur, cel effet est certain; les critiques nombreuses dont la th(“orie quani itative a été l’objet peuvent bien porter contri» telh* ou telle des formules (pi’on en a données, mais non contre le firincipe même tl).

L’expérience conlirme le raisonnement. Il y a dans riiistoire des firix des moina^ments (h' longue durée (fu’il est impossible (î’exfdiifuer si l’on ne tient pas conqite de rinlbience (pie la quantité de la monnaie exerce sur sa valeur. D’une façon inhiél’aie, il s’esl produit une déjinVialion de la uionnaie dans Tes- {laee de temps eoinpris enln* la première moitié du sièele et la fin du xix'', dépréeialioii non eontinue d’ailleurs, eoupée par des tiausses de valeur de la monnaie, qui cependant est telle que, si on représente par 1 le pouvoir d’acquisilion de la

(!) Rarranlt. Lp sni^ et la portt'e des théories 'anti<junntitatives de la 7nounale, in Revue d'histoire des doctrines écononiiques et sociales, UMO.

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LA MOANAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

iiioiiiKiif à la fin de la j)ériode, ce poiivoii était de 3,50 au point de départ (1).

Le iiiouveiuent des prix, considéré dans de longs espaces de temps, St' lu’éscnit' comme dominé, lantiif par une tendance à la hausse, tantôt par une tendance à la haïsse, et ces mouvements des pi'ix sur de longues périodes pai-aissent hien être déterminés ])ar les varialions tpii surviennent dans le mouvement des stocks monétaires. Les stocks nionélaires s'<iccroi>sent constamnient, par la produclion annuelle des métau.v précieux, mais ils s’accrois- ■sent tantôt jtlus vite, taiilôt moins vite, ipie ne fait le volume lies échanges dans le inondt', t‘| c’est là h' princijie des inouveiiients généraux des prix.

Le xvL siècle a élé uni' [lériode de hausse des prix (2). Au xi.\‘‘ siècle, et ici des donnéi's slalisliipie?- plus suies perinetlenl dt's constalatious plus t'erlairt's, les mouvi'inenls généraux des ]uix se jirésenh'ul de la façon que voici dans une période qui commence t'u lHitl-1815 t't ipii st' prolonm' justpi’t'ii 1848-1849, la temlance est à la baisse; t'ile t'sl à la hausse t'usuite jusqu’en 1872-1874; puis la h'udance à la baisse rt'prend h' dessus jusijii’en 1891). Deimis 189(3, les jirix sont en hnmse; en France, l’indice jtasse de 91 en 189(1 à 128 en 1913; dans h' Iloyaume-rni, de 92 à 128; en Allemagne (Ilamhoiirg), de 93 à 123 (1911); aux F.lats-Unis, de 90 à 134 ',3i

Depuis 1914, la hausse des juix s’est énormément accrue, mais le mouvement (fui s’est produit alors ne peut pas être considéré, comme la suih' du mouvement aulérii'ur à la gut'rre. L’état des choses économiques au cours de la uuerre a vraiment été un terrain de choix ])our la culture de ce jihénoinène qu’est la hausse des prix, et on y trouve réunies et collaborant toutes les causes possildes de hausse : rareté de la main-d’œuvre, affectation à la guerre de la majeure partie des forces productives, destruction matérielle de capitaux, énoniii' consommation improductive de matières premières et d’outillage, pénurie des transjiorls inai'ilimes, difficulté des transports terrestres et fluviaux dans les régions voisines des lieux où l’on se bal fait.

rn Dd FovüId, ojt cil., 3® part., ohap. xvi.

f^) Lt‘vasstMir, La révolution monétaire au xvi® fiiècle, in Rente d\'conomie politique, 1010; Liantoy. La hausse des pi'ix et la lutte couti'e la cherté la vie au xvi^ siècle, tliDsr Paris 10^!.

(3) Annuaire statistique de la France, 33® volnnif\ ji. Sur lo mou-

vomont (les prix do 1830 à 1010, on consultera l'otude très documentée de M. Lescuro, Hausses et baisses générales des prix, în Revue (/'économie politique, 1012.

LES MOUVEMENTS GENERAUX DES PRIX -4(k)

Do toutes les causes de liausse des prix qui ont agi dejiuis 1914, la plus énergique a élé le désordre monétaire : chez les helligérants (riMiro]>e, rinllalion par le billet do banque ou jjaî* le crédit; chez les neutres (rKurojte, aux Ktats-rnis, au JajKui, raccumulalion anorniale de l’or.

La hausse des ]>rix depuis 1914 est 1res inégale selon les j>ays considérés. En général elle a aiteinl son maximum en 1920, un I>eu plus Inl chez ceilains neutres d’Eiiro])e; (lej)uis 1920 il y a un mouvemeni de baisst% 1res prononcé dans les pays les moins al teint s j»ar la guerre, hésitant et précaire chez d’autres; là où l’on s’est jeté à pleines voiles dans rintlalion, comme en Allemagne, la hausse des j)i*ix a néc('ssairemenl conlinué oï se dévelopjie ù niesui’e (lue la monnaie de papier va se dépréidanl (1).

L(‘s indices des prix de gros élanl ramenés à 100 en juillet 1914, oji trouve pour les années 1915 à 1921 (juillet) les indices suivants :

Fu.\xce.

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Royaume-Um.

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Au.eaïagxe U-),

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(t^ On Imuvora, ilaiCJ diaqnc imnn'ro ilu Ihilh-tin dr la Statistique générale de la tranre, ilt'.'i inilicos dos jirix de piw dans un assez grand nombre de jiays iFrance, lioyaiune-rni, Danemark, .Norvège, Suède, .Alleimc-'iie, Sni.sse. Pays-lias, Ilalie, Egyi.t.', Pnion Sud-.\lricaine, Indes, Japon, Canada. Etat.s- Ibiis, .\ns(ralie, Nouvelle-Zélande). Dans la même publication ont paru plnsienrs élmles sur le mouvement des ]irix depuis l'.Ui, notamment : L. Mardi. Le rnoueenient des prix de gros dejiuis l'.tli, tome vi; Iluber et Dugé de Bernonville: Le uiourement des prix, du eoùt de la rie et des salaires en divers pays, de juillet lUli à janvier t!H8, tome VII (mec eamplément dans le tome Mil); Lenoir, Les valeurs mobilières et la crise de 19i0 (indices économiques comparés en France et en divers pays), tome xi.

(2) En Allemagne, jmr suite de l’inflation croissantei l’indice' n’a ]>as cessé de s’élever; il était de 3,487 en décembre 1921, et de 3,438 en mars 1922.

T. — Écon. pol. — I O, A

LA MONNAIE, LE CREDIT ET LA FORMATION DES PRIX

ËTATS-l'.NTS.

loi

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