V. Nouveau Dictionnaire d'écon. polit., introd., p
2. V. Nouveau Diction., t. II, p. 473 ; — Ch. Périn, les Doctrines économiques, ch. II; — INGRA..M, Uistory of political Economy, p. 57 ; — ScHÔNBERC, Uandbuck, t. I. p. 175, 184 ; — RosCHER, Geschickte der NaiionalôAonomie in Deutschland^ 109. — GouN, System der Naiionalôkonomie, l, p. 101, 107.
aoo L ORDRE SOCIAL
plètes ou même sans observations, se crée un idéal d'où il déduit, par voie de conséquence nécessaire, un système social complet. L'aphorisme de Rousseau : « l'homme essentiellement bon n'a qu'à suivre les tendances de la nature », cet aphorisme devient la base d'une nouvelle morale'. Voici les conséquences de cette philosophie : pour les physiocrates, les lois fondamentales de la vie sociale découlent des besoins physiques de l'homme ; le sensualisme devient la base de la société et de la morale; la science des richesses, voilà la science sociale universelle.
Interrogeons les pontifes de ce nouvel évangile, tous disciples avoués ou cachés de Voltaire et de Rousseau. Quesnay assigne à la société politique la jouissance des sens comme origine et comme fin ^ Dupont de Nemours développe l'enseignement du maître. Mercier de la Rivière' décrit en termes précis le nouvel ordre social. « C'est, dit-il, l'ordre des devoirs et des droits réciproques, dont l'établissement est essentiellement nécessaire à la plus grande multiplica' tiofi possible des productions^ afin de procurer au genre humain la plus grande somme possible de bonheur et la plus grande multiplication possible... Aussi doit-on exciter les besoins et développer la production ; alors le monde va de soi''. » Morellet, le marquis de Mirabeau « l'ami des hommes », Le Trosne, Saint-Peravy, Turgot, exposent et proposent ce nouveau but naturel, dont un des articles est la célèbre formule : laissez faire, laissez passer.
Les lois, disent les physiocrates, n'ont d'autre objet que d'assurer les conditions nécessaires à l'expansion de la vie sociale. D'ailleurs la vie sociale a pour but la jouissance fondée sur la propriété, et, par suiœ, il n'y a de rapports entre les hommes que ceux qui naissent de la propriété sous la forme de commerce ou d'industfie. 11 s'en suit que les lois, l'action du gouvernement, doivent tendre uniquement à assurer la liberté des conventions par lesquelles les hommes disposent de leur propriété. En d'autres termes, ne
I. V. BRA.NT6, Lois et Méthode», p. 86. a. Le Droit naturel, ch. i, m.