Le Socialisme d'Eiat, ch. i
4. Sur l'inflaence de l'hégélianisme snr le socialisme allemand, v. Rae, Il Socia- KtJiio contemporaneo, p. 120. — Slimmen, t. XLI, 1S91, p. 245, seq. ; — J. BouB.- DEAU, le Parti de la Démocratie sociale en Allemagne [Revue des Deux Mondei, i<rmcu-s et i5 avril 1891) ; — Fdnck-Bkentano, Sophistes allemands et A'ihMiite» russes.
2^8 l'ordre social
Articles. — Libéralisme et socialisme.
Dans l'ordre des faits, le socialisme a été une réaction contre les abus issus du libéralisme industriel ;dans l'ordre des idées, le socialisme a emprunté ses fondements scientifiques aux économistes de l'école libérale anglo-française. Tels sont les deux points de contact qui existent entre deux systèmes diamétralement opposés dans leurs conclusions et leurs revendications politiques et sociales^
Le socialisme dans l'ordre des faits. — Au nom de la liberté, le libéralisme révolutionnaire a supprimé les corps de métiers, les confréries, en un mot toutes les institutions protectrices du travail éprouvées par des siècles. Les lois prohibitives de l'usure qui mettaient des bornes à la cupidité du gain ont été abolies, toujours au nom de la liberté. L'individualisme est devenu la grande loi de la société ; il donne naissance au prolétariat, produit l'antagonisme du capitaliste et du travailleur, du patron et de l'ouvrier, et aboutit à la lutte des classes.
La liberté devait amener une égalité réelle entre les membres de la société comme entre les enfants d'une même famille, mais sur les ruines des anciennes distinctions. Le libéralisme, fils de la Révolution, a élevé un ordre nouveau,, l'aristocratie de la fortune. Quand l'inégalité était la base même de la société, le peuple souffrait moins de l'infériorité de sa condition. Depuis que l'égalité est devenue le premier article de toutes les constitutions nouvelles, il ne comprend pas qu'on laisse à la fortune les privilèges qu'a perdus la naissance. Après l'équilibre des droits , il veut l'équilibre des biens. C'est l'avènement du quatrième état, qui réclame pour la richesse, comme autrefois le tiers état pour la noblesse, une nuit du 4 août*. C'est la réaction socialiste contre les conséquences fatales du libéralisme.» Que faut-il penser de la durée de l'individualisme, demande
1. V. H. Pksh, s. J., Liberaliamtu , Socialismiu und chrittliehe Geselhchaflsord- MM^, p. la, seq. Le P. Pesch considère très justement le socialisme comme i« libéralisme du quatrième état.