V. BussouL, Â$s. cath., décembre iây3. p
2, Cuuf. les Economistes classiques ei leurs Adversaires, par Richard ScHULLsa.
L ECOLE LlBERAiE ail
c'est donc une tentative vaine de vouloir établir des lois constantes sur un fondement aussi changeant. »
Le principe économique et la dignité humaine. — Le principe économique ne peut s'appuyer sur l'observation des faits et n'est pas confirmé par la considération de la nature humaine^ Un être assoiiïé de jouissance, un producteur et un consommateur de richesses, tel est l'homme classique de l'orthodoxie libérale. Dans, cet extrait d'humanité, il reste de l'homme ce qu'il y a de moins humain, ce qui le rapproche le plus des animaux : le besoin des jouissances matérielles.
Nul doute que l'homme n'ait des besoins matériels, mais il a aussi des besoins intellectuels, moraux et religieux : l'ordre exige que les premiers soient soumis aux seconds. L'homme est sollicité par des biens réels, mais souvent aussi il est attiré par des biens apparents, factices, imaginaires ; c'est son honneur et sa dignité d'abandonner ceux-ci et de rechercher ceux-là. Est-il vrai de dire avec J, Garnier, que le progrès de la civilisation consiste dans l'accroissement indéfini des besoins et des moyens de les satisfaire' ? Cet accroissement indéfini est-il possible? Non, parce que les besoins corporels, comme le corps lui-même, sont limités par d'infranchissables frontières. Le désir indéfini de jouir ne se trouve que dans notre puissance d'aimer et de connaître, puissance qui ne se rassasie que par la connaissance de la vérité suprême, par l'amour du bien infini, de Dieu. Le besoin indéfini de jouissance et de richesses que l'homme ressent trop souvent, ce n'est pas le besoin normal, essentiellement limité; c'est le besoin factice, désordonné, provenant de l'âme égarée par la passion. L'âme ainsi séduite demande pour son corps un progrès indéfini, qu'elle ne doit demander que pour elle-même et ses facultés supérieui'es indéfiniment progressives^ Voilà pourquoi, soutenir que
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