‹ Cours d'économie socialeChapitre 140 sur 310 · I. Reçue cath. des Imt., t. II, p · texte numérisé non relu

I. Reçue cath. des Imt., t. II, p

s. Discoiu's de Ms' Freppel à la Société catholique d'Economie politique et Bociale.

3, Discoars au Congrès d'Angers, 1890 (Revue cath. des Inslii., 1890, t. II, p. 45a).

4. Discours de Ms' Freppel au Congrès d'Angers (Revue cath. des Inttit , 1890» t II, p. 416)

l'école catholique jiOÎ

ies droits qui tombent sous la protection de TElat, cette formule reste indécise. Entend-on par « droit » tout pouvoir moral inviolable et nécessaire à l'homme pour atteindre sa fin ? Dans ce cas, l'homme a droit au concours positif de la société politique et l'Etat a pour mission d'aider positivement les citoyens à atteindre le bonheur temporel, fin de la société civile et, par ce moyen, la fin dernière, le bonheur éternel,

S'agit-il de droits antérieurs à la société civile, de ceux que l'Etat ne crée pas, mais qu'il respecte et protège? Dans ce cas, la formule proposée ne semble pas différer de la thèse de la coexistence des libertés chère à l'école kantienne.

L'Etat doit encore « réprimer les abus ». Ici le mot « abus » est équivoque. Un abus peut êlre un mal provenant delà violation d'un droit ; il peut aussi résulter du mauvais usage que l'homme fait de sa liberté, sans pourtant qu'aucun droit individuel se trouve blessé. N'y a-t-H pas d'abus contre la société dans ces maux signalés paf l'Encyclique De conditione opificuin : — « La richesse dans les mains d'un petit nombre à côté de l'indigence de la multitude... les hommes des classes inférieures, pour la plupart dans une situation de fortune et de misère immérité... le monopole du travail et des effets de commerce devenus le partage d'un petit nombre de riches et d'opulents, qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires » ? Et cependant ces abus et d'autres encore peuvent se produire sans qu'il y ait violation des droits individuels, par le seul fait d'un régime économique vicieux. Au reste les adhérents à cette formule précisent leur pensée en ajoutant « les abus contraires à la loi divine et morale. » Ainsi déterminée, cette formule nous parait encore incomplète parce qu'elle laisse de côté la fonction de providence générale et de haute direction, qui, sans aucun doute, appartient à l'Etat, ainsi que nous l'avons longuement démontré. On a beaucoup attaqué la théorie de l'État-providence, la déclarant atteinte du virus socialiste. En cela il y a une confusion manifeste entre la providence particulière etla providence ^e/ieVa/e. Nous ne craignons pas de réclamer, avec Léon XIII, « que l'État se fasse, à titre tout particulier.

\a providence des travailleurs, qui appartiennent à la classe pauvre en général ' ».

Nous admettons, avec le grand Pontife, a que les droits où qu'ils se trouvent, doivent être religieusement respectés, et que TÉtat doit les assurer à tous les citoyens, en prévenant ou en vengeant leur violation ■ ». Mais nous admettons aussi « qu'aux gouvernants il appartient de protéger la communauté et ses parties : la communauté, parce que la nature en a confié la conservation au pouvoir souverain, de telle sorte que le salut public n'est pas seulement ici la loi suprême, mais la cause même et la raison du principat ; les parties, parce que de droit naturel, le Gouvernement ne doit pas viser l'intérêt de ceux qui ont le pouvoir entre les mains, mais le bien de ceux qui leur sont soumis ; tel est Tenseignemenr de la philosophie non moins que de la foi chrétienne ^ ».

Que rÉlat réprime tous les abus correspondant à la violation des droits individuels, rien de mieux, c'est son devoir; mais ce n'est pas tout son devoir. La limite eu cette matière est tracée avec précision par l'Encyclique. « Celles-ci (les lois) ne doivent pas s'avancer ni rien entreprendre au delà de ce qui est nécessaire pour réprimer les abus, écarter les dangers *. » Ecarter les dangers, c'est empêcher tout ce qui pourrait nuire gravement au bien commun delà société ; c'est donc plus que de réprimer les abus.

II. La réforme sociale. — Les partisans de Técole d'Ang-u's sont unanimes à proclamer comme principe fondarnontal de la réforme sociale, l'action de l'Eglise, secondée par la liberté individuelle et corporative. Tous se sont ralliés à la déclaration de M^' Freppel au Congrès d'Anoers: «Liberté individuelle, liberté d'association avec toutes ses conséquences légitimes, intervention de l'Etat limitée à la protection des droits et à la répression des abus. Voilà, Messieurs, ma formule dans la question du travail ; laissez-moi espérer que ce sera aussi la vôtre ! »

Développant cette formule à la Société catholique d'Eca-

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