I. V. CosTA-RossETTi, PhUoiophia moralis, p. 24, note
Antoine. i^
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Tordre économique, lorsque celle-ci est conforme au droit naturel et moralement nécessaire au bien commun de la société. « L'Etat, dit M'^^ de Gabrières, n'est pas plus le maître universel des usines et des ateliers qu'il n'est le maître d'école général. Mais, si Ton doit repousser, comme citoyen autant que comme chrétien, son intervention socialiste, sa domination destructive de toute autonomie du travail et de l'individualité humaine : si l'on doit répudier l'Etat régulateur officiel des salaires, se substituant, à l'initiative du patron et des ouvriers; si l'on doit combattre ce socialisme d'Etat, on ne pnit refuser de souscrire à la déclaration formulée par un illustre prélat d'Angleterre, yj'^ l'évêque de Nottingham, qu'il faut que l'Etat intervienne là où, sans action publique et législative, le secours nécessaire ne saurait être obtenu ni l'injustice redressée. Pour tout homme impartial dont le jugement est dirigé par les principes du droit naturel, cela n'est pas, cela ne sera jamais du socialisme d'Etat'. »
'1. Congrès de Liège, 3« session > P. de Botlesve, la Question sociale, p. 2".
Pour résoudre la question sociale, l'école lîLérale attend le salut de la liberté économique et politique pleinement affranchie ; l'école socialiste veut remplacer la propriété privée par la propriété collective et nationale des moyens de production ; l'école catholique, enfin, demande le remède suprême à la morale et à la religion, à l'influence de l'Eglise catholique. C'est cette grande école qu'il nous reste à étudier.
Article i. — L'Ecole et les groupes.
L'École. — Une école suppose nécessairement un certain ensemble de principes et de conclusions, de vérités ou de préceptes, communs aux membres de cette école. 11 n'y a pas d'école sans unité de doctrines. Quels sont donc, dans l'école catholique, les points sur lesquels il y a accord complet, union parfaite des intelligences et des volontés ? Voici les principaux :
1° Tous les catholiques sont unis dans une même soumission affectueuse à la sainte Eglise catholique, apostolique et romaine. Tous acceptent avec un empressement filial ses décisions et sa direction, dans l'ordre spéculatif comme dans le domaine de la pratique. Tous puisent enfin aux sources de la théologie catholique, dans les ouvrages des grands docteurs de l'Ecole, les notions de droit naturel et de morale sur lesquelles doit reposer toute théorie d'économie sociale.
2° S'agit-il de déterminer les remèdes qu'il convient d'appliquer au mal social, à la crise ouvrière ou agraire, les catholiques, sous quelque drapeau scientifique qu'ils se rangent, sont unanimes pour accorder la première place, le
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rôle prépondérant, à l'Eglise, à la justice et à la charité chrétiennes.
3** En face du socialisme et du libéralisme économique avancé, ils unissent leurs forces contre Fennemi commun, Gcmbattant à la fois et la monstrueuse erreur du collectivisme, et le dangereux sophisme de la non-intervention absolue, du laissez faire, laissez passer^ de Manchester. Il n'est pas, en effet, d'écrivain catholique de nos jours qui n'ait réclamé, à des titres différents sans doute, une certaine intervention du pouvoir civil dans le monde du travail.
4° Enfin plusieurs mesures sociales trouvent au sein des deux partis une approbation unanime. Citons, entre autres, la nécessité des associations ouvrières, l'épargne, la mutualité, etc.
Les groupes. — Qu'il y ait eu longtemps, qu'il y ait encore, jusqu'à un certain point, parmi les catholiques s'occupant des questions sociales et ouvrières deux courants différents, deux tendances distinctes, en un mot deux groupes séparés par des divergences doctrinales, c'est là un fait évident*.
Le premier groupe admet que l'ordre économique actuel n'a pas besoin de réformes et doit être conservé. Aussi Tappellerons-nous le groupe des conservateurs. Le second tient pour certain que le régime économique et social issu de la Révolution est vicieux en plus d'un point et doit être réformé ; nous le nommerons groupe des réformateurs.
On a pu encore, à juste titre, appeler jadis ces deux écoles : école d'Angers et école de Liège, puisque c'est dans le Congrès d'Angers et dans celui de Liège qu'ont été discutés les principes et formulées les conclusions auxquels se rattachent les partisans des deux théories sociales.
Enfin il semble conforme à la vérité de désigner ces deux conceptions de l'économie sociale sous les vocables de : école de la liberté., école de l'autorité. Non, sans doute, que l'une ou l'autre de ces deux grandes forces sociales soit mise de côté ou sacrifiée dans chacun des deux groupes ; mais, pour les conservateurs catholiques, le facteur prédominant
I. V. M. Eblé, Lei Ecoles catholiques d" Economie politique et sociale, Paris, Giard et Brière, igo5.
L ECOLE CATHOLIQUE at)i
de l'ordre économique et social, c'est la liberté ; pour les réformateurs, c'est l'autorité, — l'autorité compétente^ et non pas uniquement l'autorité de l'Etat.
Les deux groupes entre lesquels se partage l'école catholique se ramifient eux-mêmes en variétés nombreuses, d'après les réformes poursuivies, les remèdes proposés, les institutions réclamées. Dans cette mullilude de théories et de projets, il est difficile, sinon impossible, d'établir une classification rigoureuse, une division adéquate qui exclue les intermédiaires. Aussi l'embarras est-il grand lorsqu'il s'agit de décider à quel groupe se rattache tel ou tel écrivain, dont les théories et les conclusions appartiennent à différentes écoles.
Quoi qu'il en soit, on peut ramener à trois chefs les questions qui divisent les écoles catholiques :
1° La fin et le rôle de l'Etat;
2° La réforme sociale ;
3° Les conclusions pratiques.
Afin de projeter un peu de lumière dans une matière souvent obscure, c'est cet ordre que nous suivrons dans l'exposé des différents systèmes.
Article 2. — Groupe des conservateurs catholiques.
L Notion de l'Etat. — Sous différentes formes, oratoires ou didactiques, claires ou obscures, explicites ou implicites, le groupe admet que l'Etat ne peut pas intervenir dans, le régime du travail et dans l'ordre économique, sinon pour protéger et sauvegarder les droits individuels et la justice stricte, parfaite, commutalive. « L'Etat, dit M. Théry, n'est pas le défenseur du faible, il est le défenseur du droit, il intervient lorsque celui dont le droit est violé est impuissant à le défendre... Quant à l'intérêt public, il réside tout d'abord dans l'intérêt du droit ^ » On retrouve la même formule dans une déclaration faite par la Revue catholique des institutions et du droit. « En thèse générale, l'Etat n'a pas le droit de réglementer le travail de l'industrie oour