‹ Cours d'économie socialeChapitre 117 sur 310 · I. V. H. Pesch, Stimmen, t. XXXIX, 1890, p · texte numérisé non relu

I. V. H. Pesch, Stimmen, t. XXXIX, 1890, p

ai8 L ORDRE SOCIAL

clie, et c'est là son grand crime, il a empêché que le progrès matériel, bon en soi, ne servît les véritables intérêts de la masse des membres de la société politique.

Une autre tactique de l'Ecole libérale consiste à opposer la liberté absolue au despotisme complet de l'Etat, le libéralisme d'A. Smith au collectivisme de K. Marx, comme si, entre ces deux extrêmes ne pouvait se placer une liberté, sagement, justement réglée, eî dirigée par la loi. Que doit être en hypothèse^ c'est-à-dire en fait et en pratique, la liberté économique ? Nous réservons cette question au chapitre qui traitera de la législation du travail^ et passons au troisième principe de l'école classique.

Article 4. — Examen du principe des lois naturellea.

Après les explications que nous avons données dans l'introduction, revenir sur le caractère des lois économiques serait une redite inutile et fastidieuse^ Qu'on nous permette, toutefois, de citer sur ce point l'enseignement de Taparelîi : « L'individu est libre, mais cette liberté ne peu-t soustraire l'individu aux grandes influences des causes extérieures, qui se manifestent jusque dans son action morale. Cette influence est plus grande encore sur la société que sur les individus, car la nature des êtres leur donnant à tous une impulsion commune, une tendance identique, il est impossible qu'un mouvement opposé à cette tendance se trouve jamais dans le plus grand nombre des individus d'une même espèce. Ainsi, pour reconnaître si certains effets sont naturels ou non,^ il suffit de voir s'ils se rencontrent dans la plupart des individus de cette espèce. Par conséquent, toute agrégation d'individus semblables suivra généralement les règles qui leur sont tracées par leur nature, bien que cette multitude puisse renfermer un monstre et même que chaque individu puisse avoir quelque difformité. Les sociétés sont donc soumises, plus que les individus, à certaines loiscons-

I. Conf. BouGLÉ, les Sciences sociales en Allemagne ; — Supit^o, // Metodo induis tifo neir Eeon'omia politica ; — Berardi, Sul carattere e suf metodo dell Economia politica ; — Vaklez, la Crise économique ; — Ugo Rabbeno, tOdierna criti ft-ella Scienza economica.

tantes de la naliire humaine et dépendent davantage de certaines causes extérieures ; chaque jour nous faisons l'application de cette vérité dans l'ordre physique comme dans l'ordre moral. N'est-ce pas sur des données morales, sur des statistiques de naissances, de décès, de maladies, de crimes, que s'appuient souvent des mesures d'administration sociale^? »

Ainsi il y a un ordre économique naturel, parce qu'il découle de la nature de l'homme et du monde extérieur ; mais l'erreur de l'école libérale consiste à exclure de cet ordre les facteurs essentiels de la société, je veux dire la religion, la morale, la législation, et à soustraire les lois économiques à l'influence de ces trois forces sociales. Dieu veut dans la société l'harmonie, et même une certaine aisance pour tous ; mais ces choses, il les veut obtenues à l'aide de la liberté humaine dirigée par la religion, la loi morale et l'autorité légitime ; il veut que la société civile soit pour l'homme un moyen d'être heureux sur cette terre, mais en même temps et surtout un moyen de se préparer à la bienheureuse éternité. L'ordre des intérêts matériels subordonné au progrès moral de l'homme et celui-ci à la fin dernière, telle est la hiérarchie démontrée par la raison et voulue de Dieu. Réaliser l'équilibre des libertés en les privaM de leurs contrepoids naturels, n'est-ce pas un problème impossible ^?

i. Sagffio teoreiico, ■p. 444 et 4+5.

2. Pour l'opposidoB entre l'économie politique libérale et l'Encyclique Reitim Kuvarum, v. P. Herbert Lvcas, MoreiA, juillet 1891, p. 3o5 ; — Lehmkphl, 6'ii/nwe«, août 1891; — la Civiltày « l'Encyclca, » 1891 ;. — PÉaiN, l'Economie politique d'après V Encyclique^

Page 1