I. Programme de Gotha
> Bebel, Die Frau; — Stbrn, Thesen Hier ien Soctalismus, p. 19.
l'école socialiste aai
Conséquents avec leurs faux principes, les socialistes étendent Tégalité des droits et des conditions d'existence à la famille, a La femme, dit Bebel, est maîtresse de son cœur; elle le partage avec qui elle veut. Une relation cesse de lui plaire, libre à elle de la rompre et de porter son affection ailleurs. Dans le mariage et hors du mariage, elle doit être placée vis-à-vis de l'homme sur un môme pied d'égalité*. » Max Nordau range le mariage parmi les mensonges conventionnels de la civilisation. L'amour libre est une thèse courante de la Revue socialiste^. « L'important, écrit B. Malon, est d'abolir radicalement l'autorité du père et sa puissance quasi-royale dans la famille... Les enfants ne sont-ils pas autant que les parents.^ Pourquoi les commander? De quel droit? Plus d'obéissance; sans quoi plus d'égalité'. »
C'est en vertu du môme principe égalitaire que les socialistes veulent supprimer toute inégalité entre les professions. Au moyen de l'éducation et de la formation unitaire, on peut, selon Bebel, arriver à rendre tout le monde également apte à exercer tour à tour toutes les fonctions sociales. D'ailleurs la haute culture scientifique et littéraire sera accessible à tous. Un écrivain socialiste ne nous montre-l-il pas le forgeron collectiviste de l'avenir, interrompant le mouvement cadencé de son marteau pour lire une ode d'Horace ou une églogue de Virgile*? Et B. Malon ne déclare-t-il pas que, dans la société nouvelle, « le travail sera un divertissement hygiéni(|ue, un devoir nettement accepté, où l'on ira en théories amicales, musi(|ne et bannière en tête, comme à une iète, dans un entrainemenl à la fois affectueux et social *. » Au fait, dans le pays de l'Utopie, on ne s'étonne plus de rien.
La liberté a-t-elle dans le programme coUectivi'ste un meilleur sort que l'égalité?